A Deriva

affiche_6.jpgC’est certainement parce que Vincent Cassel figure au casting de A Deriva que ce banal petit film profite d’une telle démarche marketing, ainsi qu’une participation au festival de Cannes. Ainsi l’ambition scénique de ce nouveau venu brésilien est aidée par un joli succès et le choix crucial de l’acteur pour le rôle principal.

Mais l’agitation de la réalisation, qui se veut hypnotique et sensuelle, ne saurait cacher le vide d’un scénario qui tourne en rond. A Deriva est un premier film, on peut donc être indulgent et on a certes vu mise en scène bien moins maîtrisée dans le domaine, mais malgré l’efficacité certaine de celle-ci, elle ne suffit pas pour alimenter 1h45 de film déjà  fait auparavant, qui plus est en beaucoup mieux. Vincent Cassel y endosse le rôle d’un macho (dans la continuité de Mesrine, ce qui nous amène à  conclure que l’acteur est probablement un véritable macho!), l’histoire d’un père qui n’en a pas l’air, en pleine crise de couple dans une villa paradisiaque au bord de la mer, pendant que son adolescente de fille s’évertue à  visiter les royaumes de la chair. Si les jeunes acteurs sont remarquablement choisis pour tenir de tels rôles, et que les décors sensuels parlent pour eux (baignés d’un peu de musique vaporeuse), A Deriva n’arrive assurément pas à  la cheville de ce qu’il voudrait être.

Parce qu’on a déjà  vu ce film mille fois, et qu’il mise tout sur l’attrait des décors et la peau des femmes filmée de près. Le récit est constitué d’un empilement d’environ trois scènes différentes répétées quinze fois chacune durant le film (la fille épie les coucheries adultérines de papa, la fille et son amoureux transi sur les falaises, scène de dispute conjugale), afin de former une dramaturgie de pacotille qui, forcément, n’atteint aucune force lors de son supposé climax. Le tout baigné dans l’esthétique d’une pub pour gel douche, avec sueur pantelante sur peaux brunes, aisselles en gros plan, cheveux mouillés et volutes enfumées des cigarettes nocturnes. Tout cela est pesant, involontairement comique, affligeant de banalité et de laideur, tout de sexe toc et d’hystérie pubère.

Jean-Baptiste Doulcet

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A Deriva
Film brésilien de Heitor Dhalia
Genre : Drame
Durée : 1h43
Sortie : 9 Septembre 2009
Avec Vincent Cassel, Debora Bloch, Laura Neiva,…

La bande-annonce :

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