Fedaden – Broader

fedaden_broader_cover.jpgAprès un Palabras qui conviait volontiers les nappes troubles, granitiques et pourtant très fréquentables de Tim Hecker, Fennesz ou Belong, le toulousain Denis Fedabeille alias Fedaden revoit sa copie en profondeur et s’inscrit avec Broader au panthéon des électroniciens qui comptent.

Construites avec une minutie exemplaire, les pièces de ce disque (toutes maîtresses) proposent une alternative de choix au ample et visionnaire Walls d’Apparat (le chant en moins, mais avec la griffe mélodique et la touchante humanité restées intactes : Buralta, The perfume et Sour en témoignent), en y incluant la densité symphonique d’un Bola et tout en faisant preuve d’une parfaite assimilation de l’enseignement inculqué par la grande école Warpienne. Rien d’étonnant donc à  ce qu’on y croise des rythmiques percutantes et syncopées, aux angles saillants (la science d’Autechre a avantageusement et sournoisement déteint sur Lluvia et Key), des nappes au grésillement envoûtant et enveloppant, ou bien à  la douceur déviante et profondément évocatrice.

Ici, l’âme et les tripes ont pris possession des machines, et Fedaden que l’on rebaptisera »Fée d’argent » pour l’occasion, nous délecte de ses mélodies versatiles et émouvantes : une Music box démantibulée confrontée à  la rugosité de rythmiques robotiques et krautrock, une Mélodie pianistique déconstruite et craquelée, un Atlantis qui nous immerge de sa douceur cristalline, une ritournelle à  la mélancolie ponctuée de clarinette basse et soulignée par le falsetto émouvant de Dominique A (Danseur inutile), sans compter toutes les autres…
Histoire de parachever le voyage, les nappes s’agencent en un ballet magique et bouleversant, d’abord rehaussé de bleeps futuristes (Vultures), puis mené par un pizzicato grave et lointain (en forme de réminiscence du célèbre Adagio d’Albinoni), un toy piano désarticulé à  pleurer, sur un Contrecoeur prémédité, révélateur de la note sur laquelle on quitte ce disque en tout point réussi.
En d’autres termes, dire que 2009 verra éclore un autre album électro de cette envergure est un pari perdu d’avance.

5.gif

Sébastien Radiguet

Tracklist
01. Verdad
02. Danseur inutile (feat. Dominique A)
03. Broader
04. Music box
05. Mélodie
06. Buralta
07. Lluvia
08. Key
09. Atlantis
10. The perfume
11. Sour
12. Vultures
13. Contrecoeur

Durée : 69’00
Sortie : juin 2009
Label : Nacopajaz

Plus+
L’espace MySpace de Fedaden
Le site officiel du label Nacopajaz
L’espace MySpace du label Nacopajaz

Envie de partager :

One thought on “Fedaden – Broader

  1. Simple remarque qui ne vise nullement à remettre en cause la qualité générale de cet article : si son auteur vient à lire mon commentaire, je crains qu’il confonde, à propos de Dominique A, le falsetto (synonyme de voix de fausset ou de voix de tête cf. Prince par ex.) et le vibrato (ou le tremolo?), dont le chanteur natif de Provins a fait sa marque de fabrique…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *