La Merditude des Choses

affiche_2.jpgLa Merditude des Choses, troisième film du belge Felix Van Groeningen, marie le pire et le meilleur, le sordide et la grâce et se résume idéalement à  l’image d’une fleur poussant sur un tas de fumier. Adapté du best-seller de Dimitri Verhulst, le long-métrage met en scène les Strobbe, une fratrie détonante composée de cinq frères, tous plus machos, picoleurs et fumeurs les uns que les autres, réunis autour d’une mère veuve qui a bien du mal à  contenir les débordements de sa marmaille revenue au bercail suite aux différents accidents de la vie. Un des cinq a même eu une vie amoureuse qui a donné le jour à  Gunther, devenu un jeune ado de 13 ans qui peine, de son côté, à  se construire et à  trouver sa place.

En dépit d’un titre peu engageant et de traits parfois grossièrement appuyés, le film mérite d’être découvert et de passer outre les premiers désagréments. Felix Van Groeningen ne fait en effet pas dans la dentelle et accentue jusqu’à  la caricature grand-guignolesque les comportements de ses personnages, espèce de famille Groseille à  la puissance cent. Mais nous sommes là  davantage dans la farce que dans la stigmatisation tant la tendresse que voue le réalisateur à  cette bande d’hurluberlus jamais jugés perce l’écran. Essentiellement centrée sur la vie quotidienne de Gunther, la narration se déporte sur les événements qui précédèrent sa naissance et sur l’homme qu’il est devenu depuis, : après des années de galère pour trouver sa voie, Gunther vit enfin grâce aux livres qu’il écrit. Ce sont les instants les plus forts qui relatent l’origine et l’épanouissement d’une vocation née paradoxalement dans les punitions sous forme de rédactions que le collégien indiscipliné et retardataire recevait régulièrement.

Une fois encore (sic), le cinéma belge – flamand pour être exact – offre un film décapant à  l’esthétique volontairement crade, à  l’humour iconoclaste, qui possède cependant un coeur gros comme ça. Car l’amour pudique inonde La Merditude des Choses et ses gros beaufs ébouriffés, ripailleurs et, au final, attachants, à  l’instar de la maladresse d’un père paumé qui accepte de partir en cure de désintoxication et de voir son fils choisir l’internat, ou encore de l’affection de ce dernier pour une grand-mère, fine et arrangeante, qui aura d’abord été une mère pour lui.

Si le rire est parfois gras, quelques gags sont follement inventifs comme ce Tour de France dans une caravane où la descente de litres de bière remplace l’ascension des cols. Souvent grossier et osant tous les excès avec un entrain communicatif jusqu’à  la reconstitution colorée et déjantée des années 80, le film évite cependant toute forme de vulgarité en prenant ses personnages pour ce qu’ils sont, sans les ostraciser ni les sacraliser.

Patrick Braganti

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La Merditude des Choses
Film belge de Felix Van Groeningen
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h48
Sortie : 30 Décembre 2009
Avec Johan Heldenberg, Koen De Graeve, Pauline Grossen….

La bande-annonce :

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