Patrick Watson – Wooden arms

watsonPour Patrick Watson il y aura toujours un avant et un après »Close To Paradise ». Cet album aura permis au groupe canadien de devenir la coqueluche et de la critique et du public ; certains voyant en eux le retour du Messie. Après avoir sillonné les quatre coins du globes pour défendre sa musique, Patrick Watson revient avec un nouvel album, »Wooden Arms » sorte de carnet de voyages de ces deux années d’errance mais aussi plongée dans l’univers onirique de son auteur

L’objet était pour le moins très attendu, forcément. Et on peut dire que l’on n’est pas déçu »Wooden arms » est un album homogène qui s’écoute comme un rêve. Le parti pris est pour le moins risqué car des morceaux incisifs comme »Drifter » présent sur le précédent opus, ont été écartés de cette nouvelle livraison. Pas de single évident mais un vrai album que l’on a envie d’écouter d’une traite »Wooden arms » se vit comme un riche camaîeu d’ambiances où Patrick Watson semble prendre son inspiration principale dans la fin du 19è siècle. Qu’on se rassure, tout ceci reste bel et bien »rock » avec des mélodies touchantes, des moments à  la beauté immédiate (le folk »A man Like you ») et toujours cette voix à  faire pâlir de jalousie Jeff Buckley, si celui n’était pas déjà  mort, et des envolées mélodiques qui pourront peuvent énerver tous les. Mais les Canadiens mêlent à  leur background originel certains aspects de musique française fin 19e justement (un quatuor à  cordes savamment utilisé, un piano qui cite explicitement Satie) ainsi que des idées alertes renvoyant à  la musique de foire (notons une utilisation presque permanente de percussions métalliques ou de marimbas qui rendent la musique bringuebalante ou encore une rythmique avinée de carrousel sur »Traveling salesman ») »Wooden Arms » pourrait être la BO d’un film aigre-doux, entre céleste et terrestre, où l’on trouverait quelques freaks derrière les décors bigarrés en panneaux de bois peint. Une musique entre velours et gadoue, entre boudoir et ruelles coupe-gorges, entre le sophistiqué le plus précieux et le sordide le plus cru. Dans cet album à  plusieurs étages, Patrick Watson semble avoir rapporté avec lui des sons directement inspirés par ces voyages. On ne sera donc pas étonné de retrouver ici un titre au charme effervescent appelé Beijing, de retrouver en filigrane de la musique napolitaine sur le morceau-titre ou des influences New Orleans sur »Big Bird in a small cage ». Quant à  l’insaisissable »Down at the beach » il a le parfum discret de l’Amérique du Sud.

Toutes ces influences éparses se télescopent ; on aurait pu craindre l’indigeste et l’indigent d’avoir voulu trop charger la barque et risquer de faire chavirer le navire. Eh bien, non ! Le miracle est là , sans doute du à  un dosage parfait, à  un subtil mélange des saveurs : la musique a l’ivresse de l’absinthe, vous emporte dans les paradis artificiels de ses auteurs et parfois ne vous fait plus toucher terre »Wooden arms » a tout de la grande oeuvre. Elémentaire, mon cher Watson.

Denis Zorgniotti

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Tracklisting
01. Fireweed
02. Tracy ‘ s waters
03. Beijing
04. Wooden arms
05. Hommage
06. Traveling salesman
07. Big bird in a small cage
08. Down at the beach
09. Man Like you
10. Where the wild things are
11. Machinery of the heavens

Label : Tôt ou Tard / Warner
Sortie : 28 mai 2009

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