L’Italie à  la paresseuse, de Henri Calet et Tous à  l’Ouest !, de Sydney Joseph Perelman

italie.gifLe récit de voyage, genre littéraire particulier, revêt plusieurs formes, tout dépend du touriste. Ici, entre Calet et Perelman, on peut parler de pôles opposés, de divergences extrêmes. Quand l’un visite par accident, presque contre son gré, l’autre part enthousiaste à  la découverte du monde, quitte à  y laisser quelques plumes.

Chez Calet, on restera sur sa faim concernant les us et coutumes des Italiens et la découverte emballée d’une botte aux mille splendeurs. Notre voyageur, en vadrouille pour affaires, découvre Vérone, Venise, et Rome au détour de ruelles nocturnes et pas fameuses, au gré d’actes manqués, de hasards et de déconvenues, comme si le pays décrit n’était que la toile de fond d’une vie passée à  courir après l’anecdote croustillante. De ce routard hors normes, on ne retient finalement qu’un adage : chacun voyage dans son esprit, tout dépend non pas du contexte extérieur, mais intérieur. Magnifiquement écrit, le récit de Calet, loin des compte-rendus exaltés des richesses toscanes ou romaines, s’évertue à  s’attacher aux désarrois de l’être, qu’il soit dans des lieux exotiques ou reclus entre quatre murs.

Perelman.jpgAlors que chez Perelman, une seule chose prime (et ce n’est toujours pas les impressions d’ailleurs) : l’humour. Woody Allen est un inconditionnel de cet écrivain juif new-yorkais des années 50, et à  juste titre : Tous à  l’Ouest ressemble à  un scénario des Marx Brothers que n’aurait pas renié le cinéaste. Ironie, nonsense et hilarité à  chaque coin de phrase : le but avoué de Perelman, c’est de déconner sur la découverte du monde par deux asociaux aux idées bien arrêtées, se moquer gentiment des péripéties grotesques dans les divers coins du globe (tout en égratignant au passage quelques civilisations, dont une France d’après-guerre pas piquée des vers). C.’est vraiment très drôle, même si c’est systématique : aucune phrase n’est sérieuse tout du long. Ce pourrait être fatigant, mais c’est finalement savoureux, car l’auteur ne perd jamais de vue le second degré de son propos : récit distancié et à  peine méchant, surtout bien vu et jamais ennuyeux.

Deux auteurs à  redécouvrir, même si l’on n’est pas friand de récits de voyages : ces deux ouvrages en sont au final l’antithèse singulière.

Jean-François lahorgue

L’Italie à  la paresseuse, de Henri Calet
Le Dilettante, 192 pages, 17 €¬
Date de parution : mai 2009.
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Tous à  L’Ouest !, de Sydney J. Perelman
Le Dilettante, 256 p., 18,50 €¬
Date de parution : mai 2009.
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