Chroniques Express 65

denims.jpgAnthony Joseph / Remy Kolpa Kopoul / Seun Kuti / Rokia Traore / A Camp / Cold War Kids / El Hijo / Lambchop / Adam Green / Bang Gang / G Love / Tohu Bohu & Dr Geo / Kompakt Total 10 / Dj Cam Présente : INLOVE / Audision / Marconi Union /

RemyKolpa.jpgRemy Kolpa Kopoul – Latino del futuro

Ah l’été…moment propice aux siestes, aux baignades, aux mojitos, aux danses sensuelles et aux rythmes tropicaux. Moment propice également pour savourer la dernière compilation du producteur/dj de Radio Nova RKK, qui met cette fois sur le devant de la scène la nouvelle génération d’artistes d’Amérique du Sud. Au menu pléthorique : salsa, groove, rock, hip-hop, soul, jazz, électro, funk et mambo. Le résultat aura pu être une mélasse insipide au goût de vieille guacamole, ou une énième compilation lounge pour bar en manque de musique d’ascenseur, mais, sans trop s’attarder sur quelques erreurs de casting, »Latino del Futuro » ne déçoit pas, osant des reprises réussies (Nirvana version mambo ou Coltrane rhabillé en chemise cubaine), programmant artistes confirmés (Mangu, Brooklyn Funk Essentials, Senor Coconut ou Omar Sosa) et nouvelles têtes à  mémoriser (Nortec Collective, Ticklah,…), offrant un aperçu indéniable sur la production latine contemporaine, pour le bonheur des oreilles et des gambettes, et à  l’ombre de préférence en ces temps caniculaires… (3.5) Jean-François Lahorgue

Naîve – Août 2008.

SeunKuti.jpgSeun Kuti + Fela’s Egypt 80 – Many things
Vous parlez d’un héritage…le plus jeune des fils de l’immense Fela Kuti, artiste le plus emblématique du mouvement afro-beat des années 70, s’offre l’ancien orchestre de son paternel pour son premier album. Sur les traces de son père, Many things ravive la flamme de ce genre musical bouillonnant mais souvent mis à  mal car il reste un impressionnant vecteur de révolte et porteur de message. Ce sont sept bombes musicales lâchées par Seun, sept brûlots qui dénoncent la politique nigériane et africaine en général, emmenés par des cuivres tonitruants, des percussions en feu et des voix en colère. Et, comme conclusion évocatrice, le final African Problems sur une rythmique presque reggae, n’apaise qu’en apparence cet album de feu et de sueur, bouillonnant et épuisant, et n’oublie pas de rappeller les tristes faits : l’Afrique à  problèmes se meurt. Urgence… (4.0) Jean-François Lahorgue

Tôt ou Tard / Warner – Juillet 2008.


rokiatraoré.jpgRokia Traoré – Tchamanché
S’il semble au premier abord que la chanteuse malienne creuse toujours le même sillon de folk traditionnel africain chanté en bambara (idiome de son pays), il suffit pourtant de s’aventurer un peu plus loin de cet album faussement apaisé et apaisant pour s’apercevoir que Rokia Traoré évolue et se tourne de plus en plus vers l’Occident. Les rythmiques s’affolent légèrement plus, les instruments traditionnels sont remplacés par quelques guitares électro-acoustiques, la voix chaude et sensuelle s’offre des moments en français (Zen)…Tchamantché, dernier album de la belle, devient dès lors un formidable essai de fusion entre le chant spirituel et doux de la chanteuse et des instruments de divers origines qui se télescopent tendrement pour offrir un son magnifique. Si l’on peut être sujet à  l’endormissement au fil de cet album d’un calme absolu, difficile quand même de ne pas tomber sous le charme de ces morceaux tous aussi beaux qu’envoûtants, à  l’image, sur la fin, de la somptueuse reprise de Billie Holiday The Man I Love…(4) Jean- François Lahorgue
Universal music jazz

Anthony_joseph.jpgAnthony Joseph & The Spasm Band – Bird Head Son

Difficile de chroniquer un album après avoir découvert l’artiste en live, puisque l’écoute du disque s’avère décevante. L’énergie que déploie ce féru de musique noire sur scène ne se retrouve pas avec égale ampleur sur galette, et même si c’est logique, cela joue un peu forcément sur le jugement. Donc, si »Bird head son » reste un disque de grande qualité, tant par ses compositions que par sa propension à  jouer sur tous les fronts jazz, soul, funk et afrobeat, il laisse pourtant un arrière-goût d’insatisfaction, quelques morceaux pêchent par leur longueur, et le milieu du disque reste proche de l’anodin. Judicieux conseil au final : foncer voir l’animal et sa meute quelque part près de chez vous, délices fiévreux et remuants en perspective ! (3.0) Jean-François Lahorgue

