Wilson, de Daniel Clowes

Nouvelle incursion dans l’univers de Daniel Clowes. Quelques mois après Le rayon de la mort, Cornélius fait paraitre la traduction de »Wilson » une histoire où il est question d’un homme seul et flegmatique, qui passe son temps à  se plaindre de ses semblables et du monde dans lequel il vit. Divorcé, vivant avec sa chienne Pepper, Wilson assiste aux derniers jours de son père mourant, puis décide de se mettre en quête de son ex-femme qu’il croit droguée et prostituée. E c’est ainsi qu’il va aller de découverte en découverte, donnant une nouvelle tournure à  son existence.

Avec cette nouvelle histoire, Daniel Clowes construit son récit par petites touches, faisant de chaque planche, de chaque page, un fragment de vie, avec à  chaque fois une chute, souvent brutale, à  l’humour à  froid, mettant, la plupart du temps en avant l’esprit sarcastique de son personnage. Mises bout à  bout, ces planches constituent un récit assez grave mais plutôt touchant sur la vie en pointillés de cet étrange misanthrope. Une vie remplie d’amertume et de parts d’ombres, pas toutes levées par l’auteur, mais qui donnent en fin de compte à  l’histoire une part de mystère assez intéressante.
Côté graphisme, Clowes utilise différents styles dans le dessin et dans la colorisation sans que cela soit forcément perturbant, car gardant toujours une certaine unité.

En mettant en avant le thème de la transmission entre générations, de l’errance, du temps qui passe, de la solitude, Daniel Clowes signe un livre universel, pas très optimiste, où chacun pourra y retrouve une part de soi mais qui, comme dans les livres de Chris Ware, propose un regard sur notre époque, dans son aspect le plus dépressif qui soit.

Benoît Richard

Wilson
scénario & dessin : Daniel Clowes
Editions Cornélius
80 pages – 22€¬
Parution : septembre 2010

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