NestorIsBianca – Genetics

NESTORisBIANCA_Genetics.jpgOn peut se demander pourquoi NestorIsBianca reste encore un des secrets les mieux gardés de la France qui fait de la bonne musique. En espérant que Genetics répare cette injustice…tout en n’y croyant pas vraiment. Trop bien.

La tournée récente , en première partie aidera sans doute à  cela mais ne sera pas malheureusement déterminante. Il faut dire que le groupe emmené par Lionel Laquerrière accumule les freins à  sa reconnaissance, en venant d’une petite ville (Vendôme), en étant, signé sur un petit label (Montauk), en, prenant son temps entre ses albums (3 en 10 ans), et en pratiquant surtout une musique complexe et ambitieuse. Ce qui est »pardonnable » chez Japan, Radiohead ou Archive (et même source de leur adulation) l’est moins chez des groupes français jugés dès lors prétentieux (mes compatriotes étant souvent plus durs voire injustes avec leurs propres ressortissants qu’avec les artistes venus d’Outre-Manche). Autre frein qui devrait plutôt être un gage de qualité et propulser NestorIsBianca vers les sommets, leur musique n’est pas immédiatement traçable. A leur écoute, on peut sentir un passé à  écouter de la cold wave au fond de sa chambre (Cure ou Depeche Mode), mais toute cette influence a depuis été largement dépassée, digérée, modernisée par une électronica discrète. L’humeur est souvent maussade, mélancolique, voire sombre, ce, qui pourra en rebuter certains mais l’album, a aussi ses bouffées d’émotions et ses palpitations d’énergie rock.

Avec NestorIsBianca, pas de refrains frondeurs, de mélodies faciles mais un assemblage, de fluides musicaux créant une atmosphère, troublante sur lequel vient se poser la voix de Laquerrière, pondérée, intimiste et charismatique à  qui sait ouvrir ses esgourdes. L’écriture est précise et maîtrisée, et pour ce troisième album, NestorIsBianca a su créer les conditions nécessaires pour donner un cadre, rigoureux à  ses déambulations nocturnes. Genetics bénéficie d’un vrai batteur (là  où il y avait précédemment une boîte à  rythme) et de la présence de Thomas Poli, guitariste pour Montgomery et ingénieur du son, responsable sans doute de la fameuse unité du disque.

Nous ne singulariserons pas ou presque aucun titre de Genetics car tout est bien. Point barre. Réponse simple, pour un album peaufiné à  l’extrême et distillant le même charme vénéneux qu’une femme fatale. Regrettons juste que la tension qui monte, qui monte sur Better Before s’arrête juste avant l’explosion. Frustration fugace mais il n’y a frustration que quand, il, y a eu plaisir avant…

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Denis Zorgniotti

Date de sortie : 28 mars 2011
Label/Distributeur : Montauk/Ici d’ailleurs/ Differ-ant

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