Hushpuppies – The Bipolar Drift

hushpuppies_the_bipolar_drift.jpgJe garde un souvenir prégnant d’un concert donné par les Hushpuppies au moment de la sortie de leur premier album,, The Trap. Là  dans un Trabendo chauffé à  blanc et peuplée au trois quart de jeunes filles hystériques, le quintette faisait renaître la fièvre rock du Londres des années 60 : on se serait crus dans »Blow up » on prenait carrément son pied. Le groupe était alors encore, fortement, lié , à  la culture mods de ses débuts avec costume cintré, Vespa et amour immodéré pour les, Kinks. Ce n’est plus , le cas aujourd’hui avec, The Bipolar Drift., 

Après un deuxième album dans les traces du premier,, Hushpuppies change,  son fusil d’épaule, ou plutôt explore à  fond une des voies à  peine esquissées sur, The Trap : , sur le titre, Bassautobahn,, Hushpuppies exposait son intérêt , pour, Kraftwerk. Et l’instrumental Open Season, premier titre de, The Bipolar Drift, peut être perçu comme la suite décomplexée de, Bassautobahn avec des claviers hallucinogènes et des guitares abrasives pour un résultat hypnotique. Une chose est sûre : le, Hushpuppies nouveau sera plus dansant et plus marqué par la new wave des années 80 que par les années 60, à  l’instar de leur copain, Nelson.

Mais fait encore plus important, il sera aussi plus complexe et d’humeur bipolaire. Le nom de l’album vient d’ailleurs d’un livre du philosophe Lawrence Lawford (dont tout le monde ou presque apprendra l’existence grâce aux, Hushpuppies) traitant de la dualité humaine et de toutes les questions existentielles que cela suppose. L’album du groupe devenu mature est sans doute influencé par cette dialectique, mariant la spontanéité et l’énergie propre au rock avec la gravité de celui qui réfléchit., Hushpuppies est autant un groupe qui agit qu’un artiste qui rêve. Les claviers, aux sonorités Krautrock ou, Depeche Mode, prennent ici une place plus importante, créant des mouvements souterrains sur des mélodies conquérantes et efficaces. Le groupe gagne en relief. Cela nous vaut aussi aussi quelques titres moins facilement identifiables, d’humeur changeante ou ambivalente révélant un groupe, entre deux eaux, à  l’aise dans le mid-tempo (Rodeo, un morceau que Hushpuppies parvient parfaitement à  maîtriser). A ce titre,, Poison Apple reste la pièce maîtresse en forme de diamant noir de l’album, un titre d’ambiance tordue et décadente qui vous colle à  la peau., Every night I fight some giant rappellera la douceur cosmique de, Air époque, Moon Safari, avec un final qui monte en intensité.

Qu’on se rassure, les, Hushpuppies consolident les acquis et sont toujours à  leur affaire pour pondre des singles potentiels à  la pelle, le genre de titre qui vous fait immanquablement bouger les pieds, dodeliner de la tête le sourire aux lèvres. Avec toujours cette ligne de basse qui fait mouche, ce gimmick de guitares qui, dans son minimalisme, conquis immédiatement et ses choeurs parfaitement placés qui vous affinent une mélodie : , sur, The Bipolar Drift, ce sera donc, Twin Sister,, stop, Zero one ou, Low compromise Democracy qui sur, une ligne continue et entêtante, devient fiévreusement accrocheur. , Ce sera aussi la bombe dance-floor, Frozen Battle, comme du New Order déchaîné ou un Dog Day, plus proche de la crudité du post-punk où les claviers sont momentanément rangés au vestiaire.

Produit par Alex Concato (Axel and the Farmers), sorti sur leur nouveau label après la faillite de Diamond Traxx, The Bipolar Drift est un magnifique rebond, un retour gagnant que même les plus brillants tennismen pourraient leur envier. Restent à  clouer une nouvelle fois sur scène un public conquis d’avance. Et je crois que j’y serai, heureux dans la fournaise.

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Denis Zorgniotti

Label / Distributeur : Chut le Caniche éditions / Differ-ant
Date de sortie : 21 mars 2011

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