Josh T. Pearson – Last of the Country Gentlemen

josh_t_pearson_last_of_the_country_gentlemen_a.jpgC’est l’histoire d’un revenant, un songwriter qui aurait pu connaître un succès durable s’il n’avait pas sabordé son groupe au moment où celui-ci devenait énorme. Un retour qui ressemble à  une renaissance.

Cet homme, c’est Josh T. Pearson et son groupe s’appelait Lift to Experience, une bande de Texans barbus peu sympathiques mais auteurs en 2001 d’un album majeur, The Texas-Jerusalem crossroads. Depuis ce coup d’éclat et le split prématuré de Lift to Experience, Josh T.Pearson avait peu donné de nouvelles : l’ours texan semblait terré, ne sortant que rarement pour jouer avec notre petit Français H-Burns, pour participer à  deux titres de Furs and Gold de Bat For Lashes ou pour enregistrer une reprise d’Hank Williams sur un split single avec Dirty Three. Cela fait peu en dix ans…

Mais voilà  qu’arrive enfin un album. , Ayant joué sur scène de nouveaux morceaux et ayant vu à  quel point le public y était sensible, Pearson se décida rapidement : Last of the Country Gentlemen a été enregistré en deux nuits à  Berlin, sa nouvelle ville d’adoption. Ce disque, longtemps retenu et rapidement lâché, ressemble à  une délivrance, à  un épanchement d’un sentiment trop longtemps gardé pour soi. On ne sera donc pas surpris que cet exercice d’un homme en osmose avec son instrument soit un disque de country et que quatre des sept titres qui le composent fassent plus de 10 minutes. Last of the Country Gentlemen n’est à  proprement parler un disque composé de »chanson ». Sans réel refrain, éclatant la structure habituelle, Pearson laisse filer son inspiration et ses idées et semblent écrire sa musique au moment même où il la joue. L’exercice est rude, introspectif et très largement solitaire. Mais un violon ou un violoncelle vient parfois accompagner le songwriter dans ses pérégrinations guitaristiques ; , cela donne des moments où un peu de lyrisme vient adoucir le propos (Woman when I’ve raised ; Country dumb). Cela fait ressembler notre Texan à  un vieux cow-boy survivant du Far West et évoquant son passé avec nostalgie et mélancolie (Honeymoon is great, I Wish you were there) Car L’humeur générale est sombre, maussade, nocturne et Last of the Country Gentlemen n’est pas oeuvre dans laquelle on entre facilement : il n’y aura pas à  son endroit d’exclamations enjouées »chouette, je vais me faire le dernier Pearson ! » Le disque recommande plutôt de la patience, du recueillement même. Mais une fois ceci accepté, il vous accompagne comme un vieil ami bavard et touchant, présence presque rassurante qui vous fait chaud au coeur.

Rarement, on aura eu l’impression d’un musicien-chanteur exposant son âme et ses tripes sur un disque. Pearson ne tombe pas dans le cliché du créateur dépressif, il raconte plutôt ses expériences sans tomber dans le cliché. Il semble presque s’en amuse écrivant : »When I said I.’d give my life, I wasn’t talking suicide« ., La voix du Texan n’a jamais été aussi belle, à  l’image de ces chanteurs de country écorchés par la vie mais faisant émaner de leur modeste personne une aura de sainteté. , Dégagé de tout superflu, Josh T. Pearson est de cette trempe., Sur Thou art Loosed en ouverture,, une forte reverb vient mettre la voix sur un piédestal. Sur la suite, l’effet est moins prégnant, comme si désormais mis sur orbite, Pearson n’en avait dès lors plus besoin : il touche déjà  du bout des doigts la Légende. Il personnifie , la célèbre phrase d’Oscar Wilde : »Nous sommes tous dans le, caniveau, mais certains d’entre nous regardent les étoiles ».

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Denis Zorgniotti

Label / Distributeur : Mute / Naîve
Date de sortie : 15 mars 2011

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