N.E.R.D. – Nothing

Ce n’est un secret pour personne, je suis une bille en rap. Et ce n’est un secret pour personne non plus, je suis inconditionnel de N.E.R.D. Depuis le premier album. Nothing, la nouvelle galette de la formation de Pharrell Williams, un des producteurs les plus en vue du moment avec Jay-Z et »David Guetta est parue début 2011. Et me scotche une fois de plus.

Si je devais résumer la musique de N.E.R.D. en une formule, du type de celles qu’on retrouve sur les pochettes de CD quand on passe dans les dernières Fnac du monde, je dirais, :  » du Rap avec un cerveau, à  ranger pas loin du Wu Tang « . Même si, je dois le reconnaître, la formule était poussée dans ses ultimes recoins avec le précédent album et si je me demandais vraiment comment la petite troupe irait ensuite explorer des versants originaux d’une musique qui se plaisait à  mélanger au rap énergique, tous les ingrédients du rock et de la pop traditionnelle.

La solution N.E.R.D. Pour éviter la redite, est en fait »d’abandonner le Rap stricto sensu. Et d’appliquer à  des influences beaucoup plus funk ou soul, le traitement rock pop des précédents albums. Nothing évite la redite et place un nouvel opus efficace dans sa discographie.

l’album fait chalouper du popotin plus souvent qu’à  son tour. On retrouve les cuivres et les trompettes bouchées du funk rythmique façon Ike et Tina Turner, on repère les choeurs qui ont fait les beaux jours de R. Kelly, on se dit qu’hypnotize U est une chanson parfaite pour faire l’amour et on se rend compte que Lenny Kravitz est une quiche, que Sinclair vieillit mal ou que notre Medi (ex-Medicine show) national n’a plus qu’à  aller se rhabiller.,  Nothing c’est une pure tranche de funk soul qui se déguste à  la sauce pop rock et non pas du rock qui piocherait des colorations et consonances funk pour se donner une contenance. En fait, ben ça change complètement tout.

Un des trucs du producteur pour que des mecs comme moi surkiffent l’album, jusqu’à  en faire la base de toutes mes playlistes depuis le début de l’année, consiste aussi à  mon sens en son tempo. Pharell et sa troupe ont la bonne idée d’accélérer de quelques BPM les structures traditionnelles du funk et de la soul. Les morceaux filent, et la structure qui ferait déjà  par essence bouger les harpions deviennent des petites perles pour agiter les pourceaux des dancefloors. Tempo que la bande, routinière des canons du rap parvient à  servir par un flow qui s’adapte à  l’urgence du son.

Nothing est un disque-école. Soit le parfait exemple du funk/soul contemporain et fédérateur. Si je devais chercher (oui je sais je suis casse-burnes) des poux à  l’album que j’adore, la seule remarque que je lui trouve, est de chercher sur chaque titre la possibilité de s’insérer dans une radio, ou un lecteur MP3, indviduellement. Chaque titre se suffit à  lui-même et ne gagne pas grand-chose à  être intégré dans le déroulement d’un album. Signe des temps, N.E.R.D. maîtrise jusqu’aux grands principes de consommation de la génération iPod. Et moi de regretter que certains titres  » grand public,  » et immédiatement percutants ne soient pas plus régulièrement complétés par un titre qui pousserait plus loin ou plus longtemps les atmosphères ou univers que le groupe pond avec une faconde et une facilité déconcertante.

Un de ces albums qu’on croisera dans toute bonne discothèque, comme le cuisinier a toujours dans les placards de quoi faire une bonne tarte, avoir du N.E.R.D. sous le coude, c’est la certitude de savoir musicalement faire décoller une soirée. Et ça, ça n’a pas de prix.

Denis Verloes

Tracklist


Label: Interscope / Universal
Date de sortie: 1 novembre 2010

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La critique de Seeing sounds
Ecouter l’album sur Spotify

Le clip de Hot-n-fun

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