Giant sand – Blurry blue mountain

Parfois, il faut reconnaître que ça fait du bien, d’ouvrir un album, de savoir à peu près avec certitude ce qu’il y a à l’intérieur; et quand on l’y a trouvé, arborer le sourire charmeur de celui qui revient poser ses guêtres en terrain conquis. Comme un retour au bercail, à intervalle régulier; dont Giant Sand serait la musique cow boy attitrée.

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Parfois, il faut reconnaître que ça fait du bien, d’ouvrir un album, de savoir à peu près avec certitude ce qu’il y a à l’intérieur; et quand on l’y a trouvé, arborer le sourire charmeur de celui qui revient poser ses guêtres en terrain conquis. Comme un retour au bercail, à intervalle régulier; dont Giant Sand serait la musique cow boy attitrée.

Parce que oui, autant le jeter en ouverture de cette critique partiale. Il n’y a strictement rien de nouveau dans cet album de ce qui est de plus en plus le projet du seul Howe Gelb, grigou quasi cinquantenaire dont Blurry blue mountain est le jalon de la vingt-cinquième année de carrière.

Comme à son habitude, Howe Gelb y croone plus qu’à son tour, mélange de Vic Chestnut et Tom Waits, accoudé à la barrière du corral. La guitare électrique -jouée façon folk- tient le haut du pavé, comme dans une bonne musique country dont Giant Sand évite, comme à son habitude les oripeaux les plus évidents (steel guitar, banjo…) au profit du spleen de Charles Ingalls, qui fait la richesse de la discographie du groupe. Le couple guitare/voix est mis en devant scène et est systématiquement servi par une batterie frappée au balais qui sait se tenir à distance raisonnable, et par de discrets choix artistiques comme un duo féminin ou la subreptice apparition d’un piano jazz.

On songe parfois à Mark Linkous, quand Gelb se fait écorché, on pense souvent au sommet inégalé OP8 (en compagnie de Calexico et Lisa Germano quelque part en 1997), et au fil d’un album qui apparait finalement plus long qu’il n’y parait on se rend compte que Giant sand c’est un peu du REM sans pop, dans une cartographie de l’americana nouvelle.

Rien ne change donc, sous le soleil d’Howe Gelb, et on finit par se demander pourquoi on écouterait ce nouvel album plutôt qu’un des 30 que Fire nous promet en réédition pour fêter les 25 années de carrière. Franchement on serait bien en peine de vous répondre. Par contre, si toi lecteur tu n’es pas familier ni avec la forme, ni avec l’univers de Giant Sand, Blurry blue mountain fait figure d’entrée des artistes plus qu’honorable. Et puis moi j’aime bien enfiler mon onirique chapeau informe pour m’en aller fendre des buches près de la cabane du père Charles.

Denis Verloes

Tracklist

Label: Fire / Differ-ant
Date de sortie:

Plus+
L’espace Myspace
Ecouter l’album sur Spotify
Les vidéos via Google

La vidéo de Erosion via Youtube (acoustique)

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

  • nOx

    Bonjour,

    Je viens d’acheter cet album. Giant Sand ne faisait pas du tout parti de ma discothèque. Je découvre.
    Un trés bon album, sans prise de risque, certes, qui sent bon la maturité et la maitrise.
    A mi-chemin entre la musique folk et la country, légèrement crooné, avec de jolies balades.
    Un enregistrement de qualité, tout autant que l’arrangement.
    A écouter sous la couette, pret du feu,

    Je découvre, et j’aime.

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