Happy Sweden

affiche_8.jpgHappy Sweden se compose d’une succession de saynètes habitées de personnages récurrents, filmées de manière souvent décalée en longs plans-séquences, jouant beaucoup avec le hors-champ. Comme son titre le laisse entendre, le deuxième film de Ruben à–stlund ausculte la société suédoise, et plus précisément, se livre à  une réflexion sur l’influence du groupe, la place de l’individu au sein du collectif.

C’est d’abord l’agacement qui nous envahit à  la vue de scènes bizarrement filmées, sans qu’il soit possible de saisir les motivations du réalisateur pour ses curieux partis pris de mise en scène, : cadrage sur les pieds, ajout de barrières pour atteindre les personnages – vitres, miroir, distance tout simplement – et inscription dans la durée jusqu’à  provoquer la nausée. Toutes ces historiettes ne paraissent pas revêtir grand intérêt et difficile dès lors de se passionner pour l’anniversaire d’un homme qui prend un feu d’artifice en pleine figure, pour les deux copines de quinze ans, lolita perverses, pour un bus et ses passagers qui traversent le pays, ou encore pour une institutrice qui tente d’enseigner le poids de l’environnement social à  ses élèves, sans oublier un groupe de sportifs aux pratiques étonnantes.

La patience finit par être récompensée et, lorsque la sauce épaissit et prend, Happy Sweden, sans lourdeur et avec plutôt une certaine subtilité, fait voler en éclats le modèle d’une société qui, au final, connait des malaises et des failles identiques aux autres. Deux moments se dégagent en particulier, : suite à  une dégradation minime à  l’intérieur des toilettes du car, le chauffeur décide de ne pas reprendre la route tant que le coupable ne se sera pas désigné et l’institutrice doit subir l’ostracisme de ses collègues lors d’une affaire de mauvais traitement infligé à  un garçon par un de ceux-ci. Ruben à–stlund montre simplement que, derrière les apparences policées et lisses d’une société réputée pour son ouverture d’esprit et ses avancées sociales, couvent des dysfonctionnements en puissance, des dérapages incontrôlés. C’est le plus souvent au travers de dialogues fournis où s’expriment les contradictions et les malentendus et où se déploie un art revendiqué de la dialectique que Happy Sweden nous captive, tout comme la rigueur de sa construction et la maîtrise de son montage. Et permet d’oublier les imperfections, ainsi que , le voisinage d’un mauvais goût qui irrite et ne fait pas rire.

Patrick Braganti

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Happy Sweden
Film suédois de Ruben Ostlund
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h38
Sortie : 29 Avril 2009
Avec Villmar Bjorkman, Linnea Carl-Lamy, Leif Edlund…

La bande-annonce :

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