Naîve – Janvier 2009


coldwarkids_.jpgCold War Kids Loyalty to loyalty

Les cold war kids sont des gars rageant. Mettons ce nouvel album par exemple… J’aurais aimé vous dire que le sentiment d’imperfection que j’avais ressenti sur le précédent opus s’eSt attenué. J’aurais aimé vous dire que leur mélange de folk et de rock explosif sur scène a enfin trouvé un équivalent discographique. J’aurais aimé vous raconter que les mélodies énergiques et sentimentales trouvent ici le parfait point d’equilibre. Il n’en est rien. On aurait condensé le premier et second album qu’on aurait eu l’album pop rock parfait… Mais ce n’est pas le cas. A coté de brûlots imparables que contient l’album, CWK dilue sa science dans des titres parfois vaporeux qui perdent l’auditeur aux confins du regret et de l’ennui. Pourtant vue la réputation scénique et l’extrême qualité de certains des single squi gagnent encore en pertinence par rapport au précédent album, on ne peut que rester attaché a ce groupe de têtes de noeuds. En nous disant: allez, le suivant c’est vraiment le bon. (3.0) Denis Verloes

Cooperative Music/ Pias – octobre 2008 – le site officiel – l’espace myspace



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El Hijo – Las otras vidas

Evadé de Migala, Abel Fernandez continue sa route, pas très loin de Luke temple ou Damien jurado. Les
mélodies sont tour a tour mélancoliques ou plus folk, mais jamais denuées d’intensité, un choix pratique qui envoie el Hijo jouer en espagnol dans la cour des plus grands. Là  le mirage américain n’es jamais loin, là  la voix est un coeur sombre, à  fleur de peau. Et ma méconnaissance de l’idiome espagnol ajoute un coté magique et sombre qui transforme cette mélancolie poétique de la guitare ibère en torpeur universelle qui nous renvoie a nos propres doutes, à  mes propres déchirures. (3.5) Denis Verloes

Acuarela/ Talitre- octobre 2007 – L’espace myspace


acamp.jpgA Camp – Colonia

Sérieux, je n’ai jamais vraiment compris la différence fondamentale entre la musique de A camp, nouveau projet de Nina Persson, avec ses anciens Cardigans. A part ce gommage relatif du côté easy Listening, mais qui avait déjà  presque disparu des derniers Cardigans? Dans ce nouvel opus, dans la lignée d’un Grand Turismo, elle s’installe à  bord d’une Mustang décapotable et parcourt l’Amérique a coup de pop rock sympathique, facile, efficace le résultat est un album en forme de petit gilet seyant qui fait la part belle à  la voix de sa frontwoman et se déguste avec facilité, au volant du Scénic, en Champagne ou ailleurs. Mais sans doute, et c’est là  le drame, aussi vite oublié qu’écouté. (3.0) Denis Verloes

Wigpowder/Nettwerk / EMI – Janvier 2009 – L’espace myspace

banggang.jpgBang Gang – Ghost train

Le seul défaut du dernier Bang Gang en date, c’est de faire l’équilibriste entre le très bon, et le too much. Bardi Johansson ( ?) navigue à  vue entre les mélodies imparables et la boursouflure romantique façon Keane mais de plus au nord encore. Le plus difficile étant de séparer le bon grain de l’ivraie. Je suis vache, d’ivraie il n’y a guère. Mais il y a cette petite irritation créée par l’excès de romantisme dégoulinant telle qu’on l’avait perçue jadis sur le fin de siècle ou le Roses de Maximilian Hecker. Ce moment où on est obligé de reconnaître que ces titres sont bien, mais « que l’album fait quand même un peu chier sur la longueur, qu’on préfère son versant Swello- Smashing Pumpkinien que son versant fleur bleue. Alors, j’ai ma technique pour le rendre plus digeste. J.’en distille l’écoute, titre par titre, au gré de mes trajets boulot/maison. Souvent pour compléter mon trajet par un second morceau d’album qu’on arrive pas à  finir dans le temps imparti. A ce jeu de bouche-trou bien foutu. Bang Gang se pose bien plus là  qu’au gré d’une écoute complète et les titres downtempos s’avalent du coup bien mieux que n’importe quel horripilant .Aaron qui naviguent pourtant parfois dans des eaux très similaires. (3.0) Denis Verloes

