Holly Miranda – The magician’s private library

Hollymiranda.jpgHolly Miranda est américaine. Elevée dans une famille fondamentaliste religieuse de la banlieue de Detroit,  lit-on dans la bio. Elle chantait à  l’église, mais je ne suis pas sûr que ce soit là  que la jeune femme à  frange ait appris à  chanter en convoquant les éthers.

Kanye West adore, parait-il ce petit bout de femme enfant (imagerie désormais habituelle de la chanteuse éthérée). La scène new yorkaise porte aux nues la désormais brooklynoise, mais pas uniquement pour sa plastique irréprochable ou son album arrivé chez XL recordings après avoir failli être enlevé par un agent mafieux. Pas seulement non plus parce qu’elle est en passe de devenir une icône lesbienne, elle qui déclarait dédier ses chansons d’amour principalement à  des filles.

La jeune femme a commencé en groupe avec The Jealous Girlfriends avant de se lancer en solo. Avant d’attraper sa seule guitare. Avant de séduire David Sitek (Tv on the Radio) qui a décidé de produire son album. Une rencontre qui doit sans doute beaucoup à  la résussite de cet album à  la jolie pochette poétique.

Dans les critiques que j’ai lues, pour vérifier ce que je présumais, on la compare souvent à  Feist et Cat Power, qui sont en passe de devenir les mètres étalons de toute chanteuse en mode mineur à  la voix menue.,  Et c’est bien normal en fait, puisqu’elles ont été les pionnières. A mon sens la force et le charme de l’album ne découlent en fait qu’assez peu de la voix de Miranda, somme toute assez interchangeable dans le paysage des albums actuels. Le charme découle indubitablement de la fragilité apparente -arme de la belle- et de cet univers en gris clair que son chant ou son écriture parviennent malgré tout à  imposer au travers de son organe fluet, angélique, ingénu.

Et la réussite (durable?) de The magician’s private library découle bel et bien de la production du mage Sitek. Guitares électriques, instruments jouets, synthés en prise directe avec le tout début des 90’s donnent à  cet album une ampleur et une aura sépulcrale, que n’aurait jamais atteint la jeune femme armée de son seul duo voix+guitare.

Cumulée à  l’image aérienne et à  la fragilité apparente, la musique semble être adressé par quelque archange de passage. L’espace sonore est rempli de subtilités. Il y a peu de places pour le silence. On convoque en même temps le trailer park de Beth Orton pour la bidouille électronique et Mazzy Star pour l’atmosphère avec quelques crochets par les contrées de Julee Cruise quand elle travaille avec Lynch.

Quant à  savoir si l’album durera plus d’une saison… Je peine à  le croire, remplacée que la belle sera par une plus jeune, plus fragile, plus homo ou plus hype à  la prochaine saison. Mais en parlant de saison, voici un album qui s’accomode parfaitement de cet après-midi alternant orages et éclaircies, au milieu de l’été 2010

Denis Verloes

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Tracklist
01. Forest Green Oh Forest Green 2:53
02. Joints 5:58
03. Waves 5:05
04. No One Just Is 3:28
05. Slow Burn Treason 5:57
06. Sweet Dreams 3:57
07. Everytime I Go To Sleep 4:08
08. High Tide 4:24
09. Canvas 2:36
10. Sleep On Fire

Date de sortie: 9 mars 2010
Label: XL recordings/ beggars / Naîve

Plus+
Le site officiel
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L’album via Spotify
Les vidéos via Google

Black Cab Sessions avec Holly Miranda

holly miranda from Black Cab Sessions on Vimeo.

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