Lily Allen – It’s not me, it’s you

Quelque chose a changé sur ce second album de Lily Allen. Si. Je me fais peut-être des idées, mais quelque chose me semble vraiment avoir changé. Allez on se remémore… Lily Allen c’était la britannique dans toute sa splendeur non ? Enfin, celle que les francophones rencontrent toujours en voyage en Angleterre ou dans les [...]

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Lilyallen.jpgQuelque chose a changé sur ce second album de Lily Allen. Si. Je me fais peut-être des idées, mais quelque chose me semble vraiment avoir changé. Allez on se remémore… Lily Allen c’était la britannique dans toute sa splendeur non ? Enfin, celle que les francophones rencontrent toujours en voyage en Angleterre ou dans les échanges Ersamus. Mais si. La fille capable de balancer des je t’aime autant que des fuck you; capable de la danse la plus sexy et du pet le plus crade non ? Le genre de nénette qu’on croise un soir d’hiver dans une rue, dans une robe de soirée jaune, et des basket aux pieds (tiens mais n’étais-ce pas comme ça qu’elle était au festival des Inrocks…) ; et qui n’a même pas froid parce qu’elle en tient déjà une meilleure que la mienne (euh… de cuite).

Du coup, sur son premier opus, elle incarnait un peu tout ça pour moi, avec le vrai faux vrai conte de fée vantant comment une inconnue s’était fait d’abord connaître sur Myspace (elle était parmi les premières) avant de séduire le grand public discographique. Son premier disque. Musicalement d’ailleurs ça sentait bon la nostalgie des échanges de langues ou des échanges linguistiques, le parler cru des anglaises, et une bonne dose de DIY. Un tout, qui transparaissait dans un disque, super bien torché, plein de pop pas forcément propre sur elle et d’arrangements électroniques efficaces portés par une voie de péronnelle mélange de femme-enfant et de renégate. Et je m’étais laissé emmener. Pour de bonnes raisons ?

Sur ce second opus mis en boîte par EMI, Lily Allen semble avoir changé. Déjà, elle nous semble plus jolie, plus diva. Bon c’est clair que vu le succès de son premier essai, elle a sans doute chopé un bon coiffeur et un photographe « so hype » pour la photo de pochette, et c’est tout le mal qu’on lui souhaite. Elle a une robe en satin, quand elle était jadis en coton, et le talon aiguille a remplacé la basket à la Jordan. Oui mais. Parce qu’il y a toujours un mais avec moi. Oui mais, étonnamment, le disque est un peu à l’image de cette transformation subtile de l’image, de cet « embourgeoisement » relatif de l’égo. Si Si.

Tous les ingrédients ne semblent pas avoir fui, comme cela arrive souvent avec le syndrome du « second album ». Non. Juste ils semblent affadis. Son nouvel album est un bon album de pop, mais déjà un disque de Lily Allen fade.

Affadies les mélodies. On y retrouve deux titres au gimmick façon « pub de Club internet » mais aucun d’eux ne semble devoir venir titiller le succès précédent. La faute à presque un excès de production de chaque titre. Rien ne bave, rien ne gène. Tout est presque aussi sanitaire que l’aile « grippe porcine » de la Salpêtrière. Ca ne rend aucun des titres mauvais, loin de là, mais ça leur fait perdre la magie des CD-R et autres mix-CD d’avant le premier album officiel, qui donnaient un certain charme bricol’ girl à la miss. Dans les meilleurs moments, la production élargit la sphère d’action de Lily Allen, et on ne se plaint pas; dans les pires, on est presque prêt à faire un parallèle entre les producteurs des Spice Girls et de leur pop crétine mais efficace, avec celle de Lily Allen. Et on n’est pas sûr qu’il s’agisse ou non d’un compliment.

La faute aussi à ce que Lily Allen a appris à chanter de l’un à l’autre album, ou qu’elle ait décidé de laisser tomber ces accents de rouerie qui faisaient sourire la voix du précédent essai et l’envoyer traîner avec de vilains garnements de la banlieue londonienne. Ici, Lily Allen chante bien, très bien, et du coup elle en perd une partie de son identité, sans arriver toujours à acquérir en ampleur.

Reste un élément qui ne change pas, dont on finira par se lasser quand poindra le troisième et le quatrième album, quand le chroniqueur traduira une n ième histoire d’amour ou de cul, inventée par la miss. On se dira alors : « ‘tin elle essaie de nous faire croire qu’elle a plaqué combien de mecs dans sa vie l’autre ? ». Mais pas encore sur ce deuxième essai. Et on se réjouit du coup de comprendre les paroles. Ce gars bien sous tout rapports, mais qui ne la fait pas crier au lit, cet autre qui ne veut pas comprendre que fini c’est fini, cette fille vénale qui ne craint pas d’enlever le haut ou le bas à desseins… Lily Allen, comme Jarvis chez les intellos ou Mike Skinner chez les lads croque une galerie de personnage dans un quotidien tellement proche, adoptable, référent ; qu’il en devient efficace et touchant. Quand Lily Allen parle de relations homme / femme, il y a toujours une image personnelle qui nous revient en tête : un film de Ken Loach, l’univers de Mike Leigh, la rupture d’avec la femme de sa vie de quand on avait dix-sept ans, les fois où on a couché et où ça ressemblait à une mauvaise masturbation… Lily Allen raconte tout, de près.

Et cette proximité jamais pontifiante, est désormais la vraie seule arme avec laquelle elle me retient encore sur ce second opus. La musique un peu prévisible, la production trop léchée et l’absence de réelle surprise tentent de venir m’arracher des bouts d’étoiles à cette chronique… Et ils ont bien failli y arriver, si je ne m’étais pas encore fait avoir par les petits bout d’histoire de miss Allen.

Denis Verloes

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Tracklisting
01. Everyone’s at it
02. The fear
03. Not fair
04. 22
05. I could say
06. Back to the start
07. Never gonna happen
08. Fuck you
09. Who’d have known
10. Chinese
11. Him
12. He wasn’t there

Label: Regal / EMI
Date de sortie: 9 février 2009

Plus+
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Les vidéos via Google
La chronique du premier album

La vidéo de The fear, via Youtube

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

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