Jarvis Cocker – Further complications

jarvis.jpgQue les choses soient dites d’entrée de jeu. Je suis fan absolu de Pulp. Si si. Je fais partie de ceux qui ont acheté we love life, et à  qui on ne peut pas reprocher le split – intervenu suite à  l’accueil mitigé de cet album. Je suis aussi de ceux qui avaient dans leur discographie les albums des année Fire records, et qui ne les ont pas brûlé quand Jarvis l’a demandé publiquement. Bref je suis fan.

Aussi quand il y a une grosse paire (pas sûr de la formule sur ce coupe) d’années, Jarvis a annoncé qu’il revenait en solo et que son album était joué à  la guitare en partie par Steve Mac Key son acolyte dans Pulp: Je m’étais dit Youpie. L’album Jarvis m’avait d’ailleurs plu. Mais peut-être pour de mauvaises raisons: parce qu’il perpétuait dans mon esprit la tradition de mon groupe favori, et parce que l’air de rien malgré quelques chansons où on sentait la longueur poindre, il y avait quelques belles décharges d’adrénaline, sublimées sur scène où le chanteur excelle.

Cette fois, on a été plus circonspect. Et on a pris le temps d’une écoute plus mûrie. Alors oui, il n’y a pas que des réussites sur further complications. On aurait bien retiré quelques titres, en mode quasi spoken words, évoquant This is hardcore, mais molles de la mélodies (slush et leftovers pour les nommer par leurs noms réciproques) . On les aurait remplacées par des bombinettes à  la Angela ou Homewrecker si on avait eu le choix, parce que c’est quand on imagine le, désormais barbu, escogriffe se trémousser sur scène avec ses grands bras, qu’on préfère Jarvis Cocker. Et tant pis après tout, si cette volonté n’engage que nous. Parce qu’on sait qu’on aurait aussi bien pu dire, naaan mais tu vois Slush et leftovers c’est le moment où Jarvis pose le tempo, prend la respiration pour amener les titres plus rock, ou prépare le terrain à  des plages groovy et shafty comme le terminal You’re in my eyes. Ouais. N’empêche on se serait bien passé de ces deux titres. Pour encore mieux apprécier les autres.

Parce que partout ailleurs, allez on est vache, même sur les titres que je n’aime pas, il y a une chose qui se dégage de further complications. Le kif. Le pied total de créer sans apparente contrainte, sans se plier à  une esthétique prédéfinie. Pouvoir passer du rock testostéroné à  la bluesette, et de la bluesette au groove qui roule pour banquettes en velours de boîte de nuit dandy. Parce que ce qui frappe sur le nouvelle album de Jarvis c’est le son des guitares. On hésite à  parler d’ une forme émoussée de métal seventies (relevé à  la sauce Morphine quand Steve Mackay l’homonyme saxophoniste de Stooges qui passait par là  -ajoutant un second Steve Mackay au line up- se met à  souffler dans son cuivre) ou de version dandy du grunge de 93. Parce que Steve Albini est aux manettes et ça s’entend. La guitare racle et brasse. Elle surprend sur l’introductif further complications, malmène sur fucking song et caucasian blues, elle (é)rafle tout sur son passage dans le single Angela.

Quand Jarvis déroule le rock brut, on est conquis. On sent qu’il s’amuse, comme il avait l’air de s’amuser en 93 quand on l’avait croisé avant la célébrité sur la scène du VK à  Molenbeek (Bruxelles). Ca pète, ca claque, ca roule parfois métal, parfois parfois groovy, parfois même presque britpop époque his n hers sur leftovers et on ose à  peine imaginer ce qu’il fera de tout ce matériel, pétaradant, sur scène.

Alors oui c’est vrai, on est pas totalement conquis par l’album dont on aurait à  titre personnel retiré deux morceaux. Mais sérieusement pour un nouvel album de Jarvis, je suis prêt à  lui pardonner deux morceaux, rien que pour la raison de m’avoir filé mon hymne de la semaine en cours:

Angela (Angela)
Unfinished symphony (Angela)
Angela (Angela)
She.’s mobile poetry (Angela)
And she.’s nearly 23
Making four-fifty an hour
Complimentary shower
They call her Angela

Angela
Oh Angela
Angela

Et surtout pour me donner, une fois de plus, énormément de plaisir pop. Une seule chose par contre que je ne comprends toujours pas. A l’exception de l’absence quasi totale de la case »clavier » à  la Candida Doyle, pourquoi on appele pas ça un nouvel album de Pulp (une histoire de respect pour le batteur apparemment…)? Je suis le seul à  ne pas bien saisir la différence esthétique en groupe et en solo?

Denis Verloes

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Tracklist
01″Further Complications »
02. Angela
03. Pilchard
04. Leftovers
05. I Never Said I Was Deep
06. Homewrecker!
07. Hold Still
08. Fuckingsong
09. Caucasian Blues
10. Slush
11. You’re in My Eyes (Discosong)

Date de sortie: 1 er juin 2009
Label: Rough trade / Because

Plus+
Le site officiel
L’espace Myspace
Les vidéos via Google
La chronique de Jarvis sur Benzinemag

Le clip de Angela via vodpod (version longue)



La version courte pendant la prestation Galerie Chappe

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2 thoughts on “Jarvis Cocker – Further complications

  1. Bonjour,

    Juste une petite observation, l’album de Pulp qui aurait entraîné la séparation du groupe, c’est We Love Life en 2001.

    Steve Mackey est le bassiste de Pulp et de Jarvis Cocker, il ne faut pas le confondre avec… Steve MacKay, le saxophoniste qui a participé à quelques albums des Stooges et qui joue également sur ce Further Complications. Voilà !

  2. Hello,

    Enorme merci pour ce commentaire qui démontre mon incurie, même quand il s’agit d’un de mes groupes préférés.
    Je corrige donc de ce pas… (tin c’est la loose, pour We love life avec son côté Scott Walker, je le savais en plus ;-)

    Merci pour cet échange constructif

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