A l’heure des habituels bilans de fin d’année, Wires Under Tension sera sans doute pas loin de ma première place. Light Science ou le post-rock réinventé.
C’est fou ce que l’on peut faire à deux : on peut jouer d’une dizaine d’instruments, on peut faire une musique qui fond dans une même énergie rock, jazz, électronique, musique contemporaine, ambiance cinématique, on peut faire un grand album…Wires under Tension, c’est l’histoire de deux gars qui, enfermés dans leur petit appart du Bronx, avec leurs petites mains, arrivent à ériger une cathédrale musicale. Carrément ! Dans ce duo en parfaite osmose (une condition sine qua non à la réussite du projet), il y a donc Christopher Tignor, déjà membre de Slow Six, multi-instrumentiste aussi à l’aise avec un violon, une trompette, un clavier ou une guitare. Avec lui et pour tenir la baraque et structurer une musique qui serait sinon éclatée, Theo Metz est à la batterie et aux percussions dans un jeu complexe et offensif. Car la musique de Wires Under Tension est ainsi faîte, une base rythmique répétitive à la manière de Steve Reich. Cela peut être ce soit un simple glockenspiel (electricity turns them on), deux violons qui s’entrelacent (Wood, metal, bone) ou une matière amalgamée de percussions, claviers, cordes sur laquelle viennent se greffer de toute manière d’autres instruments. Tignor amène dès lors un aspect mélodique non négligeable à la musique. Et miracle, Light Science contient des moments de pure élévation qui vous retournent les sangs (Irreversible machine).
Car la musique du duo est éminemment charnelle, un truc qu’on se prend en plein coeur et qui vous remonte les poils. Intellectuel mais surtout émotionnel. Sur ce terrain « post-rock » naturellement ouvert sur le jazz, n’ayant pas peur de rajouter de l’électronique et lorgnant un brin vers la musique contemporraine, on connaissait déjà Do make Say Think, Clogs, Tortoise ou Godspeed You Black Emperor mais Wires Under Tension a la particularité de ne jamais relâcher la tension, le disque est rythmiquement enlevé, pas agressif mais loin de la contemplation parfois admise dans le genre. Il y a une énergie live qui se dégage du disque, comme si l’auditeur assistait à une performance comme on en voit dans les concerts de jazz et autre musique improvisée avec des musiciens qui s’emballent tout en maîtrisant leur musique. Pendant 33′, nos New Yorkais ne lâchent rien et c’est aussi ça qui est bon. Totalement jouissif.
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Denis Zorgniotti
Date de sortie : 7 mars 2011
Label / Distributeur : Western vinyl / Differ-ant
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Video de Mnemonics in motion
Video de Electricity turns them on














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