Mister Wonderful, de Daniel Clowes

Marshall, attend Natalie dans un bar avec une certaine anxiété. Un rendez-vous d’un soir… ou plus, arrangé par des amis communs désireux de les faire se rencontrer. Marshall est divorcé et n’a pas encore digéré sa séparation. D.’un naturel inquiet et pessimiste, il se monte vite le bourrichon quant à  cette rencontre qu’il imagine déjà  avortée. Et puis, finalement, Natalie arrive. La timidité maladive de l’un et de l’autre, les paroles embrouillées de, Marshall ne facilitent pas les choses, et la rencontre prend même une tournure absurde et tragique quand un pauvre type décide de se mêler à  la conversation.

Paru d’abord en feuilleton dans les pages New York Times en 2008, »Mister Wonderful » est un nouvel et bel exemple du savoir-faire de Daniel Clowes dans sa manière de mettre en scène les rapports humains, surtout quand ceux-ci concernent des personnes seules, fragiles ou des paumés.
Avec un certain humour et une forme de cynisme récurente dans son oeuvre, l’auteur américain dresse un portrait très touchant, parfois romantique, de deux être à  la dérive dont on se sent finalement extrêmement proche à  la lecture de ce récit.
Avec la précision et la minutie qu’on lui connait, l’auteur de »David Boring » nous montre ces deux êtres autant de l’extérieur que l’intérieur, avec quelques digressions stylistiques toujours bienvenues et apportant des variations de ton permettant d’aérer le récit et de donner aux personnages une complexité plus grande encore.
Si ce livre n’est pas forcément le plus abouti de sa bibliographie, il constitue malgré tout une pièce de choix et vient compléter l’oeuvre déjà  riche et passionnante de Daniel Clowes.

Benoit Richard

Mister Wonderful
Scénario & dessin : Daniel Clowes
Editeur : Cornélius
77 pages couleurs – 20€¬
Parution : mai 2011

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