JP Nataf – Clair

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Ok je fais mon mea culpa public. Je suis passé totalement à  côté de plus de sucre, premier album solo de l’ancien leader des Innocents. Je n’étais pas prêt à  l’époque. Et c’est pourquoi j’ai du me moquer des volontés »survivalistes » de JP Nataf, sans arriver réellement à  rentrer dans sa musique. Dans son univers.


Ce qui est fait est fait et il n’est plus temps de se lamenter sur les erreurs passées. Je suis revenu à  Nataf à  la faveur d’Imbécile, où le chanteur était mis à  contribution de l’opéra pop imaginé par Olivier Libaux. OK que je me suis dit, il assure en mid tempo JP.

Et en fait, c’est cette veine d’Imbécile, que Nataf s’en vient titiller de son aiguille, avec clair son deuxième album solo. Je suis tombé sous le charme. Pour deux raisons.

Une raison musicale d’abord. En fait, je ne connais ailleurs en France musicale que Benjamin Biolay pour apporter une telle attention aux arrangements qui viennent soutenir un ballade, une contine douce amère telle qu’en invente JP Nataf. Sur clair qui s’avère plutôt clair-obscur, le musicien déroule un univers calme mais pas apaisé, mélancolique mais pas toujours triste, dans lequel il raconte de petites histoires, ou l’amour et les relations à  l’autre sont toujours évoquées par l’angle du sentiment.

Chaque titre, chaque arrangement, chaque pop/folk inventée par Nataf est comme un écrin aux paroles, qu’ils embellissent, qu’ils magnifient. On peut, comme rarement en chanson française, se laisser porter par ce petit coulis de ruisseau musical où viennent se reposer les dormeurs du val onirique que sont les paroles des 12 plages qui composent le disque. On oublie presque par moments, que Nataf chante en français, tant les paroles savent se faire oublier sous le charme pastoral et rustique de ces ballades colorées en gris.

Une raison littéraire ensuite. Parce que certes, la musique sait donner aux titres de Clair l’aspect d’un verbiage proche de l’écriture automatique »cependant, il suffit de tendre l’oreille, de pratiquer l’écoute plutôt que l’audition pour se rendre compte que clair est aussi un petit bijou d’écriture.

Les mots sont ici choisis avec soin, autant pour leur sonorité que pour leur sens. Les mots sont ici réquisitionnés pour leur aura autant que pour leur qualité à  ne pas avoir été toujours usés par la pop FM. Et même, même quand Nataf verse dans l’écriture impressionniste de seul alone, morceau de bravoure du disque; même quand on perd le fil de l’histoire pour goûter la saveur du ressenti universel, on est toujours frappé par la qualité d’écriture de l’ensemble, par la justesse du terme et son intégration parfaite dans le grand Tout.

Et à  l’addition, quand on empile la musique et les paroles, on se rend compte qu’on tient là  sans doute un des meilleurs albums francophones de 2009, pas loin ou à  côté de La Superbe de Benjamin Biolay. En 2009 au moins, la chanson française  » qui ne passe pas à  la radio  » a prouvé sa noblesse artistique. Merci pour clair, monsieur Nataf.

Denis Verloes

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Tracklist

01.,  Myosotis, ,  ,  3:43
02.,  Clair, ,  , 3:35
03.,  Elle, ,  , 4:08
04.,  Viens Me Le Dire, ,  , 4:13
05.,  Monkey, ,  , 3:59
06.,  Après Toi, ,  , 3:19
07.,  Seul Alone, ,  , 9:57
08.,  Clamecy, ,  , 0:50
09.,  Les Lacets, ,  , 3:40
10.,  Le Radeau, ,  , 5:07
11.,  Un Jour Sans Erreur, ,  , 4:09
12.,  A Mandoline, ,  , 4:23

Date de sortie:</p>9 novembre 2009
Label: Tôt ou tard / Warner

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