Cvantez – Tigers

Cvantez paye le fait d’être un petit groupe sur un petit label par la trop grande durée entre deux sorties d’album. Car pour le reste, le trio parisien a tout d’un grand de l’indie rock !

Rencontré par hasard en 2006, Olivier Salaün (guitariste et bassiste de Cvantez) m’avait donné un exemplaire non masterisé, de Tigers, l’album qui sort précisément aujourd’hui. Son label Drunk dog avait besoin d’un peu de temps (et l’argent qui va avec), pour pouvoir sortir la précieuse galette., 2011, , l’album qu’on, n’attendait plus remonte à  la surface pour chercher, un peu de lumière d’une sortie, officielle. , Pas de problème en soi (l’album n’a pas perdu avec le temps de sa qualité, comme un bon vin qui aurait été, abandonné au soleil) sauf qu’à  l’heure du bilan comptable, Cvantez n’aura pas sorti plus de 4 albums là  où d’autres mieux lotis en auraient sorti dix.

, En attendant, Tigers est bel et bien là , second album d’un groupe qui évolue au gré des rencontres de son leader historique. Plus rock que son prédécesseur, le disque porte l’empreinte de sa nouvelle chanteuse Cyrielle Martin (également guitare, claviers, xylophone).,  Pour ceux qui suivent depuis longtemps les aventures musicalo-discographiques de Salaün, ce nouveau disque lui permet de revenir, au rock plus cerné de son premier groupe John Home avant les tentations plus post-rock de Quert et donc de Yvettela Musipontaine, le premier album de Cvantez.

Tigers est vraiment un bon album et la preuve à  contrario, en est donnée, par la seule reprise du disque, Lucretia de Sisters of Mercy pourtant ripoliné,,  le morceau le plus faible du disque (alors que c’est la malheureusement souvent le contraire, une cover étant la meilleure compo d’un disque paresseux). Ce choix de reprise d’un classique gothic ne doit pas nous induire en erreur, Cvantez est bel et un groupe indie rock ne prenant que très rarement influence dans un rock corbeau (descente en rappel, de flamenco wave curiste sur So low). Les Français sont nettement plus à  rapprocher d’un Sonic Youth assagi dans les moments les plus nerveux du disque,  (l’impulsif Positions, she had a story, le rapeux James Stewart Story) ou du Catpower des jeunes années dans les, passages, , les plus tristes qui ne manquent pas de parsemer l’album (Tigers, That Diving, she required, Tapes).

Cvantez ne tombe jamais dans la caricature de sa propre musique : pas de dissonance noise affirmée d’un côté, pas d’épanchement plaintif de l’autre. Il y a toujours un son de guitare claire, et une douceur dans la voix de Cyrielle même dans les moments où la musique semble avoir une araignée au plafond : leave you adopte le salé-sucré avec un certain bonheur. Il y a parfois aussi, des effets, de guitare hérités du shoegazing, (pensez à ,  Lush) pour adoucir certaines attaques (Tapes, Shades). Plus généralement, Cvantez pratique l’art des guitares entremélées qui, réussissent,  plus, à  envouter, , l’auditeur, qu’à  le brusquer.

, Avec tout ça,, il ressort de Tigers, , une musique, légèrement barrée, bizarrement taillée (comme on dirait d’un diamant au à  la forme imparfaite mais au charme décuplé) mais le tout sans excès, sans volonté d’exclure le plus, grand nombre dans une guerilla toute personnelle contre ce qui serait jugé »trop grand public ». Avec ses choix personnels, sa structure non linéaire, sa violence rentrée,, Shade reste, quand même un possible single accrocheur et l’album tout entier pourrait rallier à  sa cause tous les lecteurs des Inrocks, passé, présent et futur. Si en souterrain Cvantez, est un groupe , écorché, ténébreux et, émouvant,, à  la surface il pratique surtout un, bon indie rock comme on aimerait en entendre plus souvent !

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Denis Zorgniotti

 

Date de sortie : 29 mars 2011
Label: Drunk Dog / Differ-ant
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