Kitty, Daisy & Lewis – Eponyme

Il y en a peu, voire de moins en moins, des albums que j’écoute parce que je me suis laissé attirer par un joli digipack et une iconographie fifties affichée. Il y en a peu des groupes dont je ne sais rien ou pas grand-chose avant de poser le disque sur la platine… et de [...]

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kittydaisyandlewis.jpgIl y en a peu, voire de moins en moins, des albums que j’écoute parce que je me suis laissé attirer par un joli digipack et une iconographie fifties affichée. Il y en a peu des groupes dont je ne sais rien ou pas grand-chose avant de poser le disque sur la platine… et de me retrouver emporté « comme un ouragan qui serait passé sur moi, ou l’amour a tout emporté… ». Ainsi il en va de l’album des Londoniens Kitty, Daisy et Lewis.

Kitty, Daisy et Lewis sont en fait les trois rejetons d’une même famille Durham. Et à tout qui se rappellerait encore de la dernière fratrie mixte Hanson en guise de comparaison, on dira simplement que les frères et sœurs Durham ici présents enfoncent, et de loin, ne fut-ce que l’idée d’une boutade de chroniqueur sur le sujet. C’est que chez les Durham, même si on a entre 15 et 20 ans au plus, on est loin d’être des manches côté maîtrise des instruments : batterie, harmonica, ukulele, banjo, trombone, guitare, piano, accordéon, xylophone, banjo, lapsteel.

Et loin d’être des brèles aussi en matière d’idée génitrice qui donne à la fois le charme et la couleur de cet album et sa sonorité particulière, puisque Lewis -18 ans- a poussé le vice musical jusqu’à monter son propre studio de production en huit pistes, à l’ancienne -1940/50 pour être précis-, pour les besoins de l’enregistrement, allant jusqu’à énumérer le matériel utilisé en note de pochette, pour tout qui douterait de sa sincérité /efficacité.

Le résultat ce sont 10 titres menés tambour battant et comme sortis d’une machine à remonter le temps, où on distingue finalement assez mal les reprises de l’époque des compositions originales de la fratrie. Et en fait on se contrefout totalement de savoir qui a écrit quoi dans cet album éponyme. On est immédiatement saisi aux tripes, à la fois par la surprise d’une sonorité d’album et d’un genre suranné pour lequel on imaginait pas tomber en pâmoison à l’orée 2009. Un genre –et un son d’ailleurs- qui fait le charme des premiers enregistrements d’Elvis pour Sun d’ailleurs. Le moment exact où la country music a rencontré la folk et le blues pour faire naître le rock and roll.

Et quand l’album survient au hasard d’une entrée dans la gare d’Austerlitz à Paris, on a du mal à ne pas se mettre à taper du pied au milieu du grand hall, imaginant un mélange de cow-boy façon Blueberry s’accrochant au dernier wagon de trains sur le départ, et de tuxedo blanc à paillettes portés sur une banane gominée au Pento. Un pur régal anachronique, torché, surprenant, décalé, mais diablement efficace. Mon disque de chevet de ces dernières semaines.

Denis Verloes

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Tracklist
01. Going Up The Country
02. Buggin’ Blues
03. Polly Put The Kettle On
04. Honolulu Rock-A Roll-A
05. I Got My Mojo Working
06. Mean A Song Of A Gun
07. Hillbilly Music
08. Mohair Sam
09. Ooo We
10. Swinging Hawaii

Date de sortie:
Décembre 2008
Label: Sunday best / Pias

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Kitty Daisy & Lewis 'Going Up The Country'

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

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