Anna Calvi – st

Anna Calvi ou la petite jeune femme qui fait débat. A ma droite, les amoureux de cette londonienne, nouvelle venue sur la scène musicale indé et signée chez Domino, qui voient en elle une nouvelle Patti Smith ou PJ Harvey, qui aiment son charme, sa voix et son premier album. Une fan-base qui compte, hormis les médias classiques qui lui ont tous (ou presque) tressés des lauriers ici ou à  l’étranger, des gens bien comme Nick Cave, Brian Eno ou même »Jessica Alba.

A ma gauche, ses détracteurs. Ceux qui trouvent qu’elle geint plus qu’elle ne chante, qu’elle n’est qu’un ersatz de, PJ Harvey ou d’autres »rockeuses » passées, que ses chansons ne sont que des resucées bien fadasses de titres et de mélodies déjà  mille fois entendus. Et que l’emballement médiatique (le nerf de la guerre est là ) autour de cette jeune femme est totalement injustifié. Des détracteurs qu’on découvre essentiellement sur le net et dans la blogosphère.

Où est la vérité? A mes oreilles, au milieu. Milieu plus même. Car même si je m’attendais ici à  quelque-chose de plus écorché, de plus punk, de plus hurleur; même si je ne suis pas totalement convaincu par ce premier album d’Anna Calvi; même si je lui trouve quelques temps faibles et des passages qui auraient mérités d’être plus rentre dedans, j’avoue avoir été plutôt conquis, aussi bien par la voix de l’anglaise (elle chante bien, n’en fait pas des caisses alors qu’il y avait matière à ), ses compositions (de Desire à  First We Kiss, de Suzanne & I à  No More Woods) que par son rock sombre, électrique, rêche voire parfois voluptueux.

Plus que PJ Harvey (et dont l’ancien comparse Rob Ellis est présent à  la production de cet album d’Anna Calvi, ceci expliquant sans doute cela) ou Patti Smith citées ici ou là , j’y vois personnellement plus l’ombre de Jeff Buckley (The Devil) et surtout de Chrissie Hynde autant dans le chant dans des certaines orientations musicales un peu plus lourdes.

Finalement, beaucoup de réactions face à  son disque sont la preuve que l’industrie musicale et tout ce qui gravite autour a bien changé. Certains encensent un album honnête, tentant de surfer sur un buzz pour vendre plus. Et d’autres détruisent l’affaire à  coups de critiques assassines pleines de mauvaise foi, en reprochant en filigrane à  Anna Calvi de ne pas avoir sorti un album révolutionnaire et qui fera date dans l’histoire de la musique.

Je ne pense pas qu’Anna Calvi est un album qui restera. Ce n’est en rien un chef d’oeuvre et encore moins une bouse. Juste une belle entrée en matière pour – ce qui ne gâche rien – un joli bout de femme qui est en train de poser les bases d’une future discographie qui pourrait s’avérer être vraiment intéressante. Cette fille a quelque-chose.

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Olivier Combes

Tracklisting:
1 – Rider To The Sea
2 – No More Words
3 – Desire
4 – Suzanne and I
5 – First We Kiss
6 – The Devil
7 – Blackout
8 – I.’ll Be Your Man
9 – Morning Light
10 – Love Wont Be Leaving

Sortie: 17 janvier 2011
Label: Domino
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