Je dois reconnaître, qu’à l’inverse de la France, et malgré un engouement jamais démenti; j’avais un peu laisser tomber Ben Harper. Oui, en fait euh… ben après Fight for your mind, que je trouvais indépassé; et je dois bien le reconnaître, peu concerné par les incarnations successives de Ben: Cat Stevens, chef de chorale gospel…
La nouvelle incarnation de Ben Harper, le voit revenir avec au moins trois musiciens, respectivement à la guitare, la base, et les fûts. Mais dites-moi, c’est une formation électrique ça? En effet. Le Ben Harper nouveau renoue avec ses deux premiers albums. Enfin, même plus, puisqu’il délaisse une partie de la composante folk au vestiaire pour la remplacer par une sorte de Voodoo Child spirit.
Parce que oui, le nouveau Ben Harper est rock. Juste rock. Du rock à base de Blues, dont on fait les ouvertures de Woodstock. Du rock à base de guitare dont Lenny Kravitz cherche depuis des décennies à capturer et à défaut singer l’esprit et l’attitude. Du rock à base de guitares, dont l’image d’Epinal est bien entendu Jimi Hendrix (en fait parce qu’on n’a pas trop d’autres références de jeunesse dans ce rock originel, tout ça parce qu’on prenait son bain, toujours le dimanche soir, au lieu d’écouter à la radio pendant Docteur Boogie sur Radio 21). Non mais sans rire, il y a même parfois des ressemblances à s’y méprendre (comme sur why must you always dress in black, ou sur les multiples titres live dont nous gratifie Spotify). Par contre ce qui surprend, c’est que pas une seule fois au fil de l’album, on ne songerait à parler de pâle copie, de lettre mais sans l’esprit etc.
Ben Harper branche les guitares, et pas une fois on n’est tenté de lui dire arrête Ben c’est pas la peine. Simple, direct, efficace, l’album s’appuie sur une tripotée de singles radiophoniques pour envoyer le charbon dans la chaudière; et l’auditeur de se prendre pour un voyageur de commerce sur la N1 reliant San Francisco à Los Angeles. Tout oscille entre le rock inspiré, le boogie où se déploie la maestria du guitariste courant sur le manche et l’efficacité mélodique d’un artiste qui pourrait bien assurer les beaux jours d’EMI en 2009.
Parce que sérieusement, depuis combien de temps n’avais-je pas éprouvé un plaisir direct, immédiat, dénué en fait de mélange avec quelques réflexions politiques (les textes sont au diapason du « Hope » et « yes we can » d’Obama) qu »ont bien volontiers les journalistes musicaux en quête de ligne. Dénué en fait de toute réflexion. On se mange le disque en pleine poire, ca va vite, bien, même si je suis sûr que plein de gens argumenteront en disant: « ca pisse pas loin ». De bonnes mélodies, un jeu de guitare quintescent, un feu ardent, et une efficacité vocale non démontable. Que demande le peuple mon bon monsieur. Non, en fait, depuis le carton MGMT pressenti l’an dernier en ces lignes, je crois que je peux affirmer sans trop me tromper qu’on va encore bouffer du shimmer & shime sur plein d’ondes différentes.
Mais comme MGMT l’an dernier, dans un genre ceci dit totalement différent, ce n’est clairement pas moi qui vais m’en plaindre. Moi je suis revenu à Ben Harper. Et sacrément bien revenu
Denis Verloes
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Tracklist
01. Number With No Name
02. Up To You Now
03. Shimmer And Shine
04. Lay There And Hate Me
05. Why Must You Always Dress In Black
06. Skin Thin
07. Fly One Time
08. Keep It Together (So I Can Fall Apart)
09. Boots Like These
10. The Word Suicide
11. Faithfully Remain
Date de sortie: 27 avril 2009
Label:Virgin / Emi
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La Playliste de l’album sur Spotify
La vidéo de shimmer and shine via Youtube














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