Cypress Hill – Rise up

cypresshill.jpgIl y a des groupes comme ça dont avec le temps on finit par ne plus attendre grand-chose. On dira plutôt que l’attente est inversement proportionnelle à  la longévité et que la durée en musique est parfois aussi synonyme de cimentage de tics et méthodes qui finissent par ne plus plaire qu’au fans. Cypress Hill prouve ici le contraire. Et ce n’est pas pour me déplaire.

Cypress Hill pour moi ce sont mes 15 ans. l’arrivée du hip hop dans la cour de l’athénée. Le début des pantalons en jean tellement délavés qu’ils finissent blancs. De la baseball cap et de mon pote David qui achète plein de vinyles, passe des Doc Martens coquées qu’il découpe à  hauteur de la coque pour faire briller le devant de ses grolles. Il y a le réveil de Public Enemy porté en bandoulière sur les graphitis de mon banc et l’avènement prochain de Insane in the membrane« bien avant d’ailleurs de fumer mon premier joint (oui parce qu’à  l’époque c’était encore un certain tabou).

Cypress Hill ce sont ensuite des relations épisodiques. Los grandes exitos dans l’appartement à  Paris avec les collocataires de ma moitié et Stoned Raiders récupéré en MP3 sur Kazaa ou Napster je ne sais plus. La seule chose qui manquait dans ce retour épisodique, c’était l’enthousiasme de la découverte. La valeur sûre ayant remplacé la baffe.

Rise up n’est pas une baffe. Mais l’album est construit comme un sacré coup de pied dans les couilles sociales. l’album est un peu construit comme l’opéra rap de l’histoire de Cypress Hill, ponctué d’intermèdes qui rappellent d’où vient et où va le groupe. Et autant prévenir très vite les smokers de l’assistance »Rise Up tient plus de Body Count ou de Beastie Boys époque ill communication que des fumettes de ganja au coin du feu.

En s’associant sur plusieurs titres avec l’ex guitariste de Rage Against the Machine et son jeu grondant d’un feu sacré de révolte Rise Up rappelle les années Pogo, le point en l’air dans les soirées de Lycée. Cypress Hill réussit une équation à  deux variables.

La première consiste à  poser une dizaine de titres super produits mélangeant rap et rock ou rap et pop sans tomber dans l’écueil d’un certain intellectualisme des références (dans lequel IAM était tombé avec Revoir un printemps.). La maîtrise du genre Rap et de ses fleurons est ici évidente, mais elle n’est pas du tout mise en avant comme une carte de visite qui dirait  » moi je sais, j’y étais y.’a 20 ans coco  » Non. Juste autant de méthodes moulinées pour passer de la guitare au sample et du sample à  la bidouille électronique portée par un flow incisif mais enfumé.

La seconde variable de l’équation Cypress Hill sur Rise up est sa maîtrise de la mélodie. Qu.’ils abordent les territoires de Rage Against the Machine ou des productions qu’on croirait évadées des Neptunes ou De la Soul, Cypress Hill maîtrise la mélodie. Qu.’ils fassent oeuvre de quasi reprise sur Pass the joint on the left hand side puis le grand écart quasi pop sur Bang Bang, Cypress hill envoie du flow et du rythme qui hantent immédiatement l’utilisateur.

Simple, incisif, faisant rimer ganja et énergie (au contraire de l’habituel éther amorphe dans lequel semble plonger la musique de consommateurs) Rise up est un petit brûlot balancé comme ça, sans prétention dans une industrie musicale qui ronronne.

On y sent le pouvoir de production et l’envergure des groupes de majors. On y boude pas son plaisir et on ne cherche aucunement à  intellectualiser le kif simple et contestataire qui se dégage d’une écoute énergisante. On pense un peu au New whirl odor de Public Enemy, Et on se surprend, ensardiné dans un wagon de métro à  vouloir mettre le bras en l’air sautant en repoussant ses condisciples de galère.

Attention, l’excès de Cypress Hill peut provoquer des bouffées délirantes de pogo.

Denis Verloes

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Tracklist
01. It Ain’t Nothin’ (Feat. Young De) [Explicit] Cypress Hill featuring Young De 4:01
02. Light It Up [Explicit] Cypress Hill 3:17
03. Rise Up (Feat. Tom Morello) [Explicit] Cypress Hill featuring Tom Morello 3:50
04. Get It Anyway [Explicit] Cypress Hill 4:20
05. Pass The Dutch (Feat. Evidence And The Alchemist) [Explicit] Cypress Hill featuring Evidence and The Alchemist 3:20
06. Bang Bang [Explicit] Cypress Hill 3:49
07. K.U.S.H. [Explicit] Cypress Hill 4:57
08. Get ‘Em Up [Explicit] Cypress Hill 3:53
09. Carry Me Away (Feat. Mike Shinoda) [Explicit] Cypress Hill featuring Mike Shinoda 4:07
10. Trouble Seeker (Feat. Daron Malakian) [Explicit] Cypress Hill featuring Daron Malakian 3:39
11. Take My Pain (Feat. Everlast) [Explicit] Cypress Hill featuring Everlast 3:37
12. I Unlimited [Explicit] Cypress Hill 4:24
13. Armed And Dangerous [Explicit] Cypress Hill 3:27
14. Shut ‘Em Down (Feat. Tom Morello) [Explicit] Cypress Hill featuring Tom Morello 3:26
15. Armada Latina (Feat. Pitbull And Marc Anthony) [Explicit] Cypress Hill featuring Pitbull and Marc Anthony 4:04

Label: Priority / EMI
Date de sortie: 19 avril 2010

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