Saule – Western

Petit à petit Baptiste Lalieu est devenu une star au royaume. Une vraie star à la belge. Pas du type 1 : genre de celles qu’on ne connait pas ou peu au-delà des frontières, et qu’on se plait à descendre au coin des dîners façon Roger Binamé, Julos Beaucarne ou François Pirette. Pas non plus [...]

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saule.jpgPetit à petit Baptiste Lalieu est devenu une star au royaume. Une vraie star à la belge. Pas du type 1 : genre de celles qu’on ne connait pas ou peu au-delà des frontières, et qu’on se plait à descendre au coin des dîners façon Roger Binamé, Julos Beaucarne ou François Pirette. Pas non plus du type 2 : soit celles qu’on refuse de voir avec son esprit bien pensant belgo-belge, et dont on finit par se plaindre ensuite qu’elles sont réappropriées par les voisins de l’hexagone –et dans cette catégorie pour le moment ce sont les actrices qui sont surreprésentées-. Mais Plutôt du type 3 : celles qui flattent la belgitude parce qu’on sait qu’ils font de très belles choses et qu’en plus il y a le petit bout d’accent, la légère coloration terroir dont on se dit qu’elles ne peuvent pas être bien comprises ailleurs que dans notre trois pièces cuisines et royauté.

De cette prémice découle, nous apprend Polydor (qui supplée Bang ! dans la distribution du second album de Saule pour le pays de M. Sarkozy), une certification disque d’or pour le premier vous êtes ici alors même que V2 tentait timidement à l’époque de faire découvrir le bonhomme dans l’hexagone. Et on est presque surpris en fait de voir Universal France miser sur le western de Saule et de son septuor de Pleureurs tant on avait imaginé que Baptiste Lalieu ne devait ni ne pouvait être autre chose ici qu’une jolie confidence pour Belge expatrié.

Puis on se reprend, parce qu’on se dit que c’est chouette pour Saule de disposer d’une plus large diffusion de son art, de sa pratique de la nouvelle chanso-poésie francophone, à laquelle on avait adhéré dès l’instant qu’elle était jouée par le bonhomme avec une guitare acoustique et un esprit mi potache mi doux-amer. Parce qu’on se dit aussi qu’il est temps que la Belgique installe de l’étoffe à côté des creux Renan Luce et Bénabar, et comme une victoire pour toutes les portes que n’ont pas enfoncées jusqu’ici Samir Barris ou Daniel Hélin.

Alors on écoute Western et on est content puis déjà un peu nostalgique.
Heureux, parce qu’on constate très rapidement que Western enfonce le clou d’une écriture déjà dévoilée sur le premier opus. Un mélange de réalisme et d’ironie, d’infiniment grand vu par le petit bout de la lorgnette et de microscopisme vital vu de Sirius. Une écriture qui évidemment enfonce quelques poulains de la « nouvelle scène française » et s’installe quelque part à côté d’Emily Loiseau, Mathieu Boogaerts ou Dominique A. Ce dernier venant adouber le Saule en partageant l’affiche de Personne.

Content parce que de petit chanteur à accent, Lalieu se hisse, et haut. Seul, en duo (Sacha Torop rejoint aussi le bonhomme sur Désert) , ou avec ses Pleureurs. On est réjoui de constater que Saule c’est toujours une écriture qui fait mouche et que sa plume passe le cap casse-gueule du second album.

Nostalgique, car Western est ample. Très ample. Sébastien Martel est aux commandes et ajoute beaucoup de chair sur les os des compositions. Morricone, influences africaines, folk rock, guitares électriques et même fanfares viennent nourrir le feu de bois de Saule. Arrangements réussis, je serais salaud de casser leur efficacité et l’épaisseur qu’ils donnent à l’album du coup taillé pour la scène, et les radios hexagonales (trentenaires français et urbains, attention Saule arrive…).
Trop ample ? Là où certains jubilent sans doute de voir Saule bourgeonner en s’étoffant du feuillage, je me surprends à imaginer des versions redevenues acoustiques de ce Western pétaradant. Des versions où la précision des textes percuteraient plus encore mon inconscient, où les images s’adresseraient directement au cœur véhiculées par une musique d’une simplicité désarmante, émouvante. Plus poétique que populaire. Plus littérature que musique.

Une fois passée cette légère ombre à mon ciel personnel, reste le constat que l’année pop francophone de Polydor commence avec un album bigrement réussi. Et que ça c’est déjà bien suffisant pour mettre un chroniqueur de benzine d’humeur joviale.

Denis Verloes

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Tracklist

01. Personne
02. Western
03. Comme Un Nuage
04. Bienvenue
05. Saule 2
06. Désert
07. Nanana
08. Rupture
09. Sidonie
10. Futur
11. Petite Misère
12. Grand-Mère
13. Wonderful Life
14. Personne
15. Graine

Date de sortie: 23 février 2009
Label: Polydor / Universal

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La vidéo réalisée par Pic Pic et André pour le premier album via Youtube

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

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