J’ai pas tué de Gaulle, de Bruno Heitz

PasTueDeGaulleHeitz.jpgAuteur d’une formidable, mais peu connue, série en bande dessinée (« Un privé à  la cambrousse »), Bruno Heitz est aussi l’auteur d’une adaptation fort réussie du »roman de Renart » pour Gallimard jeunesse en 2007 et 2008, mais également de deux livres indispensables sur les instituteurs. Cette fois, il revient avec un polar dans lequel on retrouve le ton et l’atmosphère habituelle de ses livres ; et comme d’habitude, c’est un régal !
Nous sommes dans les années 60, Jean-Paul, un petit mécano sans envergure et pas très honnête décide de monter à  Paris, histoire de fuir sa province où il s’ennuie fermement.Une fois installé dans la capitale, il participe à  une escroquerie à  l’assurance pour le compte d’ un vendeur de voitures, jusqu’au jour il se fait pincer par Fabien, son ami d’enfance qui le contraint à  participer des actes terroristes »

Avec son trait de crayon reconnaissable entre mille, Bruno Heitz nous plonge dans la France des années 60, celle où l’on roule en 403 et en DS, et où la guerre d’Algérie exalte les sentiments, surtout ceux de Fabien, membre de l’OAS, colonialiste convaincu et bien décidé à  régler son compte à  De Gaulle. Il engage Jean-Paul pour diverses filatures et surtout comme chauffeur pour quelques équipées meurtrières.

Polar politique »à  l’ancienne » mené de main de maitre, »J.’ai pas tué de Gaulle » » rappellera certains romans de Simenon mais aussi des films français des années 70/80. Il évoque la question de l’engagement politique mais aussi de l’indifférence et de la solitude à  travers le personnage de Jean-Paul, un garçon pas méchant mais lâche et sans scrupule.
Avec son dessin rond et naîf, presque vieillot (diront certains) et son sens de l’humour et de la narration si caractéristique, Bruno Heitz réussit pourtant le pari de nous tenir en haleine de bout avec une histoire abracadabrante, toujours surprenante et qui donne au final un livre des plus réjouissants qui soient.

Benoît Richard

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J’ai pas tué de Gaulle mais ça a bien failli
Scénario & dessin : Bruno Heitz
Editions Gallimard/Bayou
128 pages coulers – 17€¬
Parution : mai 2010

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