Mogwai – Hardcore will never die but you will

Allez hop, nostalgie. Je me souviens avec émotion comment sur la foi d’un article du NME j’ai acheté le premier album de Mogwai revendu par un journaliste chez le soldeur où je me fournissais régulièrement. Il y a près de 15 ans avec une rage en forme de cercle concentrique et sans la moindre once de parole, Mogwai créait un genre sur lequel il n’a jamais cessé de régner depuis, même quand d’autres se sont essoufflés ou quand la mode est passée : le post rock.

Et dire que de rock action pop au M Beast qui explorait son versant plus sombre Mogwai a essayé toutes les voies possibles et imaginables pour sa formule n’est pas usurpé. Ajouter que le groupe a jusqu’ici toujours réussi à  m’intéresser malgré un pré carré somme toutes peu large est une obligation. Mogwai a toujours réussi à  se réinventer.

Hardcore will never die en une ligne se serait dire : Mogwai boucle la boucle et renoue avec ce qui fit son premier album. On aurait raison, mais ce ne serait pas suffisant.
Mogwai renoue avec les producteurs de la première heure, Mogwai revient sur la structure en crescendo qui fit son succès.

Oui mais Mogwai ne redonde pas pour autant. Parce que Mogwai a vieilli, Mogwai est devenu mûr. Je sais ce que tu te dis toi qui lis »mature est souvent synonyme dans mes critiques de chiant, de fade. Hé bien non.

Hardcore will never die but you will est l’album que Mogwai a sans doute rêvé quand il a commencé sa carrière. Un album dense, riche, qui se love et puis se déroule comme un opéra allemand toutes walkyries dehors. Des vagues de guitares rageuses qui avant se contentaient d’assaillir les remparts de nos oreilles, et qui aujourd’hui recouvrent tous les espaces, comme un tsunami sonore.

La fougue tempêtait sur le premier album, la maîtrise, la colère et la maestria remplissent tout l’espace sur ce nouvel opus (livré dans sa version digipack avec un second album Music for a forgotten future : une turgescence de 23 minutes ) Il y a des guitares oui qui s’élèvent progressivement, et même la flûte du premier album est de retour. Quand Hardcore ralentit c’est pour mieux nous happer l’instant d’après. A coup de guitares multiples sur le premier opus, à  coup de production d’une guitare centurion sur le nouvel album.

Le son est massif, l’espace est rempli, mais à  la différence des disques précédents et à  plus forte du premier album qui posa jadis les tables de la loi, tout est ici un travail d’orfèvrerie sonore minutieuse. La vague est programmée pour ne laisser aucune chance à  l’auditeur et aucun des éléments au hasard.

Je surkiffe du coup à  deux niveaux. Le premier est le plaisir simple et bête de me régaler avec une nouvelle galette d’un de mes groupes favoris qui ne joue pas au jeu de la réinvention ni à  celui de la redite. Le second, et il faut avoir du caca dans les oreilles pour prétendre le contraire, est que si Mogwai revient aux fondamentaux de sa formule, il fournit néanmoins avec une recette identique et une fougue intacte un nouveau premier album, ou une version idéalisée et digérée de ce qu’avait pu être le premier opus au milieu des années 90. Indispensable. Merci l’Ecosse.

Denis Verloes

Tracklist

Label: Rock Action/ Pias
Date de sortie: 14 février 2011

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