Sueellen – s/t

sueellen2010.gifIci, il ne sera pas question d’une dame passablement ivre et arborant pour coiffure un brushing défiant les lois de la gravité mais bel et bien de rock, du vrai et du meilleur genre qui soit. Aussi incroyable que cela paraisse (au vue de sa qualité musicale), ce disque a été autoproduit. Sorti dans un micro circuit, ce qui a d’abord été un double vinyle est finalement distribué en CD par La Baleine qui a succombé aux charmes de Sueellen. Sentiments partagés, ce disque à  la fois glaçant, tendu et suave est un must incontournable.

Faux groupe belge avec un batteur sicilien, un trompettiste suédois, un bassiste et un chanteur-guitariste français, Sueellen est pourtant 100% Bruxellois, ville de rencontres, d’échanges et de heurts artistiques qui aboutit aujourd’hui à  ce disque fort en goût, chaotique et intense. Le premier titre Kathleen nous met au parfum sur les aspirations artistiques de Sueellen. Le début restitue un post-punk clinique et tranchant comme une arme blanche. Mais avec ces Bruxellois, les voyages sont longs et tumultueux et ce morceau de treize minutes va donc évoluer et se remplir d’autres émotions : la trompette de Nils Méchin n’est pas étrangère à  cette dérive vers une suavité noire rarement, rencontrée, chez Jack The Ripper par exemple. I can’t stand va explorer cette facette de sa personnalité pour un titre tourné vers un Ouest ténébreux.

Ce premier album joue aussi la carte de l’immédiateté : avec this House et I met her online, le groupe produit deux courts-circuits dans la grande tradition d’une noise américaine que le groupe reprend à  son compte sur tout l’album : de Yo la Tengo à  Sonic Youth en passant par Chokebore. Entre saturation et gimmick cristallin, le groupe prend les deux pour entretenir chaque fois la flamme de sentiments mélés. I got you est emmené par des guitares frondeuses qui en feraient presque le single rock rêvé, à  la fois énervé et touchant.

La grande force du groupe réside aussi dans les apports jazz, post-rock ou plus généralement expérimentaux que le groupe intègre en filigrane de morceaux  » abordables « . l’atmosphérique Chop down réussit parfaitement ce mariage contre-nature qui garantit une originalité de ton. Le final Through your hair remplit toutes les conditions du post-rock (évolution de ton, recherche sonore, longue mise en bouche) tout en gardant la voix à  fleur de peau de Benoît Richard (homonyme d’un célèbre chroniqueur et par ailleurs photographe) pour un supplément d’âme.

Au delà  d’un grand groupe, Sueellen est un artiste visionnaire.

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Denis Zorgniotti

Label / Distributeur : Autoproduit / La Baleine
Date de sortie : 15 novembre 2010

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