Claudine Muno & the Luna Boots – Carmagnoles

Ok Mea culpa tout ça, je ne connaissais pas Claudine Muno, et sa bio me signale que la Luxembourgeoise a déjà  sorti un premier album Petites chansons méchantes en 2007 puis un second Noctambul en 2010 avec ses Luna Boots.

La faute à  la pléthore de sorties tout ça ».
Carmagnoles est donc une sorte de patchwork de son premier et second album. Un repacking pour l’hexagone qui, du coup, permet à  la France de découvrir l’artiste qui en plus de son travail musical est aussi romancière et dessinatrice. Allez je ne résiste pas à  citer ici son premier roman: vun der doudangscht.

Comment décrire la musique de Claudine Muno ? Deux clés de lectures formelles me semblent utiles. Le cosmopolitisme d’abord apanage des petits pays dont la Belgique et le Luxembourg, traversés de maintes influences. Des influences que les artistes infusent plus qu’ils ne les singent réellement. Ce cosmopolitisme se traduit chez Muno par un passage de l’Anglais au français en passant par le luxembourgeois au gré des ambiances de ce qui sinon serait immédiatement taxé de  » Nouvelle chanson française « . Ce cosmopolitisme permet à  la demoiselle d’alterner la folk, le rock et la chanson dans un seul et même élan où la guitare acoustique joue les traits d’union.

Le côté songwriter plutôt que performer aussi. Qu.’elle évoque le poisson rouge du bocal ou son côté égoîste triste, Muno manie les mots et raconte avant tout des histoires. On n’est pas loin parfois du trivial transformé en thème, à  la manière d’un Delerm ou d’un Bénabar par exemple, pourtant Claudine Muno parvient au dernier moment à  y ajouter un brin de magie ou une once de mutinerie, pour qu’on pense plus à  Babet ou à  Dominique A qu’aux scies pour bobos délavés.

Musicalement Claudine Muno joue de sa voix enfantine pour raconter ses histoires pas si sages. Et on se rend compte que la formule de Béatrice aka Coeur de Pirate, qu’on trouve si irritante aurait pu trouver une expression moins nunuche et plus espiègle si elle était née plutôt au Luxembourg qu’au nord de l’Amérique. Et si elle avait troqué son piano pour la guitare Dylanienne de Claudine Muno , instrument auquel on doit, il faut bien l’avouer, que Carmagnoles parvienne à  se faire très digeste.

Alors, est- ce que j’ai aimé l’album ? Difficile de répondre. Je sais que le style  » jeune fille en fleur  » mi femme enfant mi rockeuse est un genre qui cartonne ces dernières années en musique francophone. Et franchement je dois avouer que j’en ai un peu ma claque. Un raz le bol stylistique qui devrait envoyer la Muno au pilon de mes écoutes.

Et pourtant, est-ce parce qu’elle convoque une folk mieux torchée qu’il n’y parait, ou qu’elle s’évade dans l’anglais auquel sa voix se prête bien, je ne parviens pas à  dire du mal de la Luxembourgeoise. Et finis par me dire, et t.’écrire, lecteur »que si tu recherches une alternative diablement crédible à  la purge au coeur de pirate, Claudine Muno fournit une version continentale fichtrement mieux aboutie. Une version que je suis même prêt à  glisser dans ma discothèque et faire revenir sur ma platine. C.’est dire.

Denis Verloes

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Tracklist
01. Egoîste triste 3:42
02. Je n’aime pas les robes 3:25
03. Monsters 4:03
04. Petite chanson méchante 3:39
05. Betty 3:44
06. Mauvais sang 3:27
07. Blummen 4:23
08. La révolution des poissons rouges 3:29
09. Au secours 3:35
10. The Rifle 3:48
11. La violence 3:54
12. Avalanche 4:48
13. Alaska (Bonus Track) 4:00
14. Sinon tout va bien (Bonus Track) 3:18

Label: Volvox music /Martingale
Date de sortie: 14 mars 2011

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