Nouvelle Vague – Couleurs sur Paris

Nouvel épisode de ce qu’il convient désormais d’appeler la saga Nouvelle Vague de Marc Collin et Olivier Libaux qui en est déjà  à  son quatrième essai. Un album de relecture des standards de la new wave par des interprètes à  la base tous des femmes et progressivement infidèle à  ce serment initial.

Dans Couleurs sur Paris, Nouvelle vague s’en va relire une fois de plus les années 80 avec la volonté de transfigurer les titres à  l’esthétique ultra eighties. Et pour ce nouvel opus, les deux compères ont sélectionné une série de morceaux essentiellement français, qui évoqueront une fois de plus aux trentenaires, l’époque des années lycée, athénée ou collège.

Comme à  son habitude et conformément à  la marque de fabrique de cette petite entreprise musicale Libaux et Collin convient à  leur banquet une série d’artistes à  la reconnaissance indé plus ou moins grande. Allez je liste : Coeur de Pirate, Helena Noguerra, Louis Ronan Choisy, Vanessa Paradis, Camille, Adrienne Pauly, Julien Doré, Yelle, Charlie Winston, Soko, Oliva Ruiz, Emily Loizeau, Hugh Coltman, Cocoon, Mareva Galanter, Mélanie Pain, Coralie Clément.

Force m’est d’avouer que la voix de bébé sous ecstasy de @beatricepirate (Coeur de Pirate) m’apparait beaucoup plus digeste quand elle reprend en version éthérée, le voilà  les anges de Gamine que quand elle nous faisait son Carla Bruni Québecquois sur la longueur de son album imbuvable. Pareillement, j’aime entendre qu’Olivia Ruiz n’est pas toujours cantonnée dans le giron de la pop qu’on envoie fort, capable ici de reprendre Mala Vida de la Mano Negra, dans une version quasi flamenco qui transforme la hargne du mal de vivre en spleen romantique. Etonnant.

Que dire aussi de Yelle, qui pour moi jusque ici n’était qu’une boite dont sortait un lutin diabolique uniquement capable d’envoyer de la pop à  mi chemin entre Lio et Booba. Transformée le temps d’une Ophélie de Jad Wio en spectatrice lubrique d’un show zoophile, elle donne à  la chanson le stupre et la cyprine que le titre original n’arrivait pas à  faire couler, cantonné dans la provocation punk. Et franchement sa voix est à  se damner. Et enfin il y a Emily Loizeau qui une fois de plus confirme que j’ai bien raison de lui vouer un culte d’amour musical sur Où veux-tu que je regarde. Simple, lascif, efficace. Je crois bien qu’aucun garçon n’a jamais avoué son désir à  une femme comme elle le fait en reprise. Dans un univers un peu rock où on sent qu’elle se fait violence.

Après il y a des moments où les artistes s’accaparent les titres proposés pour les emmener dans leur univers propre Camille embarque le putain putain pour en faire du Camille avec onomatopée, Julien Doré s’amuse à  hésiter entre chant et scarification dans un Anne cherchait l’amour qui n’aurait pas dépareillé sur son premier album. Idem pour Hugh Coltman qui se transforme en amoureux solitaire de la langue française autant que du titre de Lio, et Cocoon qui met le 2 people in a room dans sa poche pour ce qu’on croirait échappé de son dernier opus en date, avec un parfait équilibre des deux voix.

Bon ok il y a aussi des moments où le disque ronronne. Adrienne Pauly singe les Rita Mitsouko dans une version qui ne transfigure pas vraiment Marcia Baila, et Helena Noguerra a beau avoir une voix caressante qu’on lui avait déjà  découvert avec le French Cowboy, la version Nouvelle Vague du titre n’apporte pas réellement de nouveauté à  la scie d’Indochine, si ce n’est une touche de cuivre et de classe. Ou encore Vanessa Paradis qui quand elle se fond dans les paroles d’Etienne Daho le temps d’un weekend à  Rome, je me dis que je ne dois pas être le seul à  avoir mille fois imaginé les paroles du rennais dans la bouche de la chanteuse au murmure classe.

Un opus de plus oui, et qui viendra adéquatement garnir les sapins à  noël 2010. C.’est que l’objet est suffisamment classieux pour être fédérateur. Il ne dépareille ni dans la discothèque du bobo ni dans l’ipod de l’indé. Et c’est peut-être ça la plus grande maestria des deux auriges qui commandent ce char à  chevaux blancs. Avoir été et être toujours capable d’aplanir les différences entre indépendance et mainstream, entre punk et pop, entre pop et variété.

Et si la variété avait toujours un tel goût et une telle classe, sérieux j’en ferais mon quatre heures bien plus régulièrement. Pas un must have, non, juste du plaisir. Et le plaisir n’a pas de prix. Pour tout le reste il y a Mastercard.

Denis Verloes

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Tracklist

Date de sortie: 8 novembre 2010

Label: Barclay/Universal

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