Sébastien Schuller – Evenfall

Franchement c’était pas gagné d’avance. Poser un album emmené essentiellement par le piano, aux confins de la folk, du déchirement et de l’éther… Certains s’y sont risqués et ont connu des chutes formidables : Neil Hannon, Mùm, Maximilian Hecker et même Sigur Ros n’ont pas toujours convaincu dans le genre, pour rester sympa avec eux [...]

Schullerevenfall.jpgFranchement c’était pas gagné d’avance. Poser un album emmené essentiellement par le piano, aux confins de la folk, du déchirement et de l’éther… Certains s’y sont risqués et ont connu des chutes formidables : Neil Hannon, Mùm, Maximilian Hecker et même Sigur Ros n’ont pas toujours convaincu dans le genre, pour rester sympa avec eux (c’est mon côté Drucker).

Il faut bien la misanthropie noire d’encre d’un Matt Elliott, ou le génie de l’arrangement léger d’un Andrew Bird pour s’en sortir avec légèreté, absence de surcharge et effet positif sur l’auditeur. Sébastien Schuller convoque, pour réussir cet album diablement réussi, une voie médiane. Comme si les songwriter d’obédience folk sus-cités s’en allaient faire un tour du côté de l’Islande de Sigur Ros ou Amina mais en évitant le côté angélique androgyne de ces derniers, et remplaçant l’éther parfois casse gueule, par un onirisme mélancolique et habité (ouauw je m’améliore dans les phrases alambiquées).

A l’instar de sa jolie pochette impressionniste( ?) le natif des Yvelines, propose une musique qui mélange le classicisme de sa formation (de percussioniste), une époque « classique » de la pop (celle qui a donné à la fois les Beatles, Robert Wyatt et Radiohead), et la modernité des filtres, des machines et des arrangements faisant feu de tout bois naturel ou digital (mélane d’Islande et de Beirut).

A l’instar de sa pochette, on hésite toujours à savoir si l’album est un album d’un soir déjà un peu mélancolique et boudeur, ou au contraire d’un dimanche matin encore ensommeillé. Mais Evenfall est un album charmant. Pas charmant comme on dirait d’un garçon gentil mais pas beau, non. Charmant, comme on le dit d’un prince caché sous la pelisse, beau et forcément timide, courageux mais renfrogné. Et une très, très, très, grande réussite faite de simplicité et de classe.

Denis Verloes

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Tracklist
01. Morning Mist
02. Open Organ
03. Balançoire
04. Awakening
05. The Border
06. New-York
07. Battle
08. Last Time
09. Midnight
10. High Green Grass

Date de sortie: 25 mai 2009
Label: Pias

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3 Rétroliens

  1. [...] soumis l’idée d’interviewer ou de venir interviewer Sébastien Schuller, dont on a dit tout le bien qu’on pensait de son album on a fait ni une ni douze et on s’est mis en quête de trouver quelques bonnes questions, [...]

  2. [...] Plus+ Le site officiel L’espace Myspace La chronique de Happiness La chronique de evenfall [...]

  3. [...] [...]

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