Kim – Mary lee doo

kim.jpgS.’il est un artiste hexagonal dont la production désormais pléthorique est restée injustement confidentielle, c’est bien Kim Stanislas Giani aka Kim ; qui a tout de même lancé sa première galette à  seize ans, en 1994 alors que la britpop allait balancer Parklife et Definitely maybe, juste pour situer l’époque.

Et qui continue depuis, à  nous gratifier de régulières cartes postales musicales. Mais d’étiquette et de carrière, comme Beck ou Todd Rungren, le bonhomme n’a cure ; et se contente de produire, produire, produire, au gré des labels qui veulent bien l’accueillir et de genres musicaux balayés, qui vont de la folk du Beck de one foot in the grave en passant par Ben Kweller, le punk, le funk américain, la new wave, l’Herman Düne ou le John Lennon et jusqu’au Syd Barrett.
Il tourne depuis toujours. Il,  joue, compose, régulièrement en version dépouillée, multiinstrumentiste et inspirée. En 2008, il publie chez Vicious Circle l’album Don Lee doo dont ici à  Benzine j’ai eu l’occasion de dire tout le bien que j’en pense. Mary Lee Doo est le second album de ce qui sera peut-être une trilogie en doo, et aussi accessoirement dix-huitième album réel au compteur de l’artiste.

Omnichord (qu’il a d’ailleurs prété à  Olivia Ruiz pour elle panique), orgues, synthés sixties, batteries martiales, maracas, gimmick pop (ba-ba-ba-bam-ba-ba-bam) sont de la partie pour un album moins abrupt que son prédécesseur. Moins fou aussi suis-je tenté de dire avec une minuscule pointe de regret. Plus accessible en fait, et donc peut-être bien un tout petit peu plus lisse. Et ce quand bien même je suis fan inconditionnel de l’introductif mary lee doo qui me rappelle les compiles  » synthetiser vol 1 à  4  » achetées par mon père fin des annés 80 et ce son un peu suranné mélange de Funk à  la Jackson et des pensées sombres du rock de corbac, qui se faufile de titre en titre, évoquant sans y toucher une époque où j’étais trop petit pour analyser la musique que me balançait la radio.
On songe parfois à  Lennon, parfois à  la twee pop de Belle and Sebastian, parfois aux cassettes de ma jeunesse avec l’animateur copié de la radio qui lançait le titre ; parfois à  Housse de Racket ou aux récents Herman Düne, parfois même à  Air, Sébastien Tellier ou Phoenix »
Au final c’est dans l’autoréférence qu’on le définit le mieux. Kim fait du Kim et perpétue l’esprit de Don Lee doo avec juste un peu plus de facilité. Je continue pourtant à  être fan des arrangements de ces pops songs qui à  défaut de toujours être géniales, sont toujours intéressantes et super bien torchées dans leur résultat ici orienté pop.

Kim c’est de l’orfèvrerie qui se verrait bien devenir Tati Or pour toucher le grand public, c’est du costard sur mesure qui se verrait bien au rayon homme de Gap et Celio.,  l’arrangement est un art que Kim pratique à  la perfection. La maîtrise du mix également. On n’arrive rarement à  fredonner un titre de Mary lee doo aussi aisément que le voudrait une pop song pour radio ado; pourtant on se rend compte que cet album – qui a la bonne idée d’être concentré- arrive à  devenir meilleur à  chaque nouvelle écoute, plus abouti à  chaque perception d’un nouveau détail: un peu plus familier à  chaque passage sur la platine.

Dans un monde idéal tout le monde connaîtrait Kim et il y aurait des chroniqueurs investis par leur magazine pour raconter que ce 18 ième album même écouté au casque montre de premiers signes d’essoufflement du bonhomme, comment il commence à  redonder,  un peu et comment  » c’était mieux avant « . Mais la vraie vie est rarement idéale.,  Alors on glisse ce qui est pour nous le troisième album qu’on connaît bien de Kim au côté des deux précédents, avec la certitude de pouvoir y revenir dans quelques temps avec le même plaisir qu’aujourd’hui,,  aux rayons des valeurs sûres ni surévaluées ni démodables. Efficaces. Point.

Denis Verloes

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Tracklist

01.,  Mary lee doo 3:07
02.,  Solid rock, ,  , 2:25
03.,  My family, ,  , 4:26
04.,  Never come back 2 u, ,  , 2:36
05.,  No one is there, ,  , 3:26
06.,  Solenn, ,  , 4:23
07.,  Lady blue, ,  , 2:54
08.,  Can you here me this way?, ,  , 4:21
09.,  Weblog miracle, ,  , 2:32
10.,  Move on 07:11

Label: Vicious Circle / Discograph
Date de sortie: 28 septembre 2009

Plus+
L’espace Myspace
La chronique de Don lee doo
La vidéo de My Family via Youtube

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