Vampire weekend – Contra

contra.jpgVisiblement je vais avoir du mal à  lever une armée. En effet, au sein même de Benzinemag, il se trouve une kyrielle de révolutionnaires,  qui comparent au mieux contra,  à  une aimable bluesette, au pire à  une retape éhontée de UB40. Si si j’ai les noms. Alors je prends mon bâton de pèlerin, j’enfile ma robe de bure et je me permets de vous signaler que Contra (de confiance) moi j’aime beaucoup. Et le récent passage du groupe en mode semi acoustique pour une des sessions de la Blogothèque en soirée de poche filmée pour Arte a fini de me convaincre. Contra est bien parti, à  mon avis, pour être le premier album sous-estimé de 2010.


Commençons par l’indéniable. Contra-airement au premier album, les titres semblent effectivement asssagis. Disons plutôt que sage et ronflant, qu’on navigue au fil de l’album un peu constamment au sein du même univers global c’est vrai, et que cette unité de teinte peut en lasser certains surtout s’ils ont apprécié le premier opus pour ses vertus rock. Dans cet univers global, métissant la tradition pop anglo-saxonne et beaucoup de sonorités africaines, on se rappelle nos jeunes années et le porte-drapeau qu’en fut un jour Peter Gabriel pour son rythm of the saints, sans qu’on sache vraiment sil s’agit ou non d’une comparaison flatteuse pour le groupe.

Oui mais pour le reste ma bonne dame? Pour le reste il y a pour ma part mille raisons de s’enthousiasmer alors on en garde ici que quelques unes. D.’abordon constate la force mélodique. Qu’elles soient guitarisées, bruitées, percussionnées ou hurlées, les mélodies de Vampire weekend font perpétuellement mouche. Les bougres ont posé un cierge au pied de quelque christ réincarné pour que ce second opus paru pourtant peu de temps après la première dose, ne soit pas qu’une mauvaise collection de faces B pondues à  la va vite. Faites le test, au bout d’une écoute complète déjà  des titres comme horchata, se glissent dans le ciboulot pour y venir perpétuellement hanter les neurones.

Il y a ces mélodies imparables donc. Imparables oui. Mais il faut néanmoins avoir la force ou l’audace de se laisser du temps en sa compagnie. Je dois avouer qu’une première écoute disrète m’avait fait d’abord penser à  un disque insipide. En fait parce que rien n’est ici ni tapageur ni trop évident. l’album ne se donne pas à  la première écoute. Il y a ce sens du rythme impeccable, même quand un accord est arrêté net ou une qu’une voix qui hurle appuie le propos défendu par le groupe. C.’est ce rapport méfiant à  l’évidence, au premier degré, qui apparait de fait comme une intelligence à  ne pas supporter la redite,,  -qui trouve son illustration jusque dans le ton de l’album-.

La seconde richesse de l’album est la force de sa production, qui met en évidence les arrangements. La guitare, quelques cuivres et des instruments qu’on a l’habitude d’entendre plutôt dans les musiques africaines ou le ska, prennent vie sous la bouche et les doigts de Vampire Weekend.,  Il est des groupes qui noient le public dans un déluge de bruit. Vampire Weekend l’enivre avec des chansons aux petits oignons d’autant plus simple à  retenir qu’elles sentent pourtant la sueur et la recherche instrumentale. Un disque de Vampire Weekend c’est aussi une »belle » musique qui sonne aux oreilles dont on ne perçoit pas l’odeur de sueur et de prise de tête que pourtant on ne peut que deviner.

Il y a aussi, et c’est sans doute l’élément qui me servira le plus ici, une sacrée dose de kif primaire et pop pour l’auditeur, pour peu qu’il veuille bien prendre le temps de pousser le premier rideau. Les chansons de Vampire weekend sont de celles vers lesquelles on revient, une fois le stade de l’analyse passé et celui de la timide rencontre révolu. Il n’y a guère de titre qu’on ait finalement envie de jeter. A moins qu’une balade en fin d’album, mais encore, dans le flot elle passe bien. l’album initial donne envie d’enquiller avec Contra et Contra de se replonger dans le premier opus. l’air de rien il y a peu de groupes à  qui on peut réserver le luxe de ne pas faire suer au bout de deux galettes. Et si Vampire Weekend continue à  faire de soi-disant mauvais albums de l’envergure de contra, vivement qu’ils nous en sortent un bon pour qu’on décède d’exstase sur le champ. Non, n’écoutez pas les ragots. Une fois la première appréhension passée, Conra est un album redoutable qui pourrait c’est tout le mal qu’on vous souhaite, réserver de très très bonnes surprises lors des prestations scéniques.

Denis Verloes

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Tracklist

01. Horchata, ,  ,  3:26
02. White Sky, ,  , 2:58
03. Holiday, ,  , 2:18
04. California English, ,  , 2:30
05. Taxi Cab, ,  , 3:55
06. Run, ,  , 3:52
07. Cousins, ,  , 2:25
08. Giving Up The Gun, ,  , 4:46
09. Diplomat’s Son, ,  , 6:01
10. I Think Ur A Contra 4:29

Date de sortie:11 janvier 2010
Label: XL recordings / Beggars / Naîve

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