General Elektriks – Good city for dreamers

Si General Elektriks avait été Américain, on se serait demandé en retournant la pochette dans tous les sens si Beck ne se serait pas mis à user d’un subterfuge en forme de pseudonyme pour s’en venir chasser sur les terres mélodiques de Phoenix ; tant good city for dreamers navigue dans un large spectre partant [...]

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generalelektriks.jpgSi General Elektriks avait été Américain, on se serait demandé en retournant la pochette dans tous les sens si Beck ne se serait pas mis à user d’un subterfuge en forme de pseudonyme pour s’en venir chasser sur les terres mélodiques de Phoenix ; tant good city for dreamers navigue dans un large spectre partant du songwriting multi-formes du trublion blond américain et arrivant à cette esthétique quasi sixties des Français.

Or non, Hervé Salters aka General Elektriks n’est pas Beck. Ca aurait fini par filtrer ce genre d’infos. Le français/britannique a collaboré avec M et pris part au groupe Vercoquin. Il a émigré en 2001 vers San Francisco, où il a été reçu par la clique de Quannum et a joué comme clavier pour Blackalicious. Pas mal dans un CV tout ceci. Mais qui ne garantissait pourtant en rien l’efficacité de cet album.

Good city for dreamers, lissé par un travail de production aux petits oignons (un peu comme les derniers opus de Phoenix d’ailleurs), tangue au gré de ses diverses influences. Sans qu’une seule fois on ne songe à condamner ce côté touche à tout, que son auteur a eu l’intelligence d’agencer très précieusement au fil de l’album, et au gré de mélodies diantrement efficaces. On passe de la presque folk à la pop synthétique, de cette dernière à de la simili britpop. On fait ensuite un détour par les sixties à guitares, on se repose parfois avec du quasi jazz avant de s’élancer sur du presque funk façon motown ou midnight vultures. Et on finit par se pâmer dans un road trip panoramique, un œil dans le rétroviseur sur la voie à sens unique d’une banlieue quelconque.

Une oreille innocente m’a fait très justement remarquer qu’entre production, grands écarts thématiques, qualité des arrangements et pourtant unité d’atmosphère filtrée par le travail de production, on croirait souvent écouter la bande son d’un film… qui du coup resterait encore à filmer. Une remarque judicieuse qui permet d’évoquer au lecteur de cette chronique le ressenti unitaire d’un album faisant pourtant feu de différents bois : la bande son d’un film urbain, mettant en scène quelque jeune homme des temps modernes à la fois naïf, dandy et observateur des événements qui s’y déroulent sur lesquels il n’a pas la totale maîtrise ni la totale compréhension.

Au-delà de l’ abord du disque un peu trop clinique à mon goût, se dégagent néanmoins de très efficaces et pop mélodies, qui gagneront sans doute à être écoutées en live, pour tenter de démontrer que débarrassées de leurs oripeaux sonores et de leurs arrangements ciselés chics quoiqu’omniprésents (clavecin, piano, Rhodes, clavinet, synthés, samplers) ; elles parviennent à éclater. Comme on ne peut que le supposer à l’écoute de ce good city for dreamers plein de bonnes idées, et intentions.

Une volonté sous-jacente qui peine parfois encore un peu à se lâcher, malgré une indéniable qualité dans la maîtrise du son et l’écriture. Mais c’est bien là un tout petit bémol à un album qui ne manque par ailleurs pas de qualités.

Denis Verloes

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Tracklist
01. Take Back The Instant
02. Raid The Radio
03. You Don’T Listen
04. Helicopter
05. Cottons Of Inertia
06. Little Lady
07. Engine Kickin’ In
08. David Lynch Moments
09. Gathering All The Lost Loves
10. Mirabelle Pockets
11. La Nuit Des Ephémères
12. Bloodshot Eyes
13. Rebel Sun

Label: Discograph
Date de sortie: 23 février 2009

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La vidéo de Take back the instant via Vimeo


GENERAL ELEKTRIKS « Take Back The Instant » from discograph on Vimeo.

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

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