The Konki Duet – Let’s bonappétons

Le printemps est revenu et avec lui son cortège de bonnes nouvelles, la moindre n’étant pas l’arrivée d’un nouvel album des Konki Duet. Au contraire même, Let’s bonappétons est un disque d’électro pop frais, léger, malicieux et joliment mélancolique. Il est même plus que cela. Déjà Konki… pardon, conquis !

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TKD_POCHETTE.jpgLe printemps est revenu et avec lui son cortège de bonnes nouvelles, la moindre n’étant pas l’arrivée d’un nouvel album des Konki Duet. Au contraire même, Let’s bonappétons est  un disque d’électro pop frais, léger, malicieux et joliment mélancolique. Il est même plus que cela.  Déjà Konki… pardon, conquis !

Revoilà donc pour notre plus grand plaisir, Tamara la Russe, Zoé la Française et Kumi, la Japonaise. Les Konki Duet, ce sont un peu trois Wonder Women en provenance de la planète pop venues rallier les Terriens encore réticents à la cause. Les trois jeunes femmes ont leurs propres armes fatales : des mélodies à fredonner sous la douche, des claviers rutilants, le ludisme elevé au niveau d’ art de vivre et une ultra féminité pleine de gaieté et de malice. Avec  ce nouvel opus,  nos trois Drôles de Dames se jouent des problèmes spatio-temporels et arrivent à réconcilier les époques : elles ont ainsi  un pied dans les années pop sixties, un autre dans les années 80 et comme ce sont bel et bien des superheroïnes,  un troisième bien ancré dans la musique d’aujourd’hui.  Let’s bonnappétons évoquera aussi bien la pop Phil Spector-ienne des Pipettes (Planète sauvage), la new wave de Visage (qu’elles avaient repris) et de Passion Fodder (qu’elles reprennent aujourd’hui sur Savoir-Faire) que l’électro-pop moderne de quelques sociétaires du label allemand Morr Music (Lali Puna, Guther) où les synthés vintage, les guitares et les voix diaphanes de jeunes ingénues font bon ménage et belle musique.  The Konki Duet rappelle aussi Stereolab, autre amateur d’une vision transversale de la pop.

Produit par Stéphane Laporte alias Domotic, Let’s bonappétons est un disque très synthétique. L’aspect « musique de chambre » qui parcourait largement Mountain Mouton a nettement disparu : seul L’esprit de la ruche porte encore trace de violon et de cette touche baroque qui habille avec goût. Ce troisième album est plus placé sous le signe de Kumi, l’égérie pop nippone du trio, sorte de Françoise Hardy aux pays des Korg. Ce qui nous vaut quelques sonorités bubblegum et quelques accents de jeunes filles en fleur. Mais Konki Duet est, en qualité, supérieure au seul travail de Kumi (tout naturellement appelé Kumisolo). Peut-être car la musique trouve une autre dimension dans l’équilibre original trouvé par les trois jeunes femmes. Avec son air de ne pas y toucher, Let’s bonappétons est un disque parfois tourmenté, souvent mélancolique, parfois bizarre dans ses ruptures et dans ses harmonies vocales. Le disque n’est pas qu’une réjouissante friandise aussi vite écoutée, aussi vite oubliée ; il contient des moments de douces mélancolies qui marquent durablement, des morceaux éparpillés d’un rock plus grinçant  (les guitares sourdes sur L’esprit de la ruche et Sand’n salt ; deux titres épatants de profondeur et d’émotions contraires) et un lyrisme onirique du plus bel effet (Everyday is worse than the day before, sorte de Procol Harum boosté aux gros sons électronicas).

Ce que d’autres essayent de faire avec le plus grand sérieux, The Konki Duet semble le réussir avec une facilité désarmante et dans un grand geste solaire plein d’insouciance et de talent. Let’s apprécions !

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Denis Zorgniotti

Durée : 33′
Date de sortie : 18 avril 2011
Label / Distributeur : Tsunami addiction / Clapping Music / Modulor

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The Konki Duet / Planète Sauvage from Tsunami-Addiction on Vimeo.

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L'Auteur:

Denis Zorgniotti
Naturellement branché par quelques préfixes musicaux (indie, post, abstract, alt...) et même un suffixe (nica). Toujours prêt à défendre le petit label de Tours, Chambéry ou de Portland. Après quelques expériences presse et radio, a trouvé avec Benzine mag, un nouveau terrain de jeu et d'expression. Ne désespère pas de trouver le temps un jour d'écrire sur le cinéma, sa formation initiale et son autre passion. Mais seulement 24h dans une journée, un vrai scandale !

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