Luc – Blablabla

luc_blablabla.jpgBlablabla a tout de l’album mineur : par sa formation (le seul, Luc ou presque) ; par sa production plus proche du Do It Yourself que du studio »grand train » ; par son label, le modeste Another Record. Et pourtant le plaisir, lui, n’est pas mineur.

Luc n’est pas à  proprement parlé un nouveau venu. Membre de, Glasnost dans un genre néo-grunge, il a aussi fait de la folk avec Ladybird et joué sur scène avec les très fréquentables, François and the Atlas Mountain. Depuis,, Luc s’en est allé vivre à  Wellington en Nouvelle-Zélande, à  quelques milliers de kilomètre d’Angoulême, sa ville natale. Mais avec la distance, la soif de faire de la musique n’a pas été étanchée et Luc se produit désormais en solo.

Blablabla est donc son deuxième album (après un premier album qui n’est pas arrivé jusqu’à  mes oreilles) et justement, il ne fait pas dans le blabla : c’est un disque qui ne se pose pas de question mais qui agit., Il est peuplé de mélodies évidentes qui avancent bille en tête : avec Luc, il y a une certaine rusticité dans des rythmiques binaires parfois agrémentées de claquement de mains et des guitares à  la tonalité Rock’n Roll. , Dit comme ça, on pourrait penser le Français nostalgique du rock des origines et de son énergie immédiate mais son regard sur le sujet est différent : Luc est avant tout adepte du lofi et il a été biberonné à  l’indie rock des années 90 ; ce qui donne parfois des associations étonnantes comme un, Croctears dance jetant une passerelle originale entre, Placebo et, Herman Düne. Et si l’on caricature encore plus, on pourrait voir certains titres de Blablabla comme des morceaux des, Stray Cats joués par, Elliott Smith, avec toutes les subtilités cachées que cela suppose quand même (Bike,, Clever monkey, blue lines). D’ailleurs, dès que la musique devient moins fonceuse, la filiation d’avec le chanteur américain disparu devient évidente (Ants). Luc a aussi cette prédisposition naturelle à  poser des lignes de chants sensible même sur une base un peu rustre.

En tout cas, le jeune Français est aussi à  l’aise dans l’électrique vrombissant que l’acoustique pépère : sur, Unoino ou Dynamite, il retrouve les racines de la folk avec succès (mais là  encore, son approche le fait plus évoquer le récent, M.Ward qu’un quelconque vieux briscard joueur de Dobro). Sur, Cockroach, on peut sentir souffler, un petit air de, Le Vent nous emportera (pour ce qui peut s’apparenter à  un petit bémol), la morceau favorisant le même genre de frise linéaire jouée à  la guitare acoustique.

Après le morceau le plus faible du disque, terminons par le plus grand motif satisfaction de, Blablabla : , Graveyard qui, rehaussé par la trompette de François Marry, devient un petit bijou de coolitude indie pop. Un titre qui donne encore plus d’espoir à  l’endroit du petit Français perdu en terre Kiwi. , Luc sera bientôt un artiste majeur. Another bon disque.

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Denis Zorgniotti

Date de sortie : 7 février 2011
Label / Distributeur : Another record / Believe

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Vidéo de Graveyard

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