Atlas Sound – Logos

atlassound.jpgIl en va d’Atlas sound comme il en allait, il n’y a pas si longtemps, de The Avalanches ou de M83 et Arca. Logos est avant tout une affaire d’impressions. On navigue dans un scope large essentiellement électronique, qui va de la trip hop à  la dépression et au post rock, avec des étapes au pays du funk et d’autres sur des territoires pop hommages non voilés à  Stereolab.

Bradford Cox en goguette de Deerhunter lâche son premier album comme ça discrètement fin 2009 et il n’en faut pas plus pour qu’une partie des chroniqueurs chez Benzine le place immédiatement dans son top annuel. J.’aurais pu mais je l’ai découvert trop tard. Et c’est vrai qu’il est parfait cet album de l’Américain qui convie d’ailleurs la trop rare Laetitia Sadier (Stereolab) à  le rejoindre sur un des titres du freakien Logos (La pochette montre un malade à  la déformation de la poitrine qui résonne étrangement quand on sait que Bradford Cox est lui-même atteint du syndrome de Marfan.)

Je sais que ça parait idiot mes comparaisons ferroviaires, mais Atlas sound s’accommode aussi bien du stress d’un wagon de métro blindé par une grève nationale que d’une moyenne distance lénifiante en train interrégional. Et la dualité n’est pas évidente à  réussir. Logos est un monstre dans le sens le plus Lynchéen du terme, mais aussi au sens Latin qui évoquait un événement incroyable apparu très rarement dans l’histoire du monde. On se réjouit autant des sonorités et de l’ambiance mid tempo qui se dégage de l’album, que du nuage de brume qui entoure l’ensemble, qu’on croirait évadé de Twin Peaks ou de Mullholland drive.

Atlas sound est aussi un nouveau (n ième) témoin de l’assimilation des musiques électroniques au creux des musiques tout court. Il n’y a plus ni barrière ni limitation. On passe de la pop à  guitare à  l’intelligent techno façon ,µZiq ou Aphex Twin. Et du rock de Mogwai à  l’électronique de Air. Et comme chez les Avalanches cités en début de critique, la gageure est ici de rendre homogène derrière l’atmosphère, des éléments, sons et genres qui auraient ailleurs eu beaucoup de difficultés à  vivre ensemble. Atlas Sound est comme une avalanche triste.

Se baladant amplement au fil d’un kaléidoscope sonore cabossé, Atlas Sound n’est pas que  » encore  » un nouvel exemple de technologie contemporaine, cosmopolite et métissée. C.’est aussi et de loin, par l’enchaînement des réussites autant que par la construction millimétrique de chaque titre, l’album de musiques électroniques qui m’a le plus scotché ces derniers temps.

A éviter tout de même les jours de mélancolie, parce que je ne suis pas sûr que l’écoute ne provoque pas quelque accroissement irréversible de la pathologie sous les coup de boutoir discrets d’un filtre synthétique; mais indispensable le reste du temps. Atlas Sound vous ouvre les porte de la caravane de l’étrange, quelque part dans une vallée américaine faite de pics jumeaux. Indispensable.

Denis Verloes

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Tracklist
01. The Light That Failed 4:47
02. An Orchid 3:05
03. Walkabout (feat. Noah Lennox) 3:58
04. Criminals 2:55
05. Attic Lights 3:44
06. Shelia 3:32
07. Quick Canal (feat. Lætitia Sadier) 8:38
08. My Halo 3:16
09. Kid Klimax 2:59
10. Washington School 3:25
11. Logos 3:28

Label : 4AD/beggars/naîve
Date de sortie :20 octobre 2009

Plus+
Le site officiel (Myspace)
Le site de Deerhunter
Les vidéos via Google
Ecouter l’album sur Spotify

Atlas sound live à  Paris via Youtube

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