Iron & Wine – Kiss each other clean

Attention ceci est sans doute un des albums que l’on retrouvera largement dans les tops de 2011. l’américain jeune mais velu du menton, Sam Beam renquille trois ans après the sheperd’s dog, avec un album ample et fichtrement abouti.

Difficile de cataloguer Sam Beam et la musique de Iron and Wine. Je suis sûr qu’Olivier Combes, y arriverait sans doute mieux que moi, lui qui maîtrise sur le bout des doigts les groupes qui utilisent le blues ou la folk pour renouveler le genre et porter à  nos oreilles de ballades à  s’en pourlécher les babines.

Le plus simple, et sans doute le moins ambitieux est de dire qu.’Iron & Wine adopte une démarche somme toutes assez proche de Sufjan Stevens. Et pourtant si le second me laisse je dois l’avouer un peu froid, Kiss each other clean n’en finit pas de revenir hanter ma platine.

Décrivons la musique de Iron & Wine. De la pop américaine en demi teinte, nourrie d’une bonne dose de céréales folk compose la base, c’est une chose certaine. Une certaine ampleur aussi du son y est caractéristique, comme il semble que seule l’Amérique des grands espaces soit capable de l’infuser auprès des songwriter. Voilà  pour le terreau de l’album. Soit, mais si je m’arrêtais là  j’aurais un grand disque de neo-folk et Punt aan de lijn (point à  la ligne) comme on dit en Belgique.

Oui mais justement, et c’est sans doute pour cette composante que l’album me charme tant, c’est que Iron & Wine s’en va allègrement tâter du terrain de la pop song. Pas de celle qu’on passe sur le Mouv non, quoi que, mais assurément du genre qu’on passe sur une radio qui cible les trentenaires. A ce titre par exemple le démesuré Your fake name is good enough for me a tous les arguments de la chanson qu’on passe en fin de soirée, pour emballer les filles quand on cherche un slow pas trop lent pour faire frotti frotta pendant 7 minutes. Et c’est pas rien en 2010, de fournir un vrai slow énergique, non ?

Sam Beam explore plusieurs univers pour colorer son folk initial. Le tempo des musiques africaines est une des voies sur lesquelles il engage son projet musical, sans jouer l’exotisme du tout. La richesse des arrangements aussi. On se plait à  réentendre dans la pop un saxo, un piano et des cuivres sans que ces derniers ne sonnent  » à  la mode des années 80 « . Chaque titre est enrichi de sections rythmiques riches mais jamais boursouflées ni boursou-chiantes. Elle accentuent la majesté de titres qui j’en suis sûr, par leur efficacité mélodique, continueraient pourtant à  exister joués à  la seule guitare au bord d’un lac de montagne.

Sam Beam explore, enrichit ses mélodies. Les arrangements sont une des forces, le recours à  la bidouille électronique et aux synthétiseurs font partie de ce panel de sonorités qui viennent appuyer le propos du disque. Etonnant. Il est vrai qu’on a peu l’habitude de voir la folk se parer de tels ornements. Ah les petits »Piouuuu »qui rythment me and Lazarus ou Rabbit will run

Mais ce n’est pas encore tout. En compagnie du producteur Brian Deck Iron and Wine a travaillé sur le son, pour que le disque pioche aussi dans l’histoire du son certaines de ses références. Et de fait, tous les instruments, dont la voix que Beam pousse parfois comme s’il chantait dans la Basilique Saint Pierre, sonne avec une clarté, une pureté nette qu’il convient de remarquer. Les guitares sonnent claires, les pédales d’effets sont immédiatement identifiables dès qu’elles sont activées. J.’ai lu quelque part que l’album de Iron and Wine ressemblait de loin à  du Steely Dan. Du côté du son en tous cas que ce soit dans la richesse des arrangements ou dans la manière de traiter le son, on se croirait tout droit transporté au début des années .’70. Mais des années 70 qui ne connaîtraient jamais les exagérations du Glam rock. Et ce ne sont pas les choeurs féminins de tree by the river qui viendront me contredire.

l’album est envoyé en dix titres dont aucun n’est à  jeter, enchaînant les ballades mid tempo avec les titres plus pop qu’il n’y parait qui s’insinuent durablement dans la mémoire. Et voilà  comment un album avec une jolie pochette digipack (amateurs d’objets c’est à  noter), sans la moindre once d’esbrouffe mais avec des arguments énormes s’en vient enthousiasmer mon début d’année 2011.

Denis Verloes

Tracklist

Date de sortie: 25 janvier 2011
Label: 4AD / Beggars / Naîve

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