Piers Faccini – Two grains of sand

faccini.jpgTwo grains of sand c’est l’album dont tu n’as pas besoin de lire la chronique dans les Inrockuptibles pour être à  peu près sûr (j’ai pas regardé tiens) qu’ils adorent. C’est que le voyage américain dans lequel nous convie son auteur cosmopolite sent bon le bois acoustique, la folk hype et la douche. Oui parce que l’air de rien y’a rien qui dépasse de dessous les aisselles. Le plus étonnant c’est quand je me rend compte que moi aussi, je me suis laissé tenter.

La maman de Piers Faccini est anglaise et son papa italien. Il est né en 1970. Il vit quelques temps en France mais c’est au prestigieux collège anglais d’Eton (celui de la upper class anglaise) qu’il entame ses études. Ses premiers essais musicaux se font à  Londres en groupe, dans une sorte de spoken word, qu’on appelerait Slam s’il avait éclo outre Manche. Le groupe prend de l’ampleur mais c’est en solitaire que Piers Faccini finit par tenter l’aventure. EP, puis disque, ses deux premiers essais, Leave No Trace en 2004 et Tearing Sky en 2006 sont distribués par le français Label Bleu. Au gré des rencontres, il croise la route de Bumcello qu’il accompagnera à  la guitare pour Animal sophistiqué. C’est d’ailleurs sur le même label que le duo, que Piers Faccini sort son nouvel album.

Ayant recours à  une large palette allant de la folk originelle au presque rock et au presque pop, Piers Faccini fait parfois penser à  une version propre sur elle de Swell ou une version dé-rockée de Sophia. Il y a bien entendu les ballades pour plaire aux fans de boiseries, à  la manière d’un Sufjan Stevens mais sans le bagage, ou d’un Thomas Dybdahl dénorvégianisé. L’album qui du coup marche sur la corde raide qui sépare le sublime du chiantissime ne se retame jamais la figure dans les rosiers. Pourquoi?

Je pense que la clé de la réussite de two grains of sand est d’emmener le bobo (et moi, du coup je serais comme un bobo désargenté, like a bobo quoi) et l’amateur de folk se promener quelque part dans un voyage au gré d’une Amérique phantasmée par l’auditeur européen. Il y a de la barbe et des grands espaces, mais pas l’odeur de sueur et les trailers; il y a la classe du vagabond le long de la route 66, mais pas le décès d’Alexander Supertramp dans les montagnes de l’Alaska. Il y a tout ce qu’on rêve de l’Amérique, sans aucun de ses mauvais côtés. Un peu de cliché mais pas de caricature. Et ce jusque dans les instruments . Il y a de l’harmonium, de la double basse du violoncelle (Vincent Segal en goguette de Bumcello), de la double basse et de l’harmonica… Mais jamais ni steel guitar country ni banjo et voix pincée.

On aborde l’album avec réserve, la pochette est jolie, le digipack soigné. Au bout de quelques minutes on se demande si tout ceci n’est pas un peu trop policé. Mais il suffit de quelques titres pour que finalement on lâche prise, et on se laisse emmener au fil d’une eau bien sage au gré d’un voyage composé par Piers Faccini, ou la mélancolie croise la beauté, et le propret, le charme. J’aime. Je me demande du coup si je dois m’abonner aux Inrocks tout de suite, ou attendre encore un peu.

Denis Verloes

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Tracklist
01. Two Grains Of Sand 4:28
02. The Wind That Blows – 3:47
03. Your Name No More – 3:24
04. To See Is To Believe – 3:56
05. Who Loves The Shade – 3:11
06. A Home Away From Home – 3:49
07. A Storm Is Going To Come – 5:33
08. Time Of Nought – 3:07
09. Save A Place For Me – 3:41
10. The Dust In Our Eyes – 2:51
11. Strangers – 4:09
12. My Burden Is Light – 3:26

Label: Tôt ou tard / Warner
Date de sortie: 6 avril 2009

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spotify_logo_96x96_no_tagline.pngTwo grains of sand sur Spotify

La vidéo de The wind that blows, via Youtube

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