Ed Harcourt – Lustre

lustreIl y a des artistes comme ça dont Ed Harcourt fait assurément partie qui ont élevé le classiscisme au rang de classe internationale. Ils se comptent sur le doigt de la main : Maximilian Hecker, Richard Hawley, Divine Comedy désormais »

Le bonhomme de trente deux ans, enfile depuis plus de dix ans les perles classiques avec une régularité d’horloge. C.’est sur son propre label qu’il publie lustre, cinquième album, qui a pour choeurs réguliers sa femme et ses soeurs. Affaire de famille. Je dois reconnaître que j’avais un peu lâché les productions du bonhomme pour justement cette régularité linéaire et parce que je n’éprouvais plus les frémissements réguliers qui font que j’ai envie de réécouter un album dans la pléthore de sorties à  écouter chaque semaine.

Ed Harcourt perpétue son mélange de folk aérienne et de rock pop à  tendance piano-esque, ou la richesse des arrangements et leur subtilité est pour beaucoup dans la beauté des chansons à  la patine incomparable. Depuis près de 10 ans c’est sa marque de fabrique et sa limite aussi.

Lustre
se présente comme un nouvel album oui, mais – on a réécouté les 5 du coup, merci les plateformes de streaming- aussi comme une forme de synthèse du travail accompli au fil de ces dix années.
J.’aime beaucoup l’image de Vincent Théval dans Magic, qui parlait de best of dont chacun des titres aurait été composé pour l’occasion. C’est exactement ça Lustre.

Il y a la classe presque dandy, la mélancolie orchestrale, les pistes qui lorgnent du côté de la mélodie qu’on arrive presque à  retenir (un Beatles sans pop, ou un Bono sans the Edge mettons). Les mélodies prennent de l’espace, le chant choral des Langley Sisters (la mille-fa) emporte l’album vers les hauteurs, le charme du bonhomme lui donne de l’importance.

Avec Do as i say not as i do l’album atteint un pic, qu’il met sans doute trop longtemps à  atteindre pour votre serviteur. Ce morceau débridé, et relâché est mon préféré, lui qui laisse entrevoir le vrombissement quasi exceptionnel pour le bonhomme, et peut -être une belle promesse d’avenir mêlant énergie, mélancolie romantique, charme et pop pure et dure.

Difficile en conclusion de dire s’il faut recommander l’album. Non dénué d’un charme exemplaire et d’une efficacité d’élève doué, il ronronne un peu trop sous la mousse pour moi. Même si le bain musical dans lequel il fait ses bulles est une baignoire bordée d’or fin et rempli de lait d’ânesse, même si je sais que l’étudiant modèle sous des dehors moins torturés que par le passé est capable pourtant de verser autant du côté de Sainte Beuve le paria que de Rimbaud l’encensé. Mais il ne tranche jamais dans lustre. Et c’est peut-être ça qui m’énerve en fait. Me rendre compte à  la fois que Ed Harcourt et son album ont de l’or dans les doigts et un sacré bon sang de bon soir de potentiel mais décident de ne pas trop se dépasser.

Je finis ma phrase et je suis à  peu près sûr que toi lecteur tu prends mes arguments et me les retourne à  la gueule. Tu choisis les mêmes éléments et tu y vois les perles que j’ai jeté aux pourceaux. Je sais j’ai presque failli en faire autant. Je me rends pourtant à  l’évidence. Je n’ai pas plus envie que ça, de réécouter le nouveau Ed Harcourt. Dommage.

Denis Verloes

2_5.gif

Tracklist
01. Lustre 4:06
02. Haywired 4:15
03. Church Of No Religion 4:54
04. Heart Of A Wolf 4:16
05. Do As I Say Not As I Do 4:09
06. Killed By The Morning Sun 5:05
07. Lachrymosity 3:04
08. A Secret Society 4:32
09. When The Lost Don’t Want To Be Found 4:09
10. So I’ve Been Told 4:21
11. Fears Of A Father 5:53

Label: Piano Wolf
Date de sortie: 14/06/2010

Plus+
Le site officiel
L’espace Myspace
Les vidéos via Google
La playliste sur Spotify

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *