Ghinzu – Mirror mirror

ghinzu_mirror.jpgEn un album, Ghinzu est passé du statut d’espoir à  celui de valeur sûre. La faute à  Blow, deuxième album tranchant, qui a amené les Belges à  remplir en l’espace d’une année l’Elysée Montmartre et l’Olympia. A y regarder de plus près, cet album était surtout magnifié par son premier morceau titre de près de 9.’, chef d’oeuvre de rock hallucinogène; Blow -le titre – mettait Blow – l’album -sur orbite et la suite, d’une facture haut dessus de la moyenne certes, se contentait de dérouler devant un auditoire conquis.

Avec Mirror Mirror Ghinzu se devait de donner un digne successeur à  son album à  succès : le quintette Bruxellois choisit de jouer la continuité. La machine de guerre est donc toujours en place, chaque boulon a été resserré au maximum, les armes affûtées prêtes à  cracher, l’objectif parfaitement défini : proposer douze titres impeccablement accrocheurs avec un gros son qui emporte le morceau et vous scotche sur place. De ce côté-là , Ghinzu n’y va pas avec le dos de la cuillère, le stade semblant être le seul endroit possible pour pouvoir accueillir ces Belges surpuissants.

Pour le reste, Ghinzu est un groupe toujours à  la limite : à  la limite de l’emphase, à  la limite d’une certaine lourdeur, à  la limite d’une folie incandescente, à  la limite du lourdaud, du roublard, du génial. On ne sait plus trop bien »Un peu entre Radiohead, Muse, Archive, klaxons et une certaine idée du rock année 70 où théâtralité et caricature allaient de pair avec le maquillage (Bowie, Queen). l’ensemble est riche en ingrédients : il y a là  une compagnie de claviers en tout genre et une armada de guitares, comme en atteste la photo de la pochette : un studio déserté mais transformé en champs de bataille avec une jonchée de cadavres »oh pardon d’instruments étendus sur le sol inerte. Ce qui donne aussi au passage une explication possible sur les pseudos  » Waterlot  » du guitariste/claviériste et  » Nagazaki  » du bassiste. Le propos est donc ambitieux mais parfois en dessous des objectifs :le roublard Take it easy fait le service minimum, This light ressemble à  une montée en puissance un peu vaine, Mother allegra est une tentative de rock sacré évoquant Procol Harum mais qui devient un »coîtus interruptus » Mirror Mirror ressemble à  une attaque en forme d’esbroufe, Kill the surfers à  un pilonnage synthétique servant de cache-misère à  un blues basique. C.’est vrai qu’il n’y a pas de Blow pour voir Ghinzu avec les yeux de Chimène et l’auditeur risque de devenir cruel.

Reconnaissons à  Mirror Mirror de proposer néanmoins de temps forts comme un Cold love en ouverture que l’on jugera  » habité  » comme l’abrasif Joy, success, happiness avec sa basse conquérante qui transforme Ghinzu en horde barbare. Ou encore, The End of world, qui après un plan emprunté à  Depeche Mode, devient étonnement swing et léger (ce qui nous change du reste). Et pour finir, le psyché et vaporeux Interstallar Orgy qui vous amène copuler dans les étoiles en deux temps, trois mouvements.

Avec d’autres, on se serait contenté de ça avec bonheur, avecGhinzu, on se permet d’être un peu plus difficile.

Denis Zorgniotti

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Tracklist
01. Cold love
02. Take it easy
03. Mother Allegra
04. Mirror Mirror
05. Dream maker
06. The end of the world
07. This light
08. This war is silent
09. Joy, success, happiness
10. Birds in my head
11. Kill the surfers
12. Interstellar orgy

Label/Editeur : Barclay / Universal Music.
Date de sortie: mars 2009

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Le clip de Take it easy via Dailymotion

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