Chroniques Express 66

denims.jpgZoot Woman / A Mountain Of One / Frànçois & the Atlas Mountains / Trapez 100 / Lawrence / Gus Gus / Chromeo / Hockey / Oslo Swan / My Girlfriend is Better Than Yours / Starless And Bible Black / 2econd Class Citizen / Nick Cave & Warren Ellis / DJ Mehdi / Arnaud Rebotini / Emily Jane White / Domotic & My Jazzy Child

Zoot Woman : Things Are What They Used To Be
Après avoir été un des premiers à  remettre au goût du jour la pop synthétique du début des années 80 avec son projet Les Rythmes Digitales, Stuart Price alias Jacques Lu Cont a enchaîné ensuite avec Zoot Woman en compagnie des frères Blake (Adam et Johnny) pour un premier album fort réussi »Living in a Magazine » en 2000, qui sera suivi en 2003 d’un second, un peu moins bien. Neuf ans après des débuts prometteurs que reste t-il de ce projet ? Pas grand chose serait-on tenté de dire à  l’écoute de »Things Are What They Used To Be » tant cet album paraît bien décevant à  divers égards »à  commençant par une production sans âme et sans personnalité qui donne 12 titres pop electro au son formaté et aux mélodies peu accrocheuses. Bref, un album qui souffre globalement d’un manque d’inspiration criant à  l’image du récent et décevant album de Calvin Harris. Et si vous découvrez le label Citizen avec cet album, sachez qu’il n’est pas du tout à  l’image d’une maison qui nous a habité à  des sorties nettement plus convaincantes ces derniers mois : Arnaud Rebotini, The Penelope(s), Vitalic »pour ne citez qu’eux. (2.0) Benoît Richard
Citizen/Module – sept. 2009

instituteA Mountain Of One – Institute Of Joy
Après juste une écoute rapide, bien difficile de dire de quand date cet album. On aurait envie de le siteur dans les années 70 parce que rappelant étrangement des vieux plans de Genesis, des Eagles ou de Pink Floyd. Et c’est ce qui fait sans doute toute l’originalité (ou le contraire) du premier album de A Mountain Of One. Car si beaucoup de groupes actuels puisent leur inspiration dans les années 80, la formation emmenée par Mo Morris et Zeben Jameson lui préfère replonger au coeur des 70.’s et notamment dans une musique pop rock ample et psychédélique comme on pu le faire avant eux des groupes comme The Verve et surtout Spiritualized. Sans vouloir comparer A Mountain Of One à  qui que ce soit, on reconnaitra au duo une certaine capacité à  écrire des pop songs habitées aux accents parfois lyriques mais en rien en rien démonstratives. Bref, si vous montrez des dispositions pour le revival 70.’s si les longues nappes de claviers et les choeurs célestes ne vous font pas peur ou mieux vous emportent totalement alors nul doute que »Institute Of Joy » fera votre affaire. (3.5) Benoît Richard
10 Worlds/La Baleine – sept. 2009

Frà nçois & the Atlas Mountains – Her river raves recollections
C.’était il y a quelques années, bien avant que Frà nçois Marry ne rentre au bercail, dans ses Charentes et compose son récent et splendide »Plaine Inondable » sorti en septembre sur Talitres. A cette époque, François est exilé Du côté de Bristol en Angleterre, il compose des albums en catimini qui paraîtront sur le micro label anglais Stitch Stitch. De cette période et d’avant, il ressort 9 titres dans une style plus dépouillé, plus lo-Fi que sur son dernier LP mais qui déjà  avaient tout ce qui fait le charme de la musique de aujourd’hui. Des chansons de chambres d’étudiant, des petites mélodies légères et cette voix mal assurée mais si touchante qui rappelle évidemment le Dominique A de »la fossette ». Toute comparaison mise à  part, l’écoute récente de »Plaine Inondable » et de »Her river raves recollections » me laisse la même impression que lorsque j’ai découvert Dominique A et Katerine en 1995. l’impression de tenir là  un artiste avec un style et un univers très personnel reconnaissable entre mille et qui devrait, je l’espère, faire un aussi beau parcours que ces deux là . (4.5) Benoît Richard
Another Records – juillet 2009

v/a – Trapez 100
Le label Allemand Trapez (orienté techno, deep, minimale) fête la sortie de son 100ème vinyle avec une compilation sobrement intitulée »Trapez 100″.Fondé en 2000 par Richard Riley Reinhold (aka Triple R), le label de Cologne est devenu au fil des années une référence incontournable en matière d’electro/techno/minimale. l’occasion donc de pointer ici les artistes majeurs du label (Alex Under, Jeff samuel, Gabriel Annada…) et de (re)découvrir quelques titres vraiment intéressants, à  commencer par l’inusable »Fox in the Box » [Christian Martin Remix]. Au total 11 titres longs en bouche (la plupart ne font pas moins de 6 minutes) et sans temps mort pour un label dont espère suivre encore longtemps le fil des sorties.
(3.0) Benoît Richard
Trapez/module – sept. 2009

