A Red Hot Compilation – Dark Was The Night

A_Red_Hot_Compilation___Dark_Was_The_Night.jpgJe n’aime pas les compilations. J.’ai toujours trouvé ça d’une inutilité crasse. Elles représentent tout ce que je peux détester: l’éloge du single, l’apologie du marketing et toute l’opposé de la création.

Oh bien sûr, j’en ai bien quelques unes dans la discothèque. Un ‘Greatest Hits’ de Queen datant de quand je partais fortement dans les aigus, un ‘Best-Of’ de Chris Rea offert par une connaissance pas forcément très avisée sur mes goûts musicaux (ceci dit, je dois avouer avoir toujours eu un faible pour Road to Hell et son solo final) et quelques autres. Mais peu, à  dire vrai.

D.’ailleurs, je me suis toujours promis qu’il fallait que j’arrête d’en acheter. Sauf que †˜Dark Was The Night.’ vient tout remettre en cause.

Qu.’est ce donc que †˜Dark Was The Night.’? Rien de moins que la 20è compilation de Red Hot Organisation, une association de lutte contre le SIDA. Fêtant malheureusement ses 20 ans, Red Hot Organisation a mis les petits plats dans les grands pour sortir un disque le plus attractif possible, afin d’amasser le maximum d’argent.

Au programme donc un double album et surtout une liste ahurissante d’artistes plus talentueux les uns que les autres proposant, chacun, des titres inédits. Jugez plutôt : Andrew Bird, Blonde Redhead et Devastations, Bon Iver, Yeasayer, Feist en duo avec Ben Gibbard de Death Cab For Cutie (pour une reprise de Vashti Bunyan), Iron & Wine (pour un titre d’à  peine une minute mais d’une beauté à  couper le souffle), The Decemberists (et une balade déchirante d’émotion), Grizzly Bear (seul sur un titre et en compagnie de Feist sur un autre), My Brightest Diamond (reprenant le Feeling Good de Nina Simone), Beirut, Arcade Fire (le seul vrai raté de la compilation avec un Lenin bien fadasse), Kronos Quartet (qui reprend la chanson de Blind Willie Johnson qui donne son nom à  la compilation) j’en passe et pas des moindres (le tracklisting complet se trouve au bas de ce papier).

Cinq titres se détachent légèrement des 31 qui composent ce †˜Dark Was The Night.’ (ils sont tous les cinq en écoute plus bas) : La reprise de Cello Song – chanson composée et chantée par le grand Nick Drake sur ‘Five Leaves Left.’ en 1969 – par The Books et Jose Gonzales, ou la rencontre entre cordes délicates et légère electronica ; un nouveau titre de The National, So Far Around The Bend, dans la plus pure tradition du groupe et pour une de ses plus belles compositions; Sharon Jones and The Dap Kings qui reprend Shuggie Otis et son Inspiration Information, tout de soul vêtu ; et Sufjan Stevens qui s’amuse sur You Are The Blood des Castanets, en deux parties. Une première de dix minutes, tout simplement ahurissante, où le grand timonier de la pop des années 2000 mêle pop et touches électronique pour finir dans un feu d’artifice de frissons ; puis une seconde où il n’apparaît qu’en featuring du flow de Buck 65.

Au début de ce papier, je disais donc que j’avais décidé il y a quelques années de ne plus acheter ce genre de disque. Quand ce double album est tombé dans les griffes de l’Internet, je me suis résolu à  briser mon serment (ici, et pour même pas 15€¬) après avoir écouté six titres. l’objet est beau, le but final sert une bonne cause (tous les bénéfices seront reversés à  Red Hot Organisation) et la qualité et la diversité des artistes présents est terrifiante (à  noter que la grande majorité de ces titres là  ne seront disponible qu’ici). Best compilation ever?

Olivier Combes

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Tracklist:
Disc 1
01. Dirty Projectors et David Byrne – Knotty Pine
02. The Books et José González – Cello Song (Nick Drake cover)
03. Feist and Ben Gibbard – Train Song (Vashti Bunyan cover)
04. Bon Iver – Brackett, WI
05. Grizzly Bear – Deep Blue Sea
06. The National et Nico Muhly – So Far Around the Bend
07. Yeasayer – Tightrope
08. My Brightest Diamond – Feeling Good (Nina Simone cover)
09. Kronos Quartet – Dark Was the Night (Blind Willie Johnson cover)
10. Antony Hegarty et Bryce Dessner – I Was Young When I Left Home (Bob Dylan cover)
11. Justin Vernon et Aaron Dessner – Big Red Machine
12. The Decemberists – Sleepless
13. Iron & Wine – Stolen Houses (Die cover)
14. Grizzly Bear et Feist – Service Bell
15. Sufjan Stevens – You Are the Blood (Castanets cover)

Disc 2
01. Spoon – Well-Alright
02. Arcade Fire – Lenin
03. Beirut – Mimizan
04. My Morning Jacket – El Caporal
05. Sharon Jones & The Dap-Kings – Inspiration Information (Shuggie Otis cover)
06. David Andrew Sitek – With a Girl Like You (The Troggs cover)
07. Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) – Blood Pt. 2 (Castanets cover)
08. The New Pornographers – Hey, Snow White (Destroyer cover)
09. Yo La Tengo – Gentle Hour (Snapper cover)
10. Stuart Murdoch – Another Saturday
11. Riceboy Sleeps – Happiness
12. Cat Power et Dirty Delta Blues – Amazing Grace
13. Andrew Bird – The Giant of Illinois (The Handsome Family cover)
14. Conor Oberst et Gillian Welch – Lua
15. Blonde Redhead et The Devastations – When the Road Runs Out
16. Kevin Drew – Love Vs. Porn

Sortie: 16 février 2009
Label: 4AD

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Retrouvez cette chronique ainsi que 5 titres en écoute ici.

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