Parlons franchement, je n’avais pas vraiment aimé le premier album de Watine. Dermaphrodite avait été pourtant été bien accueilli par la presse. Il n’empêche, j’étais bel et bien resté à la porte de ce trip hop d’arrière-garde où l’électronique semblait être utilisé en pis-aller d’instruments acoustiques.
A l’écoute de cette nouvelle livraison, un B-side life, qui en dépit de son titre est bel et bien un album de premier plan, on se rend compte que Catherine Watine n’avait pas su à l’époque mettre en avant ses qualités naturelles.
C’est donc chose faite maintenant. La musicienne a une formation de piano classique, ce qui lui permet sans difficulté et avec naturel de composer une pop de chambre de belle facture : on retrouve là tour à tour l’amour de l’interprète pour des mélodies Bach-iennes ou des ambiances de boudoirs à la Ernest Chausson ou à la Gabriel Fauré. La partie électronique, plus electronica que trip hop, ne vient ici qu’en soutien, pour donner un supplément de textures à de jolies mélodies en dentelles. Bénéficiant pleinement de cette assise musicale, la voix mature de Watine ressort d’autant mieux et à l’instar d’une Marianne Faithfull, donne une profondeur à l’ensemble.
A la lecture de ce début de chronique, le lecteur pourrait penser avoir affaire à un album bien sous tout rapport mais un peu sage. Or, Watine a ce petit grain d’une folie bien fréquente chez les artistes. Racontant une histoire à lui tout seul, Jours d’ébène évoquera Houdini de Kate Bush; belle preuve d’une liberté de ton entièrement dédié à la musique. Watine a aussi gardé une bonne dose d’une âme enfantine venant contrebalancer la rigueur de sa musique de bonne élève. Cela se traduit par un certain esprit psychédélique qui parcoure tout l’album et qui trouve sa plus belle expression dans Nothing Else et son côté mi Beatles, mi Pink Floyd.
Cela s’entend aussi par toute une cohorte de petits instruments (métallophone, toy piano, percussions de feu follet, programmations mutines) qui viennent sans cesse désamorcer ce qui pourrait devenir trop sérieux ou trop grandiloquent et mettre une joie primesautière dans ce qui pourrait devenir ampoulé.L’arrivée des Fantassins ressemble désormais à une attaque de soldats de plomb, sans perdre toutefois le souffle épique du morceau.
Belle réussite parmi d’autres. Watine casse allègrement le moule et rend chaotique et joyeux ce qui semblait couler de source (face to face) ; elle rend subitement dansant ce qui s’annonçait comme un Nocturne (travelling with). De B Side life, ressort surtout une écriture à fleur de peau (dedication). Pris dans son élan passionné, Watine ne résiste pas à l’envie de faire sonner un saxophone dans la nuit sur Out of sight, ingrédient un peu cliché qui représentera peut-être le seul petit bémol d’un album de grande tenue, cohérent dans sa diversité.
A la réflexion, j’avais peut-être jugé trop hâtivement Dermaphrodite, B-Side life me permet de faire entrer directement Watine dans ma cour des grandes.
Denis Zorgniotti
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Tracklist
01. Nothing Else
02. Face to Face
03. Profanum Praeludes
04. Fantassins
05. Oceans & Captains
06. Out Of Sight
07. Much to Be Done
08. Travelling With
09. Dedication
10. Jours D’Ebène
Label: Catgang productions
Date de sortie: 30 janvier 2009
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sing c’est la vie extrait de Dermaphrodite via Dailymotion














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