lawrenceLawrence – Until Then, Goodbye
Peter Kersten est un home très pris. Car en plus de produire de la musique électronique sous les pseudos de Lawrence et Sten pour des labels aussi prestigieux que Kompakt ou Nova Mute, il est également le boss des labels hambourgeois Dial et Smallville. Ici c’est sous le nom de Lawrence qu’il revient avec un album qui navigue entre house, IDM et dub avec des morceaux aux sonorités éthérées, où les nappes de synthés aériennes sont très présentes et donnent à  l’ensemble un aspect planant assez agréable. Plus que l’originalité de cet album qui, comme celui produit sous le pseudo de Sten, ressemble à  des tas de choses déjà  entendues par le passé, c’est la large palette musicale dévoilée par Lawrence que l’on appréciera ici avec des titres aux ambiances contrastées et aux tempos changeants qui font que, même s’il y a un petit côté »musique d’ascenseur » dans cet album, on ne s’y ennuie pas forcément pour autant. (3.0) Benoît Richard
Mule electronic/Module – sept. 2009

Gus Gus – 24/7
Il faut reconnaître qu’en 1997, à  l’époque du premier album de Gus Gus, »Polydistortion » on en avait plein la bouche de ce groupe. Véritable révélation de l’année, Gus Gus avait réussi le pari avec le tube »Polyesterday » de réconcilier les fans de musique électronique et les fans de pop, un peu comme l’avait fait les Underworld quelques temps auparavant avec »Second Toughest in the Infants » qui contenait le tube interplanétaire »Born Slippy ». Assurant des prestations scéniques remarquables (on se souvient encore de la mémorable Route du rock 1997), les islandais étaient en quelques mois devenus les chouchous de la presse musicale et de bon nombre d’amateurs de pop dont j’étais. Douze ans après que reste t-il de ce groupe ? Pas grand chose à  vrai dire. Si le suivant »This is Normal » (1998) tenait encore la route, par la suite, ce fut assez décevant… jusqu’à  ce »24-7″. Aujourd’hui composé de Daniel Agust, President Bongo et Veiran, le groupe propose un album d’electro/techno pop assez dépouillé et plutôt bien fichu, avec cette voix reconnaissable entre mille, avec des titres extrêmement efficaces mais vraiment trop longs. Dommage car les compos ont un côte addictif mais finissent par lasser sur la longueur. Malgré tout, l’album vaut le détour et devrait, espérons-le, remettre en selle Gus Gus. (3.0) Benoît Richard
Kompakt/Module – sept. 2009

desireDesire – II
Doucement mais sûrement, le label américain Italians Do It Better creuse son sillon et marque de son empreinte la pop moderne grâce à  des albums qui ont comme point commun de sonner tous un peu pareil. Le son »Italians Do It Better » puise son inspiration dans une certaine synth pop, new-wave du début des années 80 marqué par des voix féminines et une reverb toujours très présente dans la production. Après Chromatics et Glass Candy, c†˜est au tour de Desire d’user de son charme pour nous séduire avec des pop songs élégantes, nonchalantes et mélancoliques qui évoquent les chansons Kim Wilde. En tout cas de la pop simple et nostalgique, qui devrait permettre au label Italians Do It Better d’asseoir un peu plus son image et de poursuivre son sans-faute. (4.0) Benoît Richard
Italians Do It Better/Pias – sept. 2009

Chromeo – DJ-Kicks
Qu.’est-ce qu’on attend habituellement d’un nouveau volume de la série »DJ Kicks » ? D’abord qu’il fasse les bacs à  soldes pour nous, qu’ils nous déniche des perles rares en matière de house, electro, hip hop, bref qu’il nous épate avec des titres de derrière les fagots et nous fasse découvrir de bonnes vieilles tueries. Dans le cas de Chromeo on peut dire : »mission accomplie ! » Car à  la colacion de le duo montréalais, P-Thugg et Dave 1 nous sort le grand jeu avec une sélection aux petit oignons retro, italo-disco, funk, synthé, early eighties à  100% qui fait revivre les meilleurs ou les pires (c’est selon) heures de la musique à  danser. Pour ma part, il n’y a rien à  jeter ou presque dans cette sélection ! de Kano à  Pierre Perpall (« J’aime Danser Avec Toi ») en passant par Leo Sayer (« Easy to Love »), chaque titre se révèle totalement irrésistible dans un ensemble bien équilibré qui, en plus de faire décoller vos soirées dansantes entre amis, vous fera dire que Diane Tell ça groovait bien à  l’époque ! (4.5) Benoît Richard
K7!/Pias – sept. 2009

