L’Heure du crime

crime.jpgLe film commence par un suicide. Dès le début, l’intrigue se noue autour d’une incompréhension qu’il va falloir résoudre au fur et à  mesure que le récit avance. Mais plus le récit avance, plus la logique s’éloigne. Où donc nous mène cette troublante oeuvre ?

Capotondi, dont c’est le premier film, s’amuse à  broder des noeuds autour d’un fil qui semble plutôt clair, au point de nous emmêler jusqu’à  ce qu’il semble impossible de trouver une issue. Son film n’est même pas classable dans un genre précis puisqu’il navigue entre le mélodrame, le fantastique, le policier, le psychanalytique. Ravi de nous perdre dans les méandres, le cinéaste finit par se perdre lui-même en accumulant une série de révélations dont l’improbabilité laisse perplexe. On appréciera la manière dont il nous mène en bateau jusqu’à  un certain point, tout comme son art de la chute, mais aussi faudrait-il qu’il sache lui-même où nous amène ces effets narratifs ; car plus le film explique pour se justifier, plus il s’enfonce dans l’obscurité de la logique au point même d’en perdre tout réalisme. Le style en devient boiteux, accumulant sans raisons des astuces scénaristiques qui n’aboutiront jamais. Le rythme est lui-même dénué de raisonnement ; il faut trente minutes au film pour décoller du mélodrame, auxquelles se greffent deux minutes de thriller, puis vingt minutes de visions et de routine, plus vingt minutes de twists abrupts. Au final, trois minutes pour conclure! Forcément, en perdant le fil on perd l’intérêt, d’autant plus que la mise en scène est d’une pauvreté ennuyante, dénuée de rythme comme de sens esthétique. La laideur et la neutralité des cadres ne peut pas se marier avec un principe d’écriture censé nous fasciner, tout comme le rythme du scénario ne peut réagir face à  une absence de mouvement. Et plus le film voudrait s’éclaircir, plus le retrait est total dans la réalisation. Dans sa poursuite d’une vérité, le film devient vain, abattant toutes les cartes possibles pour que le point final soit notre vertige ; au contraire, en frappant trop fort en plein milieu du film, la suite s’essouffle et finit par ne même plus surprendre. Quelques effets sonores viennent installer la tension, mais rien de plus. On finit même pas se demander si les acteurs sont eux-même convaincus par ce qu’ils interprètent, le cinéaste mettant fin à  leurs personnages au bout d’une heure. Finalement, comble du trop-plein, l’essentiel passe à  la trappe ; quel était ce suicide qui faisait guise d’ouverture narrative ?

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Jean-Baptiste Doulcet

L’heure du crime
Film italien de Giuseppe Capotondi
Genre : Thriller
Durée : 1h35 min
Avec : Kseniya Rappoport, Filippo Timi, Fausto Russo Alesi…
Date de sortie cinéma : 4 Août 2010

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