Zizi the kid, de David Abiker

zizithekid.jpgJ.’aime David Abiker le journaliste. Je suis assez assidu de ses chroniques web le matin sur France Info. J.’aime le David Abiker blogueur et expert ès réseaux sociaux. Ses twits sont provocateurs, amusants ou juste malins et ça me convient plutôt bien. Je ne connaissais pas le David Abiker romancier, enfin sauf par les collègues féminines qui me parlaient de  » livres frais et distrayants, pas forcément de la grande littérature quoi » » étonnamment ponctué d’un sourire canaille au coin des lèvres qui signale qu’elles ne seraient pas contre l’idée de faire leur quatre heures, de l’auteur lui-même.

Grâce et hasards des réseaux sociaux, David Abiker m’a demandé par internet si je voulais voir son zizi, parce qu’il est bien connu, depuis Sainte Nadine et le député Masson, que le web n’est qu’un ramassis de pervers sexuels. Mouarf.,  Non en fait juste parce que je l’avais sollicité pour une playliste Benzinemag, et une chose en amenant une autre »

Et la playliste, le petit livre frais et distrayant de David Abiker en fait une sorte de fil rouge. Zizi the kid est moins une aventure Rocco Sifredienne de son auteur qu’un prétexte. David Abiker change le nombrilisme cher aux auteurs français actuels,  en zizi-à -bout-rondisme. Et l’organe de l’auteur sert de lorgnette, petit bout par lequel David Abiker l’être humain nous raconte ses jeunes années. On apprend ainsi que son double littéraire (parce que le roman n’est pas vendu comme une biographie) a vécu un temps près de le La Défense à  Paris, bien avant la grande Arche, sous la jupe d’une maman couturière et les,  volants fripons des clientes de passage pour un essayage. Le David sur papier conte ses amitiés de cour de maternelle et de primaire, les baffes du cousin Philippe, ses premiers émois,,  ses premières rencontres. Il y met tout ce qui fait à  20 ans qu’un homme a fini son développement physique et hormonal et qu’il a réussi à  trouver au sein de sa propre famille qui sont ceux à  détester et ceux qui restent pour toujours des alter ego partageant le même sang.
Alors oui, oui »Le roman de David Abiker n’est pas un sommet de littérature initiatique pour faqueux analytiques ou férus de littérature difficile. Le Zizi the Kid s’avale en deux heures,  et ne laisse pas sans doute le souvenir impérissable de Candide,,  LE rouge et le Noir ou Notre Dame de Paris. Pourtant ».

Pourtant, au-delà  de ce qui apparaîtra sous forme de simplicité ou de la vacuité même pour les thuriféraires du bon goût,,  au-delà  de ce que moi-même j’ai envie (pour satisfaire mon côté kéké de Paris) d’appeler un  » livre de plage  » qu’on hésite pas à  prendre pour quelques pages en toute distraction: j’aime le concept trublion qui se glisse dans la culotte de l’auteur.
Partir de son zboub pour évoquer le particulier, les souvenirs de jeunesse. Tenter au niveau des roubignolles de passer de cet infiniment personnel aux madeleines de Proust pour une génération entière qui aurait de trente à ,  quarante ans en 2010.

Il y a les premiers émois hédonistes avec les Playboys usagés, le catalogue des 3 suisses, la découverte du vibromasseur,,  le truc bizarre avec une fille, les premières questions de longueur, les premières vantardises des copains, l’hésitation entre l’âge plus adulte et la panoplie de super héros, le rapport au père et à  la mère de coquelet en devenir »autant de petites touches qui ont fait un jour le quotidien de chaque futur homme, même si chacun avait ses variantes.
Amusant d’imaginer que ces petites  » touches  » très masculines seront sans doute lues par plus de femmes (attirées par la photo de gosse beau du David de la couverture) que d’hommes, au destin pourtant parallèle.

Il y enfin un constat sociologique intéressant, pour tout qui n’a pas passé sa prime jeunesse sur les bords de la scène : qu’on habite à  Paris ou Bruxelles, ce sont les souvenirs,  futiles des desserts quotidiens ou de la chanson mal comprise qui passait à  la radio, dont on finit par se rappeler à  l’âge de raison.

Et qu’importe si les,  Daninos de David Abiker s’appelaient sans doute Cent Wafers du côté de Bruxelles, avec son roman que l’objectivité m’oblige à  qualifier de  » mineur  » l’auteur m’a replongé le temps de la lecture oisive dans un univers Bruxellois des années 80, pas si éloigné finalement des préoccupations érotiques du Bibi Fricotin de Courbevoie . A emporter sur la plage, quand le soleil sera revenu, entre les bikinis et la serviette de plage. Glisser le zizi the kid de David Abiker dans les effets personnels de chaque dame en petite tenue, je suis sûr qu’au-delà  de ma chronique un peu vacharde l’auteur en rêverait secrètement.

Denis Verloes

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Zizi the kid, de David Abiker

Poche: 204 pages

Editeur, : Robert Laffont

Date de sortie: 20 mai 2010

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