hockeyHockey – Mind Chaos
Hockey serait donc la nouvelle sensation disco/pop de la rentrée ? l’album incontournable, la tuerie de l’automne ? Rien de tout ça, mais simplement un album pop rock énergique, bien produit, dansant et facile à  écouter avec une poignée de tubes taillés pour la FM et les charts. Bref, la routine… En allant un peu plus loin on découvrira un quatuor de gamins originaires de Portland plus proche des Strokes et LCD Soundsystem que de MGMT, qui sait écrire de bonnes chansons mais qui ne brillent pas forcément pour leur originalité. Reste à  voir ce que peux donner le groupe sur scène. Mais en attendant on pourra toujours s’écouter l’album en boucle et sans déplaisir. (3.0) Benoît Richard
Delabel/EMI – sept. 2009

olsoOslo Swan – Dreamin

Malgré leur pochette peu engageante, les français (et non les norvégiens) de Oslo Swan signent un album de pop bien sympathique, sans prétention, tout en douceur et qui vous caresse dans le sens du poil du début à  la fin. Sans être forcément orignal, le groupe réussit malgré tout à  sortir une poignée de pop-songs printanières, pleines de jolies mélodies et subtilement arrangées comme savent si bien les faire les français (Cocoon, Orwell »). A la rubrique covers, on notera que le duo signe deux reprises langoureuses, plutôt réussies : d’abord celle du »Boys Don’t Cry » de The Cure puis du »Frankly Mr Shankly » des Smiths. Bref, ne vous privez pas de cette découverte, elle vaut vraiment le détour. (3.0) Benoît Richard
Autoproduit/anticraft – oct. 2009

My Girlfriend is Better Than Yours – Foreplay Ep
Signé sur le label Chicrodelic, (Los chicros), le duo My Girlfriend is Better Than Yours présente un premier court album (ou long ep, c’est comme on veut) plutôt prometteur qui sonnent très.. »french pop de chambre de bonne ». Un album dans lequel Olivier Marguerit (Syd Matters, Chicros) et Laurie Lassalle associent leur talent, insouciance et leur légèreté dans 8 chansonnettes pop folk au son Lo-fi et où les guitares, les claviers vintages et les voix s’en donnent à  coeur joie, un peu comme chez Au revoir Simone »la mélancolie en moins, l’humour en plus. Attachant de bout en bout, plein de jeunesse et de maladresse, regorgeant d’idées toutes simples, ce »Foreplay Ep » est une vraie bonne surprise sur une scène pop folk française qui, décidément, nous régale de semaine en semaine. (3.5) Benoît Richard
Chicrodelic/discograph – oct. 2009

starStarless And Bible Black – Shape Of The Shape
Plutôt intéressant ce projet anglais nommé Starless & Bible. Porté par la douce voix de Hélène Gautier, les chansons présentes sur ce second album montrent un groupe évoluant dans une sphère country-folk-pop, sur des rythmes mid-tempo qui vous mettent tout de suite dans l’ambiance de part l’aspect plutôt classique de l’ensemble. Car si ce n’est pas l’originalité de style qui fait la force de ce groupe, en revanche côté ambiance et arrangements, il savent y faire ,avec des chanson racées, où la mélancolie peut s’exprimer en toute tranquillité. Et si au départ l’album sonne assez convenu, au fil des titres, il gagne en force et en épaississeur avec des titres que l’on n’attendait pas forcément au départ. Bref, l’exemple même du disque qu’il ne faut surtout pas lâcher après trois morceaux. (3.0) Benoît Richard
Static Caravan – oct. 2009

2nd2econd Class Citizen – A World Without
Faisant suite à « Wyred Folk » ; premier EP sorti en 2005 puis au récent »One By One EP, le premier album de 2econd Class Citizen sort enfin, l’occasion de vérifier si les espoirs entrevus dans les deux précédents essais se confirment sur ce long format intitulé »A World Without ». Dans un style downtempo/hip hop légèrement psychédélique, assez bien fichu, avec notamment un flow très agréable (featurings de Ceschi, James PHoney, Reindeer) et une instrumentation foisonnante, »A World Without » rappelle par certains aspects, les productions abstract de la fin des années 90 de DJ Shadow, UNKLE ou Dan the Automator… Sans être forcément génial ni pour autant anecdotique, »A World Without » devrait combler les amateurs de hip hop mélodieux. et en guise de mise en bouche, un megamix de 10 minutes réalisé par Phonatic est disponible sur le site du label Equinox Records ou écoutable directement ici. (3.0) Benoît Richard
Equinox Records – oct. 2009

