Le Prince Miiaou – Fill the Blank with your own Emptiness

le_prince_miiaou_fill_the_blank_with_your_own_emptiness.jpgRemarquée pour Safety First, son deuxième album autoproduit, Le Prince Miiaou revient avec un nouvel album passionné et souvent passionnant. 

Je ne sais pas si la légende est vraie : celle qui dit que Maud-Elisa Mandreau alias, Le Prince Miiaou, est une fille qui a écouté de tout (comprendre »ce qui passait vaguement à  la radio ») sans avoir plus que ça une »culture » musicale. En tout cas, elle mériterait de l’être et elle se vérifie à  l’écoute de la musique de la jeune femme originaire d’un bled en Charente-Maritime. Autodidacte mais seule à  la tête de son projet, la jeune femme compose naturellement sa musique, presque naîvement ; ce qui donne,  une grande capacité d’ouverture, aucune limite et aucune brimade à  sa création. Ce qui peut aussi donner lieu à  quelques aspects un peu pompeux, aucune censure du mauvais goût oblige, et cela se vérifie sur I don’t know my name,  le titre crispant du disque mais aussi l’un des plus impressionnants. Une dualité d’appréciation qui démontre la capacité qu’à , Le Prince, Miiaou à  retourner une situation compromise (n’est-ce pas là  l’apanage de matou de pouvoir toujours retomber sur, leurs pattes ?)., I don’t know my name commence donc mal, dans une mélodie doucereuse avec une ligne de chant mélodique dégoulinante et vaporeuse entre , Loreena McKeenitt à , Sarah Mc Lachlan. Mais à  la moitié du morceau, alors que tout semble perdu, la Française envoie le bois avec une attaque de guitare qui vous saisit, un clavier tonitruant, des choeurs avec une puissance de croiseur ; bref, , une force musicale à  séparer la Mer Rouge ou à  soulever le Stade de France. Dur de rester insensible dès lors à  un tel tsunami musical. Pour ce morceau, la victoire a été acquise aux points, pour le reste, cela sera plutôt par K.O.

Il faut dire que, Le Prince Miiaou ne fait dans le minimalisme : la jeune femme aime les arrangements complexes et chargés qui font que chaque guitare est ornementée de claviers et de cordes, que chaque harmonie est supportée par des choeurs de femmes ferventes, que la voix, même, par ailleurs totalement maîtrisée, , ne fait jamais dans la demi mesure mais préfère l’épanchement sentimental. La Française appartiendrait-elle à  la même race d’artistes que , Kate Bush,, Brightest Diamond ou, Bat For Lashes ? En effet ; , cela nous donne d’ailleurs droit au meilleur titre de l’album,, Hollow Hero, beau comme un tableau pré-raphaélite, bouleversant comme une tragédie antique (avec comme effet secondaire chair de poule et levée de poils).

Sauf que, Le Prince Miiaou n’est pas que cela ; elle, sait aussi concilier esthétique précieuse et esprit rock : les basses sont coupantes comme dans le post-punk, les batteries sont parfois martelées dans un accès de primarité et les guitares sacrément offensives. Il y a aussi du, PJ Harvey dans cette frêle jeune femme d’apparence qui ne ressemble pas à  une petite chose fragile mais qui révèle une personnalité forte (A story of Devotion, J’ai deux yeux). C’est d’ailleurs d’autant plus vrai – et plus étonnant encore – que cette force ne se traduit pas par la violence ou l’agressivité mais juste par l’expression d’une féminité exacerbée. En dépit de son genre masculin, , Le Prince Miiaou est bel et une artiste féminine jusqu’au bout des ongles, utilisant les armes fatales dévolues à  son sexe, c’est-à -dire une ultra sensibilité qui fait facilement rendre les armes aux plus récalcitrants.

Avec tout ça, brillant écheveau de couches musicales savamment tissées,, Fill the Blank with your own Emptiness est bourré de, hits taillés pour faire du, Prince Miiaou une artiste internationale. Avec, un fifre, pour éclaireur,, Turn me off ressemble d’ailleurs à  l’avancée d’une armée de guitares conquérantes. Sur, I love nobody, c’est un sifflotement insouciant qui égaye une ballade troublée par quelques accès tortueux (avec au passage, l’utilisation d’une douce trompette en contrepoint de guitares qui envoient). , Qu’importe la cadence, le succès de cette jeune femme est en marche et rien ni personne ne pourra l’arrêter.

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Denis Zorgniotti

Date de sortie : 29 mars 2011
Label / Distributeur : 3ème Bureau / Wagram

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