Brimstone Howl – We Came In Peace

Flashback en 2008 : Un quatuor de jeunes branleurs du Nebraska, (ils ont à  peine dépassé la vingtaine) livrait un fabuleux disque de pur rock’ roll addictif dès la première écoute. Le genre de galette inespérée qui fait disjoncter le duo hanches /arpions et sur lequel on hurle à  pleins poumons ou l’on enlasse son partenaire de jeu.

On peut rendre grâce à  Dan Auerbach le leader des Black Keys de les avoir signés sur son label Alive Records(et d’avoir aussi produit leur excellentissime disque précédent »Guts Of Steel » paru en 2007 )

Enregistré en quatre petits jours à  Detroit dans les studios de Jim Diamond (White Stripes et caetera) -dont la production est à  saluer tant l’ambiance, la richesse et la subtilité du disque fascinent-« We Came in Peace » (4ème opus de ces allumés ensemble depuis 2002 après avoir expérimenté des noms euh bizarres ) est un magnifique disque de rock sauvage ,sexy, bluesy garage punk aussi jouissif qui dégueule de fuzz , de riffs titanesques et de réverb.

Cet album c’est un festin absolu pour les esgourdes ZE grand trip: un petit goût du Gun Club , une lichette de Cramps (sur  » Child O Perdition  » percutant, sexy et cru à  en baver de bonheur Cry little babyyy Wildd ), la classe et la rage des Clash , la sensualité du Jon Spencer Blues Explosion (arghh)et la même urgence, la folie brutale et débridée des ancêtres Stooges & MC5 (le sulfureux »Bye, Bye ») .

Pire, ils vont même toquer par moments chez le Velvet Underground sur le splendide et hypnotique » Easy to Dream  » et chatouiller la langueur psyché sur le magnifique trip space rock  » Yr Gonna Walk  » et son entame apocalyptique qui n’aurait pas déplu aux Spacemen 3 . (Wild Crazy world »Waaaaalk to the Mountain top »You.’re gonna walk  » On songe même aux Doors sur l’inoubliable ballade crépusculaire » The World Will Never Know « . où l’on reste subjugué par la beauté lancinante du titre, sa construction, la voix possédée du leader (qui nous rappelle Morrison c’est fou), le clash instrumental et cette façon de narrer une histoire (we sky the land my hand in her hand  » sur un mode faussement romantique avant de nous arracher les tripes littéralement à  la fin de ce singulier voyage »How do you like me nowwwwwwwwwww »..

A savourer à  volume 37 & Fuck les voisins Zéro temps mort, adrénaline malmené et nirvana atteint , 15 titres :15 hymnes potentiels . Outre les bijoux précités, on trouve dans cette boîte de Pandore du brûlot en rafale (l’entame furibarde  » They Call Me Hopeless Destroyer  » ,  » Summer Of Pain  » l’un des sommets du disque, l’explosif  » Catamite Blues » (no more flowers, no more aching pistils, refrain qui vogue au milieu des envolées electriques et d’un Orgue Hammond)  » ou l’incendiaire «  Firewalk  » et  » USMC « .

On pioche également des ballades langoureuses et envoûtantes telles que  » Obliterator  » terrible chevauchée blues dans la jungle (ah cette batterie martiale, ces grattes percutantes qui hurlent au loup et ce leitmotiv scandé par une voix désespérée à  glacer le sang  » in the jungle comes the phobia  » et la fin indescriptible de beauté musicale avec la batterie qui imite un coeur qui bat et clamse brusquement wow ) .

We Came In Peace est une folle locomotive drivée par des musiciens de grand calibre et d’une maturité sidérante : John Ziegler, chanteur charismatique dont le timbre sexx, la morgue et le manche possédé éclaboussent le disque et puis son acolyte, Nick Waggoner, lead guitariste hallucinant qui dégaine du riff, du solo et du fuzz allumé comme il respire, son mantra , son gimmick c’est l’accord qui tue et qui nous colle au plafond . Par ailleurs, comment ne pas mentionner cette terrifiante section rythmique qui décalotte. Calvin Retzlaff est absolument incontrôlable derrière les fûts et Matt Shaughnessy assure le groove à  la basse (C.’est le neuvième bassiste, il y a un poil d’instabilité à  ce poste )

Et la couv.’ spaciale nous envoie carrément marcher sur la lune, alors si vous avez 14 euros qui s’ennuient dans vos poches, offrez leur une occas’ de se réjouir avec ce très grand disque d’une richesse insensée. l’effort suivant †˜†˜Big Deal What.’s He †˜s Done Lately.’ décoché en 2009 est moins complexe moins brut de décoffrage et moins ambitieux, et souffre effroyablement de la comparaison héhé..

Corinne LGT

4.gif

Label: Alive records
Date de sortie: Septembre 2008

Plus+
http://www.myspace.com/brimstonehowl
La vidéo de Summer Of Pain via Youtube

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *