Richard Hawley – Truelove’s gutter

richard_hawley_trueloves_gutter.jpgSomptueux.
Pas la peine de s’éterniser sur un disque qui semble, lui, promis à  l’éternité : le dernier Richard Hawley est peut-être LE disque que j’attendais impatiemment depuis cette année. Un disque à  la fois simple et grandiose, touchant et audacieux, d’une classe folle mais aussi beau à  pleurer. Truelove’s gutter condense tout cela à  merveille, et place enfin Hawley parmi les musiciens et chanteurs anglais incontournables.

Dès le premier morceau, sa voix de crooner dandy mais fatigué, semble sortir de limbes sonores, des nappes de synthés douces et mélancoliques. Il nous caresse dès le début, affole nos sens qui se perdent dans l’émotion franche de Open up your door, chanson presque conventionnelle et déjà  entendue si ne s’y mêlaient pas une orchestration aux petits oignons, avec montée en puissance déchirante et parfaite. Déjà , Mister Hawley côtoie Elvis, Scott Walker et Sinatra. Mais ce sont aussi Roy Orbison ou même Willie Nelson et Tim Hardin qui semblent des présences fantômes sur le troisième et splendide Ashes on the fire.

Je peux continuer tout l’album ainsi tant tout est majestueux, sans fausse note, parfait, de la première à  la dernière note (le final Don’t you cry de plus de dix minutes, tout aussi grandiose que les autres titres). L’ex-guitariste de Pulp a peut-être enfin atteint le climax de son oeuvre, dans ce »caniveau du véritable amour » à  la fois sombre et délicat, à  l’instar de la pochette, où son visage dans l’obscurité offre une légère lueur sur la crête de son profil. Dans les huit titres qui composent ce chef-d’oeuvre, sous la noirceur des propos et la lenteur magnifique des morceaux qui s’offrent patiemment, on trouve toujours la trouée d’échappement, le souffle d’air chaud, le hublot coloré qui évite à  l’ensemble de tomber dans l’ennui ou le morbide. La classe, tout simplement.

« Si la musique ne te donne pas l’envie de baiser, de boire, de danser, de pleurer, c’est de la merde.« 

Holy Richard. Il donnerait presque envie de croire en Dieu. Et pour cause : sa musique côtoie enfin et pour longtemps les cieux.

Jean-François Lahorgue

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Editeur : Mute / Virgin
Date de parution : septembre 2009.

Tracklisting :
1. As the dawn breaks
2. Open up your door
3. Ashes on the fire
4. Remorse code
5. Don’t get hung up in your soul
6. Soldier on
7. For your lover give some time
8. Don’t you cry

Plus :
Le site de Richard Hawley
Sa page Myspace
Page vidéos de Google
L’album sur Spotify

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