nickNick Cave & Warren Ellis – White Lunar
Compagnons de route, depuis de nombreuses années, au sein des Bad Seeds, Nick Cave et le barbu Warren Ellis signent ensemble des musiques de films intenses et passionnantes regroupées pour la première fois sur un double CD : »White Lunar ». Ceux qui ont vue le film »The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford » (2007) ne pourront pas oublier la somptueuse partition écrire par le duo qui venait parfaitement bien accompagner les images, non moins superbes, du réalisateur Andrew Dominik pour un western d’une intensité et d’une beauté remarquable. En plus de la bande originale de »The Assassination of Jesse James » » figurent sur »White Lunar » des composition écrites pour le film » The proposition » (2005), mais également pour l’adaptation au cinéma de roman de Cormac McCarthy »The Road » ainsi que des documentaires (« The English Surgeon » »The Girls of Phnom Penh ») qu’une poignée d’inédits. Au total près de 1h45 de musiques contemplatives, dépouillées et fantomatique, aux tonalités claire-obscures, et à  vrai dire totalement captivantes »que l’on ai vu les images ou pas. (4.5) Benoît Richard
Mute/EMI – sept. 2009

mehdiDJ Mehdi – Red Black and Blue
DJ Mehdi, pensionnaire du label Ed Banger, nous a concocté pour cette fin d’année 18 remixes rassemblés dans un album intitulé »Red, Black & Blue » l’occasion de vérifier encore une fois tout le talent du bonhomme lorsqu’il s’agit de se réapproprier le son des autres pour de le faire sonner à  la sauce Mehdi. Car il n’y pas vraiment tromperie sur la marchandise, le son groovy funk si reconnaissable de Mehdi s’adapte parfaitement bien aux morceaux de Chromeo, Joakim, Seb Martel ou Sébastien Tellier et leur donne une rondeur fort appréciable. Au final, un mix bien équilibré, sans temps mort et à  écouter sans retenue. (4.0) Benoît Richard
because music – nov. 2009

Arnaud Rebotini – Music Components Rev 2
Il y a quasiment un an jour pour jour après la sortie de »Music Components » le premier album de Arnaud Rebotini sous son propre nom et surtout le meilleur album d’electro de 2009, sortent les remixes signés entre autres par Chloé, Jesper Dahlback, Blackstrobe, Discodeine ou Xaver Naudascher. Sans vraiment dénaturer la musique de Robotini et sans apporter énormément de bouleversement non plus par rapport à  ce que l’on avait pu apprécier avec les titres originaux, les producteurs en charge du projet livrent une compilation de remixes de bonne facture finalement assez sage et peut-être trop respectueuse de la version originale. Dommage. (3.5) Benoît Richard
Citizen /Module – oct. 2009

Emily Jane White – Victorian America
On avait découvert Emily Jane White l’an passé avec »Dark Undercoat » un très joli album de country/folk teintée de pop, assez sombre par moment mais qui laissait entrevoir un certains talent de composition, dans un style très proche de celui de Cat Power. A l’aube de ce nouvel album, l’impression se confirme. D.’abord celle de tenir là  plus que jamais une sérieuse concurrente pour Chan Marshall, à  tel point que par moment on se demande si ce n’est pas elle qu’on est en train d’écouter. Moins dépouillé, plus arrangé que le précédent mais pas forcément meilleur, »Victorian America » séduit encore mais ne surprend plus. Manque peut-être à  cet album une once d’originalité, des compos plus osées, plus risqu »es qui ne laisseraient pas au final l’impression d’avancer sans cesse en terrain balisé et d†˜avoir déjà  entendu tout ça avant chez d’autres. (3.5) Benoît Richard
Talitres – oct. 2009

Domotic & My Jazzy Child : Chansons d’été
Quand deux passionnants artistes de la scène indé française de ces dernières années (Domotic & My Jazzy Child) se mettent ensemble c’est pour réaliser un album de pop moderne. Ayant tout deux touché autant à  la musique électronique qu’à  la pop ou au folk, Domotic (Stéphane Laporte) & My Jazzy Child (Damien Mingus, la moitié de Centenaire), proposent cette fois un EP bien dans la lignée des Animal Collective et autre Grizzly Bear avec 5 supers titres, aussi surprenants que colorés, plein de mélodies, de sons divers, d’instruments de toutes sortes, de voix en choeur, de mains qui claquent »Bref, voici une collaboration qui fonctionne bien et qui, espérons-le, débouchera très vite sur un album. Car autant de promesses dans un si joli Ep, ça ne peut rester pas sans suite ! Et tout ça est téléchargeanble ou achetable sur le site de L’amicale Underground. (4.0) Benoît Richard
L’amicale Underground. – septembre 2009

 

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