Discograph – 23 juin 2008 – Le site officiel


glove.jpgG Love – SuperHero Brother

Ca fait un bail maintenant que G love trace sa route aux confins du blues, du boogie et n’ayons pas peur des grands mots : du hip hop. Le bonhomme, guitariste hors pair, ne remet jamais en cause sa formule, perd les amateurs de surprise, mais satisfait évidemment tout ceux qui comme moi, ne lui demandent que des albums sautillants et positifs (soniquement parlant tout au moins) qui ne renouvèlent pas le champs sémantique de leur auteur, mais ont le mérite d’amener à  intervalle espacé une petite livraison de sautillement festifs et à  ce jour sans comparaison aucune, dans tout le paysage musical. Alors oui certes, Il n’y a rien qui ne ressemble plus à  un album de G Love qu’un autre album de G Love, mais comme il est seul à  pratiquer le genre musical qu’il pratique, on est jamais écoeuré.(3.0) Denis Verloes

Beggars – Juillet 2008 – L’espace Myspace


Adamgreen.jpgAdam Green – Sixes Sevens

On est venu très très tardivement au dernier opus d’Adam Green. En fait au gré d’une proposition d’interview que je n’ai pas pu honorer pour cause de travail-moins-sympa-que-le-bénévolat-de-benzine-mais-plus-rémunérateur. Mais quel plaisir de découvrir un album que désormais tout le monde connaît. Passant son costume de Franck Sinatra doublé d’une peu de la veste à  frange de Johnny Cash et du brushing de Barry Manilow. Le jeune homme explore son versant crooneur pour bar enfumés et Pacific Princess. Il se ballade aussi dans les racines blues folk américaine. Le résultat à  ceci d’étonnant qu’il dépoussière un genre qui eût rapidement pu le conduire au plagiat ou à  la caricature. Adam Green n’est ni Dany Brillant, ni Mike flowers pops. Et heureusement. Son exercice de style est excellent, et sufisamment décalé que pour amener une dose d’originalité dans un paysage musical calibré en vagues de mode .Tous les titres, je dis bien tous, sont des tubes. Et s’insinuent profondément dans les neurones qu’ils pervertissent d’un mélange de rétro et de punk plutôt décalé. Et moi de me demander pourquoi j’ai laissé passer l’album à  sa sortie. Peut-être ici un début de mea culpa (4.0) Denis Verloes
Beggars – mars 2008- Le site officielL’espace Myspace

lambchop.jpgLambchop – Oh Ohio

J.’ai eu beau tourner et retourner la pochette alanguie pendant des semaines dans mes mains de vieux jeune, je n’y suis pas arrivé. Impossible de trouver un angle satisfaisant pour décrire le dernier Lambchop en date. Du coup j’ai jeté l’éponge et suis passé à  autre chose. C.’est mal d’autant que cet album ne méritait pas pareil ostracisme de fainéant. J.’y suis revenu ce soir. Et putain que cet album est resté bon. Oui bon c’est sûr, il n’inspire pas à  l’optimisme, et l’écouter en période pandémique n’est pas forcément recommandé. Encore moins si vous êtes cadre chez France Telecom (si vous voyez ce que je veux dire) . Lambchop continue sur une lancée qui n’est pas sans rappeler quelque Tindesticks, le côté américana en plus, le piano et la voix grave -qui a vécu- pour syndrome commun. Je n’arrive pas à  décrire le spleen quand il se fait musique et que cette musique déchire les plaies à  peine cicatrisées. Oh Ohio est un album irréprochable. Mélancolique, génial, déprimé, inspiré. Dans la droite lignée des précédents opus et mené de main de maître. Voilà  qu’on est bloqué au même écueil que précédemment. Ne vous reste plus qu’à  écouter vous-même, si ce n’est pas déjà  fait vu mon  » lag  » de chronique. Enfin sauf si vous êtes cadre chez France Telecom. (4.0) Denis Verloes

City Slang / Cooperative music/ Pias – octobre 2008 – Le site officielL’espace Myspace

PatchworkFront.jpgTohu Bohu & Dr Geo – Patchwork

Sorti sur la structure le kit corporation, quelques mois avant l’album de zero degré, le split Lp de Tohu Bohu & Dr Geo est la quatrième sortie du label messin. C.’est Tohu Bohu, le projet de julien Rueff, qui ouvre le bal avec 5 titres que l’on qualifiera d’electonica. 5 titre d’où ressortent des sonorités numériques et des sons guitares qui s’associent parfaitement dans un univers musical très doux où la mélodie n’est jamais absente. Bref, une laptop music fine, généreuse, pas forcément très originale mais extrêmement agréable à  écouter. C.’est ensuite au tour de Dr Geo (Goefrrey Lolli) de poursuivre avec lui aussi 5 titres pour convaincre nos oreilles exigeantes. Nettement plus pop que celles de son complice, les compos du Dr Geo adoptent le chant pour venir épouser les beats épais et les boucles analogiques mises en place. Au final deux musiciens qui se complètent plutôt bien dans des univers assez proches tout en étant différents. On attend désormais la suite des opérations pour l’un et pour l’autre avec des albums qui je l’espère viendront confirmer les bonnes impressions ressenties avec ce split LP. (4.0) Benoît Richard
Le Kit Corporation – déc. 2008

