La Revanche des otaries, de Vincent Wackenheim

otaries.jpgQuand sa fille lui demande des détails sur l’épisode fameux de l’arche de Noé, Vincent Wackenheim, dans un souci de non-exactitude, de délire imaginatif et de légère insubordination, lui explique, à  la sauce loufoque, comment l’expédition bibliquement connue fut en fait l’épisode de tous les excès, de tous les régimes politiques et de toutes les folies douces !

Ranger sa Bible dans le tiroir du chevet, laisser ses idées préconçues sur le bas-côté, et se laisser embarquer dans l’histoire déjantée de Noé, zoophile conscencieux du bien-être de ceux qu’il aime (sic), et qui décide d’embarquer plein d’espèces animales dans une embarcation de fortune pour ne pas se noyer dans un déluge plus inventé que bien réel. Mais l’intrusion de dinoZores dans cette charmante croisière presque amusante va provoquer remises en questions, manifestations politiques, rebellions et finalement, une mini-révolution. Et Noé de devenir à  la fois tout et son contraire, anarchiste puis dictateur, capitaliste et communiste, avant de s’en remettre à  celui qu’il ne fallait absolument pas inviter : le Diable.

Wackenheim l’annonce dès le départ : son postulat qui brise le cou à  l’Ancien Testament est à  prendre à  de nombreux degrés en-dessous des textes sacrés. Son livre est une mitraillette de jeux de mots, de situations cocasses et de maximes et pensées surtout portées sur le genre animal. Le texte se résume donc, malheureusement, en une avalanche (euh pardon, recentrons-nous sur le sujet : un déluge…) de mots qui vous sautent aux yeux comme autant de manières de faire rire d’un thème hyper connu et jamais galvaudé.

Le résultat, somme toute, reste mitigé : l’enjeu n’est pas de taille, l’exercice est extrêmement ludique, on peut s’y prêter avec joie (quand on est joueur, bien entendu !). De fait, même si par quelques fulgurances, Wackenheim s’adonne à  une descente en règle des systèmes politiques récents – avec quelques tailles de shorts à  des individus actuellement au pouvoir, sa Revanche des otaries ne reste qu’une lecture distrayante, frondeuse et sans ambition, mais avec ce petit ton cynique et plutôt paîen qui en fait une réjouissance de rentrée à  se mettre sous le coude si l’ambiance est à  la grise mine.

Jean-François Lahorgue

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La Revanche des Otaries, de Vincent Wackenheim
Le Dilletante, 188 pages, 16 €¬.

Date de parution : août 2009.

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