audision.jpgAudision – Surface To Surface

Une des belles découvertes de cette rentrée en matière de techno est incontestablement ce premier album signé Audision. Après quelques titres sélectionnés par Michael Mayer pour sa compilation »Immer » et par François K pour »Frequences » et huit Eps salués ici et là  , le très attendu »Surface To Surface » débarque enfin sur le propre label du groupe (&nd) après avoir été envisagé sur Mule. Composé de Niko Tzoukmanis et Tobias Schmid, Audison se démarque d’abord par un son minimal influencé, entre autres, par Basic Channel et la techno de Detroit, mais également par un sens de la mélodie et une ligne claire qui rendent l’écoute très confortable à  la maison comme en club. Pas aussi linéaire que ne pourrait le laisser croire les premiers titres, »Surface To Surface » dévoile morceau après morceau, une palette vraiment large qui rappelle autant les premiers Warp que des choses du label Underground Resistance ou encore Drexciya. En somme un disque pour ainsi dire intemporel. (4.0) Benoît Richard
and music – août 2009

inlove.jpgDj Cam Présente : INLOVE

Après avoir fait les beaux jours du courant abstract hip hop (hip hop instrumental) à  la fin des années 90 avec quelques albums fondateurs dont l’inépuisable »Substances » où il mêlait à  merveille samples jazz et beats downtempo, Dj Cam travaille aujourdhui également comme producteur pour différents artistes dont Inlove, une jeune femme mannequin égérie de Dior ou d’Armani. Suite à  cette rencontre, Cam devient son agent artistique et travaille avec elle sur l’album »Soulshine » dont le titre »Summer In Paris » sera un succès mondial. Cette fois leur collaboration s’étend sur un album entier, »Stories » qui dévoile des ambiances et des sonorités downtempo, chill out, soul et jazz, très tranquilles, agréables. Dans la lignée des chansons de Jill Scott et à  l’image des centaines de morceaux que l’on peut trouver sur les compilations trip-hop et autres mix du début 2000, »Stories » ne dépasse pas son statut de disque d’ambiance sympa et s’oubliera finalement assez vite. (3.0) Benoît Richard
Inflammable/Discograph – sept. 2009

Total_10_cover_art.jpgv/a : Kompakt Total 10

10ème volume de la série »Total » du label allemand Kompakt et toujours pas de signe d’usure ni de faiblesse en vue. Et cette nouvelle collection sera surtout la confirmation de l’orientation pop du label entrevue ces derniers années qui rend cette série plus accessible que jamais et follement attractive. Plutôt que céder à  la mode baléarique ou nu-disco, Kompakt continue de miser sur ses valeurs sûres tout en laissant le champ libre à  de jeunes producteurs fourmillant d’idées ou d’humour. Au programme donc de ce double CD, on découvre 21 titres entre deep, pop, electro, techno avec plus de hauts que de bas et quelques surprises en fin de parcours avec d’abord le »Ofterschwang » de Jurgen Paape, sorte de fanfare techno totalement ébouriffante puis, pour terminer, un titre très décalé de Pachanga Boys (« Fiesta Forever ») loin de l’image du label froid et sérieux que l’on a pu coller par le passé au label de de Michael Mayer. (4.0) Benoît Richard
Kompakt/module – août 2009

tokyo.jpg Marconi Union – Tokyo

Quatrième album du duo anglais Marconi Union (composé de Richard Talbot et Jamie Crossley ), »Tokyo » comme son nom l’indique, a été composé sous forte influence nippone avec l’objectif pour nos deux anglais, d’essayer de faire transparaître dans leurs nouvelles compostions l’ambiance, la vie urbaine, la culture selon les représentations qu’ils peuvent avoir de cette mégalopole moderne. Résultat, on a un très bel album d’ambient electronica teinté de dub, tranquille, aux sonorités rondes, très douces, construites à  partir de sons organiques enregistrés et d’instruments acoustiques. Un style qui rappelle une certaine école allemande de Kraftwerk à  To Rococo Rot en passant par Monolake ou Scanner. Un album fort recommandable à  découvrir sur le label allemand Bine Music. (4.0) Benoît Richard
Bine Music/Module – août 2009

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